17 jours de folie… ou de passion. En fait, c’est pareil…

Je serai tentée de commencer cet article par : ne faites jamais un financement participatif. Jamais ! Vous ne savez pas dans quoi vous vous embarquez. Mais je pourrais le dire de toute édition classique, aussi bien de jeu que de roman, pour ce que je connais. Les problèmes et les difficultés diffèrent dans leur forme, mais dans le fond, vous avez signé pour un merdier maximal et beaucoup BEAUCOUP de stress. Et si vous aimez votre sommeil… n’essayez pas. Parce que ça va être un des premiers trucs que vous allez oublier pour au minimum quelques semaines et, plus vraisemblablement, quelques mois.

L’adresse de la campagne de financement participatif : https://www.gameontabletop.com/crowdfunding-112.html

C’est à peu près à ce stade, d’ailleurs, que vous comprenez pourquoi on cause de métier de passion : contrairement à ce que beaucoup, que je mettrais bien en orbite à coup de latte peuvent croire des « métiers de passion », on bosse pour gagner des sous ! Travailler pour la gloire ou son accomplissement personnel, c’est sympa (enfin, moi, la gloire, hein, boarf…) mais ça n’a jamais rempli un frigo. Mais on a conscience qu’on en gagnera sans doutes peu, surtout au début, et que les efforts et le challenge à accomplir ne seront pas rétribués à même hauteur. Ben tant pis ! On va quand même gagner un peu de sous et on n’a pas commencé pour laisser tomber en route : on savait parfaitement dans quoi on s’engageait et que ce serait difficile, compliqué, sans que rien ne vous prédisse quelque succès que ce soit. Il faut de la passion, simplement pour arriver à regarder l’ensemble de ce travail de fou qui vous fait face, avec lucidité, et vous dire malgré tout : ok, on y va, y’a pas de raison de reculer.

On garde donc du recul et une lucidité avec la folie dans laquelle on s’engage. Non mais sérieux, le gars passionné qui n’est pas capable de se moquer de lui-même à ce sujet, je lui prédis de se prendre le premier mur de manière définitive. L’humour et l’autodérision, c’est souvent ce qui va permettre de ne pas trop craquer sous la pression et la masse énorme de travail et de problèmes dont on pense que jamais on ne pourra les surmonter.  Pour le coup, je remercie Murphy et ses Lois, qui se sont souvent vérifiées dans notre projet mais nous ont donné de quoi relativiser nos pires péripéties.

Le financement participatif des Chants de Loss n’échappe pas à la règle et, depuis son lancement le 2 Mai, il n’y a pas un jour (enfin, si, un peut-être, mais même pas au complet…) sans que j’ai travaillé en urgence, en collaboration avec Matagot, sur les préparatifs, les modifications, la communication, le graphisme, les contenus. J’ai réussi à prendre quelques heures, en 17 jours, pour un fanart même pas fini, à consacrer quelques autres pauvres heures à un client – et je suis en retard –  et j’ai appris douloureusement ce que le manque important de sommeil sur plus de sept jours consécutifs peut faire. Non, ça ne m’était pas souvent arrivé.

Mais que dire encore ? Tout est dans le mot employé plus haut : c’est passionnant. Et pas juste parce que la campagne se passe plutôt bien. Mais parce qu’on réalise l’engouement et la portée des Chants de Loss, le JDR, avec celle des fans, des passionnés, des curieux, des visiteurs… des détracteurs aussi (enfin les quatre qui se battent en duel). C’est aussi passionnant, parce que vous ne voyez pas l’envers du décor de la préparation d’un financement participatif pour assurer l’édition et le suivi du projet, mais nous, si. Et c’est réellement un travail énorme dont on ajuste encore les paramètres à la volée, pour assurer qu’on pourra sortir et éditer le max de choses possibles en gardant un équilibre financier ; hé oui, le nerf de la guerre, c’est aussi le pognon.

Il reste encore 19 jours avant la fin du CF et on n’a pas fini d’avoir des sueurs froides et moi des boulots en urgence à réaliser à toute blinde – et je suis pas la seule ! Mais si vous me demandez maintenant : tu le referais ?

Oui, sans hésiter.

Mais d’abord, est-ce que je peux dormir 15 jours ?

 

 

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