L’amour est plus fort que la haine. Mais lui ne tue pas.

Je suis transsexuelle. Je suis lesbienne. Je suis aussi une femme, une féministe, une geekette et un être humain, tout bonnement. La liste de ces classifications pourrait se prolonger encore. Mais là n’est pas le but. Pour ceux des termes qui me décrivent, il y en a deux qui sont considérés comme des crimes.

Sur 197 états reconnus dans le monde, 72 pénalisent les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles ou transgenres par de la prison, de la torture, la peine de mort ou des travaux forcés. 10 d’entre eux les condamnent à mort systématiquement. Il n’y a que 20 pays dans le monde à considérer la totalité des droits des homos équivalente à celle de tous ses citoyens : principalement concernant le mariage et l’union familiale et ses sujets. Et seulement 7 (SEPT !) dans le monde à considérer que la transsexuelle que je suis est une personne tout à fait normal dont le souhait doit être accepté avec un minimum de contrôle à unique but de sa propre sécurité/santé.

Pour tous les autres vous savez ce que je suis ? Dans le meilleur des cas une malade mentale… et dans la moyenne des cas, un monstre de la nature (que ce soit du point de vue physique ou psychologique). Et partout dans le monde, une lutte idéologique n’a de cesse de faire disparaitre tout droit à exister, voire même simplement vivre,  à tout membre de la communauté LGBT et ceci au nom unique et seul de principes religieux, dont l’absurdité le dispute à la violence haineuse.

Grâce à cette lutte pour nous effacer de la richesse et de la diversité de l’espèce humaine, dont l’effet le plus pervers et efficace est de justifier absolument partout les pires exactions et la plus efficace impunité, un homophobe vient de se trouver une excuse pour s’armer comme un tank, accomplir un massacre en prétendant son allégeance à l’Etat Islamique, et tout le monde parle d’un attentat contre une boite de nuit à Orlando.

Pas d’un massacre de masse d’un homophobe contre des innocents de la communauté LGBT.

Parce que cette lutte pour nous effacer de la richesse et de la diversité de l’espèce humaine, tout le monde en est finalement complice.

Aujourd’hui je pleure… tout ce que j’ai trouvé, c’est faire ce dessin… Histoire de cesser de penser à cette conviction qui me suit depuis des années : celle de mon mépris et de ma colère envers l’espèce humaine, dont je suis issue, et dont je me demande par quel ironie elle peut exister et trouver justification renouvelée à son existence en regard des crimes sans fin qu’elle commet contre elle-même et contre le monde qui l’a engendrée.

kiss

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