{"id":979,"date":"2014-02-01T15:04:26","date_gmt":"2014-02-01T13:04:26","guid":{"rendered":"http:\/\/www.psychee.org\/blog\/?p=979"},"modified":"2014-03-11T19:13:32","modified_gmt":"2014-03-11T17:13:32","slug":"loss-chapitre-un-et-deux","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.psychee.org\/blog\/loss-chapitre-un-et-deux\/","title":{"rendered":"Loss, chapitre un et deux."},"content":{"rendered":"<p><em>Loss est ce qui d\u00e9coule d&rsquo;une s\u00e9rie de textes et de nouvelles que j&rsquo;avais \u00e9cris il y a un moment -genre les derniers diplodocus se portaient encore bien- \u00a0et de la suite de rencontres et de discussion avec des gens qui \u00e9taient tomb\u00e9s sur mes nouvelles, mes r\u00e9cits, mes textes inspir\u00e9s par le JDR. Le dernier en date, qui fut le d\u00e9clencheur, est<a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Igor_Polouchine\" target=\"_blank\"> Igor Polouchine<\/a>, le cr\u00e9ateur de <a href=\"http:\/\/www.shaan-rpg.com\/\" target=\"_blank\">Shaan <\/a>(je vais d&rsquo;ailleurs en parler demain). J&rsquo;ai finis par me laisser convaincre de tout rassembler et r\u00e9\u00e9crire, en un roman, aussi bien intimiste, d&rsquo;une certaine mani\u00e8re, qu&rsquo;aventureux. Pour le jeu, pour le plaisir, aussi, mais en acceptant l&rsquo;exigence de devoir faire un roman qui respecte les codes et les r\u00e8gles litt\u00e9raires. Oui, 4a veut dire beaucoup de relectures, de corrections, de r\u00e9ecritures, et avoir un ou deux critiques, surtout un romancier, <a href=\"http:\/\/www.manuscrit.com\/Blog_Auteur.aspx?id=11394\" target=\"_blank\">Wilfrid Hizembert<\/a>, un grand ami, mon tit fr\u00e8re, charg\u00e9s de me taper dessus pour que \u00e7a rentre.<\/em><\/p>\n<p><em>Il n&rsquo;y a ici pas d&rsquo;autre but que le plaisir de r\u00eaver, et donner \u00e0 r\u00eaver, mais le faire avec une certaine exigence. Et j&rsquo;y prends un grand plaisir, qu&rsquo;il est temps de partager. Je ferai sur le blog une page d\u00e9di\u00e9e au roman, chapitre par chapitre, bien que n&rsquo;ai pas encore d\u00e9cid\u00e9 si je vais tout publier sur le net; ainsi que, plus tard, une page rassemblant les notes et les ressources que j&rsquo;\u00e9cris au fur \u00e0 mesure sur cet univers.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div>\n<h1>1- Celui qui cherche<\/h1>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le soir \u00e9teignait ses derni\u00e8res lueurs sur l&rsquo;immense port qui paraissait sans fin, et semblait vouloir engloutir, dans une for\u00eat de m\u00e2ts, l&rsquo;enti\u00e8ret\u00e9 de la rade d&rsquo;Armanth. Du cot\u00e9 des terres, aussi loin que la vue pouvait porter, la cit\u00e9-\u00e9tat s&rsquo;\u00e9tendait en d\u00e9vorant les collines, et grignotait le moindre pan constructible de la falaise servant de muraille naturelle \u00e0 tout le flanc Nord.<\/p>\n<p>Armanth \u00e9tait le plus grand port commercial de Mares Saeparent, les Mers de la S\u00e9paration, la plus grande cit\u00e9-\u00e9tat de tout l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re Sud de Loss. Du moins pour ceux de cette plan\u00e8te qui savaient que, sous le ciel barr\u00e9 de l&rsquo;immense et brumeuse Ortentia, la lune, leur monde \u00e9tait sph\u00e9rique.<\/p>\n<p>Trois hommes se rejoignaient \u00e0 une terrasse de taverne sans fard. Bouge \u00e0 matelots et \u00e0 dockers, y dansait non loin, avec une lascivit\u00e9 fatigu\u00e9e, une esclave d\u00e9fraichie, mais audacieuse, et pas maladroite.<\/p>\n<p>Le premier de ces trois hommes, \u00e0 attendre les deux autres, savait que le monde \u00e9tait une sph\u00e8re, qu&rsquo;il \u00e9tait immense, que les cartes n&rsquo;en d\u00e9crivaient qu&rsquo;une faible partie, jamais explor\u00e9e au del\u00e0 des terres connues. Que Loss flottait dans le vide d&rsquo;un lieu sans fin nomm\u00e9 l&rsquo;Espace, tournant autour du soleil et non l&rsquo;inverse, selon des lois physiques qui r\u00e9gissent tout les mouvements et la chute des corps. Et enfin que cette plan\u00e8te n&rsquo;\u00e9tait pas la seule, et qu&rsquo;il en existait une infinit\u00e9 autour d&rsquo;autres soleils innombrables, qui sont dans le ciel, autant de ces \u00e9toiles qui guidaient les navires.<\/p>\n<p>Le second d&rsquo;entre eux, le plus petit, savait lui aussi que le monde \u00e9tait rond, et les oc\u00e9ans immenses et couverts de terres inconnues et d&rsquo;iles fertiles, et qu&rsquo;on ne pouvait chuter dans les abysses de l&rsquo;autre cot\u00e9 de l&rsquo;horizon. Mais ainsi, il en savait assez, et ses yeux lui disaient que le soleil tournait autour de Loss, pas l&rsquo;inverse; il avait du mal \u00e0 mettre en doute ce que lui disaient ses yeux.<\/p>\n<p>Et le dernier, le plus massif des trois, s&rsquo;en foutait royalement. Il avait fait quelque effort pour apprendre \u00e0 lire un peu, un talent pr\u00e9cieux et peu r\u00e9pandu. Pour le reste, il avait des doutes, et restait persuad\u00e9 que les monstres marins, les titans, et les chutes infinies dans les limbes avaient forc\u00e9ment une v\u00e9rit\u00e9, qu&rsquo;un homme sage n&rsquo;ira pas v\u00e9rifier s&rsquo;il ne veut pas attirer la col\u00e8re des esprits, ou, pire, l&rsquo;attention des Haut-Seigneurs .<\/p>\n<p>Le soleil mourrait. Avec sa fin, se leva une brise fraiche, et bienvenue, pour souffler un peu des \u00e2cres puanteurs venues de la cit\u00e9, abritant un million et demi d&rsquo;\u00e2mes. Debout, appuy\u00e9 nonchalamment au mur, d\u00e9daignant tables et tabourets, Jawaad buvait un th\u00e9 qu&rsquo;il ne pourrait jamais finir tant il \u00e9tait infecte. Il tourna la t\u00eate, presque distraitement, et regarda les deux autres hommes le rejoindre: Damas et Abba.<\/p>\n<p>Des deux, le plus facile \u00e0 remarquer, reconnaitre, et d\u00e9crire de loin \u00e9tait Abba. Il suffisait du qualificatif de g\u00e9ant noir pour tout avoir dit. Il \u00e9tait lui-m\u00eame originaire du Sud des Franges d&rsquo;Armanth, de la r\u00e9gion. Ici, la plupart des gens avaient au moins le teint mat et couleur de caf\u00e9, mais beaucoup \u00e9taient des noirs \u00e0 la peau d&rsquo;\u00e9b\u00e8ne comme lui.<\/p>\n<p>L&rsquo;homme aurait pu avoir un peu plus de vingt ans, comme largement plus de trente, son visage \u00e9tait si puissant, marqu\u00e9 et empreint de bestialit\u00e9, qu&rsquo;il semblait trop sauvage et brutal pour lui donner un \u00e2ge. Il \u00e9tait simplement massif, \u00e0 tous points de vue. La plupart des portes n&rsquo;avaient pas \u00e9t\u00e9 pens\u00e9es pour un homme si grand, et si largement b\u00e2ti; et il \u00e9tait fr\u00e9quent dans un moment de distraction qu&rsquo;il l&rsquo;oublie, et ne se cogne. Ce qui faisait parfois rire.<\/p>\n<p>Une seule fois.<\/p>\n<p>Un simple regard mauvais du colosse agac\u00e9 calmait les ardeurs de tout homme qui ne soit pas absolument s\u00fbr de lui, ou clairement suicidaire.<\/p>\n<p>Et il se trouvait vraiment peu de monde qui pouvait rire aux d\u00e9pends d&rsquo;Abba, que ce dernier trouv\u00e2t cela dr\u00f4le, et en rit lui-m\u00eame. En l&rsquo;occurrence, les deux plus concern\u00e9s \u00e9taient ce soir \u00e0 ses cot\u00e9s, et ils avaient d\u00e9j\u00e0 rit de tout, ensembles, y compris d&rsquo;eux-m\u00eames, depuis longtemps, et fort souvent.<\/p>\n<p>Quand Abba \u00e9tait quelque part, en g\u00e9n\u00e9ral, il se passait deux choses. La plupart du temps les gens d\u00e9cidaient prudemment de se m\u00ealer de ce qui les regarde, et quoi que fasse le g\u00e9ant, ne pas s&rsquo;en occuper de trop pr\u00e8s. Et de temps en temps, un autre colosse &#8211; et selon les r\u00e9gions, il n&rsquo;en manquait pas, bien que les plus grands c\u00e9daient pratiquement tous une t\u00eate \u00e0 Abba &#8211; d\u00e9cidait que le g\u00e9ant \u00e9tait un adversaire digne de ce nom \u00e0 provoquer, insulter, voir pour quelque idiot tenter d&rsquo;humilier. Le plus souvent, il fallait songer par la suite \u00e0 r\u00e9parer les lieux, et parfois mettre en terre les cadavres.<\/p>\n<p>Si Abba \u00e9tait de la noble et respectable profession des Esclavagistes, et il en \u00e9tait fier, il n&rsquo;aurait pas d\u00e9shonor\u00e9 comme guerrier. Et en fait, bien qu&rsquo;il ne pr\u00e9tende jamais en \u00eatre un, personne n&rsquo;avait vraiment envie de le v\u00e9rifier.<\/p>\n<p>Damas, lui, se serait facilement cach\u00e9 derri\u00e8re Abba. \u00a0Et m\u00eame manteau et armes compris, on ne l&rsquo;aurait plus vu. D&rsquo;autres auraient dit de lui que Damas \u00e9tait de toute mani\u00e8re si fourbe, qu&rsquo;il saurait se cacher en pleine ar\u00e8ne. Certains Lossyan prendraient mal la remarque. Chez Damas, cela dessinait juste un sourire amus\u00e9 et de mauvais augures \u00e0 ses l\u00e8vres. Mais, en effet, Damas semblait presque tout le contraire du g\u00e9ant noir.<\/p>\n<p>Lui \u00e9tait de taille moyenne, peut-\u00eatre un peu plus grand que les gens du Sud. Il \u00e9tait relativement fin, des cheveux noirs longs et filasse, entretenus \u00e0 peu pr\u00e8s comme on le peut quand on en a pas le temps, ni v\u00e9ritablement l&rsquo;int\u00e9r\u00eat. Il avait la peau tann\u00e9e, et basan\u00e9e, avec un visage taill\u00e9 \u00e0 la serpe; une quarantaine d&rsquo;ann\u00e9es baroud\u00e9s dans les pires coins du monde, et sous quelques M\u00e8res de Toutes les Temp\u00eates dont on peut se dire fier de sortir en vie. Il portait toujours, que ce fut torse nu ou pas, des v\u00eatements amples: mantels, semi-toges et capes; et une longue jupe ample par dessus un pantalon, une mode fr\u00e9quente pour les hommes. Mais pour lui, il s&rsquo;agissait d&rsquo;un outil de dissimulation avant tout.<\/p>\n<p>Damas assumait des consid\u00e9rations sur l&rsquo;honneur tr\u00e8s personnelles, du point de vue du lossyan moyen. Qui n&rsquo;incluaient entre autres pas le besoin imp\u00e9rieux de tuer un homme loyalement et en face si, pour aller plus vite, on pouvait l&rsquo;\u00e9gorger dans un coin. Ce qui ne l&rsquo;avait jamais emp\u00each\u00e9 de faire montre d&rsquo;honneur, de fiert\u00e9, et de ce typique courage parfois presque inconscient que les hommes aventureux ou guerriers de ce monde cultivent \u00e0 outrance.<\/p>\n<p>Simplement, il savait quand le ranger, et s&rsquo;il se prenait une tache \u00e0 son honneur, pour lui, la laver ne n\u00e9cessitait pas particuli\u00e8rement du sang. En tout cas, pas syst\u00e9matiquement, et pas forc\u00e9ment imm\u00e9diatement. Si on voyait fort bien son cimeterre \u00e0 au cot\u00e9, Damas avait sous ses v\u00eatements ample quantit\u00e9 d&rsquo;autres armes, que ce fut poignards, impulseurs magn\u00e9tiques, et autres choses exotiques. Il n&rsquo;avait jamais confirm\u00e9 ou infirm\u00e9 la rumeur d&rsquo;user de poisons, un crime d\u00e9loyal et honni pour tout homme digne de ce nom partout dans le monde.<\/p>\n<p>Et c&rsquo;\u00e9tait amplement plus en vertu de sa mani\u00e8re de moralit\u00e9 personnelle, peu sensible aux besoins de la gloire, et de l&rsquo;honneur qu&rsquo;il \u00e9tait devenu l&rsquo;homme de main de Jawaad. Nettement plus en tout cas que les talents, au demeurant honorables, qu&rsquo;il affichait de contremaitre et de navigateur. Et, outre ses consid\u00e9rations personnelles sur la valeur de la vie, il aurait tu\u00e9 ou se serait fait tuer pour son patron sans h\u00e9sitation. Enfin, presque.<\/p>\n<p>Si vraiment y&rsquo;avait pas une chance, devant l&rsquo;\u00e9vidence d&rsquo;y passer, il n&rsquo;\u00e9tait pas guerrier lui, mourir pour rien \u00e9tait sans int\u00e9r\u00eat \u00e0 ses yeux.<\/p>\n<p>Quand \u00e0 Jawaad&#8230;<\/p>\n<p>Il me faudra avouer une chose, tandis que j&rsquo;\u00e9cris ces lignes, r\u00e9dig\u00e9es si longtemps apr\u00e8s, et parfois \u00e0 force de reconstituer ce que je n&rsquo;a su que si tardivement. Il m&rsquo;est difficile de savoir comment parler de Jawaad, ou le d\u00e9crire, tel qu&rsquo;il \u00e9tait. Et non tel que mon c\u0153ur le voit.<\/p>\n<p>Tout ce que je suis, il l&rsquo;a cr\u00e9e et fa\u00e7onn\u00e9. Je serai s\u00fbrement, et souvent, peu objective quand il sera question de lui. Nul ne m&rsquo;en tiendra rigueur, je suppose. Mais je voulais au moins le pr\u00e9ciser.<\/p>\n<p>Jawaad d\u00e9passait d&rsquo;une demi-t\u00eate Damas. Et pour Armanth, il \u00e9tait un homme de grande taille. Ce qui revenait \u00e0 dire qu&rsquo;il ne semblait pas trop petit \u00e0 cot\u00e9 d&rsquo;Abba. Mais pr\u00e8s d&rsquo;Abba, pratiquement tout le monde paraissait petit. Il avait un visage m\u00e9tis, \u00e0 la peau mat, aux traits impassibles, et illisibles. Un regard noir, et incisif, avec une barbe de trois jours, et une crini\u00e8re de cheveux noirs soign\u00e9s mais \u00e0 dessein en d\u00e9sordre, l\u00e2chement retenus par un catogan. Il \u00e9manait de sa savante nonchalance feinte, une aura de chasseur. Quelque chose, de notoirement f\u00e9lin, et de clairement pr\u00e9dateur. Si les Lossyans eussent \u00e9t\u00e9s des lions et autres grands fauves, lui \u00e9tait le l\u00e9opard. Celui qui sait que sa force tient dans la capacit\u00e9 \u00e0 frapper d&rsquo;un coup, sans piti\u00e9, ni avertissement.<\/p>\n<p>Paradoxe suppl\u00e9mentaire, il n&rsquo;avait pour toute arme qu&rsquo;un poignard de travail attach\u00e9 au biceps. Et portait des v\u00eatements noirs, et sobres, dont la richesse ou la qualit\u00e9 n&rsquo;apparaissaient pas du tout de visu pour qui ne connait pas tr\u00e8s bien les \u00e9toffes et les modes. Son seul bijou \u00e9tait un pendentif repr\u00e9sentant un marteau stylis\u00e9, clairement peu affich\u00e9, de la facture des Peuples des Mers du Nord.<\/p>\n<p>Il \u00e9tait le chef. Le patron de Damas et Abba, tous deux \u00e0 leur mani\u00e8re d\u00e9vou\u00e9s corps et \u00e2me \u00e0 cet homme taciturne dot\u00e9 d&rsquo;une solide r\u00e9putation d&#8217;emmerdeur arrogant et peu bavard. Et \u00e0 son simple regard quand ses amis le rejoignirent, son rang \u00e9tait une \u00e9vidence.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Jawaad posa donc une question muette. Un regard avait suffit. Damas n&rsquo;\u00e9tait pas tr\u00e8s causant non plus, et laissa donc la parole au sp\u00e9cialiste concern\u00e9 par la raison de leur balade au port, toute la journ\u00e9e.<\/p>\n<p>\u00a0\u00bb &#8211; Pas grand chose. Mais nous avons une cargaison de marchandises d\u00e9j\u00e0 dress\u00e9es. Pour ce qui est de tes produits \u00ab\u00a0sp\u00e9ciaux\u00a0\u00bb, il y a encore des marchands assez idiots pour essayer de me prendre pour un pigeon.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Abba avait une voix de stentor. M\u00eame calme, et sur le ton de la discussion, elle portait tant que les quelques clients alentours furent convaincus de ne pas suivre ces hommes dans une ruelle sombre pour les d\u00e9valiser.<\/p>\n<p>Damas \u00e9tira un sourire amus\u00e9. Entre sa gueule taill\u00e9e \u00e0 la serpe, ses sourcils sombres et broussailleux, et ses mauvaises dents, l&rsquo;aspect \u00e9tait carr\u00e9ment sinistre.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0&#8211; Tu sais ce qu&rsquo;on dit. Plus c&rsquo;est grand&#8230;\u00a0\u00bb commenta-t-il.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0&#8211; Oui oui, ben on le dit pas deux fois avec moi. On a donc fait le tour toute la journ\u00e9e, le Grand March\u00e9 de la Saison Haute sera plus propice, enfin je veux dire, les barbares \u00e7a ne court pas non plus les rues.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Damas, qui \u00e9tait au service du marchand depuis plus r\u00e9cemment qu&rsquo;Abba, avait fini par apprendre l&rsquo;int\u00e9r\u00eat que Jawaad portait \u00e0 certain type de femmes barbares qui \u00e9taient captur\u00e9s, et revendus sur les march\u00e9s.<\/p>\n<p>Les Lossyans appellent barbare tout individu qui ne soit pas identifiable comme habitant, ou citoyen, d&rsquo;une cit\u00e9-\u00e9tat. Pour eux, les Hommes du Nord en sont aussi bien que les Kwanhma cousins du peuple d&rsquo;Abba, loin au sud, par del\u00e0 les Grands Rifts. Tout ce que nous aurions appel\u00e9s peuplades primitives ou non-civilis\u00e9es en faisait partie, et les lossyans les consid\u00e9raient plus comme des animaux, que comme des \u00e9gaux. Par extension, un \u00e9tranger semblant ne pas respecter ou connaitre les pr\u00e9ceptes du Concile, \u00a0pouvait tr\u00e8s bien s&rsquo;il \u00e9tait malchanceux, \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 barbare par un Lossyan. Et en lieu et place d&rsquo;un accueil hospitalier et chaleureux, il \u00e9tait alors chass\u00e9 comme un chien, ou tout bonnement asservi.<\/p>\n<p>La raison de cet int\u00e9r\u00eat de Jawaad pour les femmes barbares \u00e9tait difficile \u00e0 saisir, d&rsquo;autant que la plupart du temps, devant la marchandise dite barbare en question, il ne l&rsquo;achetait pas. Il cherchait bien quelque chose, mais sans aucune passion identifiable qui aurait alors pu donner une explication. Les collectionneurs d&rsquo;esclaves sont monnaie courante, et Jawaad affichait une richesse qui lui offrait amplement les moyens de ce genre de caprices. Mais \u00e7a ne semblait pas non plus \u00eatre sa motivation, puisqu&rsquo;il n&rsquo;avait jamais trouv\u00e9 utile de d\u00e9crire le genre de barbare qu&rsquo;il recherchait.<\/p>\n<p>Jawaad n&rsquo;expliquait que rarement ses actes et ses motivations, sauf si c&rsquo;\u00e9tait absolument n\u00e9cessaire.<\/p>\n<p>Et cela convenait tr\u00e8s bien \u00e0 Damas. Il \u00e9tait pay\u00e9, et plut\u00f4t bien, il connaissait son job, et le marchand et lui s&rsquo;\u00e9taient amplement bien assez entraid\u00e9s pour qu&rsquo;il eu en lui la confiance d&rsquo;un ami. Sans oublier cette dette&#8230; celle qui ne regardait que Jawaad et lui.<\/p>\n<p>Mais sur ce coup, il fut curieux:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0&#8211; Mais pourquoi tu cours apr\u00e8s une barbare? Ce n&rsquo;est pas tellement ce qui manque d&rsquo;en acheter des \u00e9duqu\u00e9es, et ce n&rsquo;est pas comme si tu n&rsquo;\u00e9tais pas d\u00e9j\u00e0 servi, avec ton Jardin des Esclaves?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Jawaad but une derni\u00e8re gorg\u00e9e de th\u00e9, avant de poser la tasse \u00e0 demi-pleine sur la table. Imbuvable, d\u00e9finitivement.<\/p>\n<p>Comme toujours.<\/p>\n<p>Personne ne savait faire le th\u00e9.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;eut qu&rsquo;une expression pensive, regardant dans le vide, en r\u00e9ponse, tandis qu&rsquo;il se redressait pour, nonchalamment, retourner vers le port et son navire.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0&#8211; Parce qu&rsquo;il m&rsquo;en faut une.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Damas n&rsquo;en sut pas plus, et Abba lui jeta un regard \u00e0 l&rsquo;air entendu. Visiblement, cette recherche\u00a0 avait commenc\u00e9 depuis longtemps. Et m\u00eame l&rsquo;esclavagiste n&rsquo;avait jamais exactement su ce que son patron cherchait, sauf une chose.<\/p>\n<p>Elle devait venir de la Terre.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div>\n<h1>2- l&rsquo;enfer<\/h1>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>A 13 ans, Lisa Beaufort regardait les cercueils de ses parents s\u2019enfoncer dans une tombe fra\u00eeche, entour\u00e9e de finalement si peu de gens. Pleuraient-ils vraiment la mort de ce couple dans un accident de voiture\u00a0? La foule qui assistait aux fun\u00e9railles de Gilles et Kyoko Beaufort ne faisait que remplir un devoir d\u00e9sagr\u00e9able et ennuyeux, qui toujours laissait ce go\u00fbt amer que l&rsquo;on ne peut que souhaiter oublier, celui de la proximit\u00e9 de la mort. Qui \u00e9taient coll\u00e8gues de travail, qui amis et proches, cousins presque anonymes, qui d&rsquo;autres \u00e9taient camarades de classes et de clubs sportifs; tous assistaient \u00e0 l&rsquo;enterrement avec une retenue ennuy\u00e9e, et des murmures \u00e0 voix basses, des futilit\u00e9s, pour redonner \u00e0 la mort sa place la plus souhait\u00e9e: celle d&rsquo;un \u00e9v\u00e9nement, qui pour la plupart les concernait, mais qu&rsquo;ils ne d\u00e9siraient qu&rsquo;\u00e9vacuer.<\/p>\n<p>Les plus proches et touch\u00e9s par le drame, pleuraient-ils aussi pour les deux enfants d\u00e9sormais sans famille? Aucun oncle, ou tante, nul grands-parents n&rsquo;avait pu ou souhaiter annoncer\u00a0pouvoir les prendre en charge.<\/p>\n<p>Au dessus du trou \u2013 que disais d\u00e9j\u00e0 Nietzsche\u00a0? \u00ab\u00a0Quand tu regarde l\u2019ab\u00eeme, l\u2019ab\u00eeme regarde en toi\u2026\u00a0\u00bb &#8211;\u00a0 un seul regard ne fixait pas la tombe avec ces d\u00e9votions feintes ou maladroites qui cachaient mal l\u2019ennui, et le tourbillon des soucis les plus superficiels. Elena Beaufort, l&rsquo;ain\u00e9e des deux enfants, ne versait pas de larmes. Elle en avait tari d\u00e9j\u00e0 tout le flot.<\/p>\n<p>Ses yeux noirs et brillants d\u2019adolescente de dix-sept ans, devenue a\u00een\u00e9e d\u2019une famille amput\u00e9e, \u00e9taient tourn\u00e9s vers le ciel. Si celui-ci avait pu \u00eatre sensible, si Dieu avait pu exister, si simplement la vie avait \u00e9t\u00e9 autre chose qu\u2019un flot absurde et vide de sens propre, de la naissance \u00e0 la mort, elle aurait enflamm\u00e9 les cieux de son regard. Elle aussi aurait s\u00fbrement alors contempl\u00e9 les portes du paradis s&#8217;embraser, d\u00e9clamant tel N\u00e9ron:<\/p>\n<p><i>\u00a0\u00ab\u00a0Ut se diceret quasi hominem tandem habitare coepisse\u00a0\u00bb.<\/i><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Et, un jour, je pourrai vivre, comme un \u00eatre humain.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>A cot\u00e9 d&rsquo;elle, sa cadette pleurait, ses cheveux roux \u00e9clatant au soleil d\u2019Ao\u00fbt, voletant dans un air vif et chaud. Il n\u2019y a que dans les films que le ciel pleure avec les enfants tristes.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>A 14 ans, Lisa apprenait \u00e0 donner sens \u00e0 des mots qu\u2019elle n\u2019avait jamais exprim\u00e9s, son mutisme sur son deuil chang\u00e9 en dessins, aquarelles, et estampes. Elle poss\u00e9dait un vrai talent pour les arts, et y trouvait r\u00e9confort. Pendant tout ce temps, Elena s&rsquo;\u00e9tait battue pour gagner son \u00e9mancipation, et avoir enfin le droit de veiller sur sa s\u0153ur, et \u00e9chapper \u00e0 la valse des centres de la DDASS et des familles d\u2019accueil. Une bataille gagn\u00e9e. Elle songeait, presque sans oser y croire, que la vie pourrait enfin reprendre. Elle esp\u00e9rait faire de sa passion, la danse, un m\u00e9tier.<\/p>\n<p>Un soir dans une arri\u00e8re-cour de coll\u00e8ge, et ce vague \u00e0 l\u2019\u00e2me qui n&rsquo;avait jamais quitt\u00e9 Lisa. Et qui saurait parler de la na\u00efvet\u00e9, ou d&rsquo;un choix jamais assum\u00e9, qui pourrait affirmer par quelle erreur, on commence et pourquoi\u00a0?<\/p>\n<p>La seringue tomb\u00e9e au sol,\u00a0 l\u2019extase commence. L&rsquo;h\u00e9ro\u00efne est un cocon doux de plaisir qui annihile et r\u00e9duit \u00e0 n\u00e9ant sous les signaux chimiques toutes les peines et tout les regrets. Une paix artificielle, et, plus encore, de la pure b\u00e9atitude, par injection. Elle venait d&rsquo;ouvrir sa porte sur l&rsquo;enfer.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>A 15 ans, Lisa tentait tout pour arr\u00eater. Elle avait essay\u00e9 de le cacher le plus longtemps possible \u00e0 tout le monde. Mais un tel secret ne tint pas tr\u00e8s longtemps, quand une faim plus d\u00e9vorante que le jeune forc\u00e9 le plus cruel lui d\u00e9vorait les tripes, et m\u00e2chant sans rel\u00e2ches ses moindres pens\u00e9es. Mais personne ne peut pr\u00e9tendre arr\u00eater une telle drogue par la simple volont\u00e9 et sa propre d\u00e9cision.<\/p>\n<p>Elena apprendra ce que sont les centres de d\u00e9sintoxication, les services sociaux et les psychologues. Et la culpabilit\u00e9. Ne devrait-elle pas avoir jou\u00e9 le r\u00f4le qu\u2019elle pr\u00e9tendait tenir, n\u2019est-ce pas sa faute \u00e0 elle, si sa s\u0153ur se piquait, et avait \u00e9t\u00e9 prise \u00e0 voler\u00a0? Elle avait beau serrer les dents, plus elle luttait pour sa cadette, plus elle se nouait le c\u0153ur, biffant ses propres r\u00eaves d&rsquo;une vie enfin paisible. Chaque mois \u00e0 passer n&rsquo;\u00e9tait d\u00e9sormais plus dict\u00e9 que par un seul objectif, toujours report\u00e9 \u00e0 plus loin\u00a0: sortir Lisa de l\u00e0.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>A 16 ans, Lisa mentait de mieux en mieux. Assez pour tromper entourage et tuteurs, et pour qu&rsquo;Elena finisse par croire, parfois, qu&rsquo;enfin tout \u00e9tait fini. Mais mentir est si ais\u00e9 \u00e0 une personne qui ne vit que pour croire que l\u2019enfer va enfin cesser, que la vie va redevenir normale.<\/p>\n<p>Il suffisait \u00e0 la jeune fille de ne pas se faire prendre, et elle devint experte au jeu de dupes. Les scrupules ne pesaient rien face au hurlement du besoin et l\u2019appel des pr\u00e9curseurs chimiques, contre le manque d&rsquo;h\u00e9ro\u00efne. Elle en vint \u00e0 faire des passes. Et m\u00eame les trois viols, elle pouvait encore les passer sous silence. Mais \u00e0 force de mensonges, et de dissimulations, elle s&rsquo;arrachait le c\u0153ur \u00e0 voiler la v\u00e9rit\u00e9, sans espoir d&rsquo;arr\u00eater la m\u00e9canique in\u00e9luctable qui tuait toute confiance entre elle et sa s\u0153ur. Le moindre fait devenait douteux, la moindre crainte se changeait en angoisse, et qui aurait pu dire laquelle des deux vivait le pire enfer.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>A 17 ans, Lisa n&rsquo;avait pas pu cacher son jeu plus longtemps. La prison, les services sociaux, encore une fois, mais aussi des mots cruels et atroces, non contre elle, mais en sentence contre sa s\u0153ur. Elena \u00e9tait l&rsquo;ain\u00e9e, elle avait \u00e9chou\u00e9 \u00e0 en jouer le r\u00f4le, que ce fut vrai ou faux n&rsquo;avait pes\u00e9 en rien contre la froideur des avocats, des juges: elle \u00e9tait coupable.<\/p>\n<p>C&rsquo;\u00e9tait sans retour d\u00e9sormais. Mais on ne revient pas en arri\u00e8re quand on aime, on ne peut que d\u00e9rouler le fil qui nous relie aux autres, jusqu\u2019\u00e0 trouver comment l\u2019arracher, et tout ce que l\u2019on arrache ne peut se faire que dans la pire souffrance.<\/p>\n<p>Lisa parvint \u00e0 fuir le centre de d\u00e9sintoxication o\u00f9 elle avait \u00e9t\u00e9 enferm\u00e9e, et cambriola l&rsquo;appartement de sa propre s\u0153ur, emportant presque tout ce qui pouvait se monnayer, contre un peu de dope, sans une seule pens\u00e9e pour Elena, ni pour les cons\u00e9quences. Son errance ne dura pas bien longtemps, et s&rsquo;acheva dans un squat, un de ces lieux qui servent de terre d\u2019asile \u00e0 tous ceux que l\u2019humanit\u00e9 rejette, une derni\u00e8re seringue trop usag\u00e9e roulant au sol.<\/p>\n<p>Cela aurait du se finir ainsi, et \u00e0 la fin de cette route, tout le monde savait que la mort attend, au terme de la d\u00e9ch\u00e9ance.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"center\">***<\/p>\n<p>Elle avait 17 ans, elle aurait du mourir cette nuit l\u00e0. Mais elle dormait sur une natte douce, couverte d&rsquo;un drap dont elle n&rsquo;aurait pas reconnu l&rsquo;\u00e9toffe. Une fine chaine fix\u00e9e \u00e0 un anneau riv\u00e9 aux barreaux de la cage qui l&rsquo;enfermait, retenait un collier d&rsquo;acier \u00e0 son cou. Elle n&rsquo;aurait pu s&rsquo;y tenir plus qu&rsquo;\u00e0 genoux.<\/p>\n<p>Au dessus d&rsquo;elle, tandis qu&rsquo;elle ne se r\u00e9veillait pas, Abba observait, l&rsquo;air m\u00e9content. Mais il n&rsquo;en dit rien, seuls les muscles saillants de ses bras de colosses, aux biceps plus larges encore que la taille de la petite chose dans la cage, trahissaient par leur tressaillement son humeur.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0&#8211; Tu l&rsquo;as bousill\u00e9, quand m\u00eame\u00a0\u00bb, finit-il par dire, rompant le silence, s&rsquo;adressant \u00e0 l&rsquo;homme torse nu et ventre bedonnant lourdement, fi\u00e8rement plant\u00e9 bras crois\u00e9s, \u00e0 cot\u00e9 de lui. Abba le d\u00e9passait all\u00e8grement de deux t\u00eates.<\/p>\n<p>La Maison marchande de Batsu faisait dans le commerce d&rsquo;esclave pour des clients peu regardants sur le respect du Haut Art, et la qualit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9ducation d&rsquo;esclave de leurs acquisitions. Il avait mat\u00e9 et dress\u00e9 cette barbare personnellement. Le dos de la fille en serait \u00e0 jamais marqu\u00e9 du fouet. Et de leur discussion, Abba avait pu en conclure qu&rsquo;apr\u00e8s le traitement que Batsu, d\u00e9j\u00e0 peu connu pour la d\u00e9licatesse de ses m\u00e9thodes, lui avait fait subir depuis deux semaines qu&rsquo;il l&rsquo;avait achet\u00e9, il y avait des chances que son esprit ne s&rsquo;en remette pas non plus. Un g\u00e2chis, qui voulait en r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9ral qu&rsquo;on d\u00e9truise la marchandise inutilisable, et par charit\u00e9, abr\u00e8ge des souffrances inutiles.<\/p>\n<p>&#8211; \u00ab\u00a0Je t&rsquo;avais dis que je r\u00e9serve un tour \u00e0 ce gros porc arrogant de Priscius. J&rsquo;ai eu l&rsquo;id\u00e9e de suite en la voyant, avec le tatouage sur son sein. C&rsquo;est id\u00e9al, il va croire que j&rsquo;ai trouv\u00e9 une fille de la Maison Tuna, elle va payer ma dette, et je lui souhaite bon courage pour en faire quoi que ce soit maintenant!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Cruel, inhumain, intelligent. Abba devait l&rsquo;admettre, et il savait que Batsu avait une dette \u00e0 r\u00e9gler \u00e0 un marchand d&rsquo;esclaves de luxe particuli\u00e8rement p\u00e9nible, et qui \u00e9tait assez mal vu dans le m\u00e9tier, \u00e0 force d&rsquo;exigences et d&rsquo;orgueil. Mais en tant qu&rsquo;esclavagiste lui-m\u00eame, le colosse avait une certaine horreur de ce genre de pratiques.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0&#8211; Et ce tatouage, il vient d&rsquo;o\u00f9, pour finir ?\u00a0\u00bb Abba se pencha, pour tourner la fille sur le dos. Elle ne se r\u00e9veilla pas, mais eu des crispations de terreur dans son sommeil. Sur son sein gauche, il y avait le dessin tr\u00e8s fin et d\u00e9taill\u00e9 d&rsquo;une orchid\u00e9e d&rsquo;or et de rouge, au feuillage fin m\u00eal\u00e9 de vert et de bleu. Un tatouage magnifique, dont la finesse avait du demander un travail long, et patient, sans compter le talent du tatoueur. Il ne l&rsquo;aurait pas avou\u00e9 \u00e0 son coll\u00e8gue, mais il n&rsquo;en avait jamais vu d&rsquo;aussi r\u00e9ussi, d\u00e9taill\u00e9, et fin dans toute sa carri\u00e8re. Et pourtant, il en avait vu, des choses.<\/p>\n<p>Sur une belle fille, m\u00eame mal \u00e9duqu\u00e9e, cela valait une fortune. Cette esclave ne lui paraissait si jolie que cela pour expliquer l&rsquo;origine d&rsquo;une telle marque. Trop petite, trop fr\u00eale, pas assez de seins, ni de hanches. Et dans un \u00e9tat de sant\u00e9 g\u00e9n\u00e9ral d\u00e9plorable; on ne lui devinait pas les c\u00f4tes, on pouvait les compter sans mal.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0&#8211; Je n&rsquo;en sais rien du tout, elle comprend peu de choses, barbare. Je l&rsquo;ai rachet\u00e9 \u00e0 un passeur sans lui demander o\u00f9 il avait pu la trouver, pour une bouch\u00e9e de pain. Faut dire qu&rsquo;elle a \u00e9t\u00e9 sacr\u00e9ment malade et compl\u00e8tement drogu\u00e9e. Ou un truc comme \u00e7a. Il m&rsquo;a assur\u00e9 ne rien lui avoir donn\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0&#8211; Terrienne ?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0&#8211; La langue y ressemblait parfois. Ce n&rsquo;est pas trop ma sp\u00e9cialit\u00e9, ces animaux l\u00e0. \u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Abba se redressa et n&rsquo;ajouta rien. De toute fa\u00e7on, il ne pouvait pas la racheter \u00e0 Batsu. Celui-ci semblait fermement d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 mener \u00e0 bien son plan de\u00a0 vengeance personnelle contre Priscius. Mais il savait qui la poss\u00e9derait. C&rsquo;\u00e9tait une terrienne, il en \u00e9tait s\u00fbr. Il la d\u00e9crirait \u00e0 Jawaad. Depuis son retour sur Armanth et pour le Grand March\u00e9 de la Saison Haute, il avait fait le tour de tous les Jardins d&rsquo;Esclaves et de toutes les cages des revendeurs, des plus petits aux plus riches. Et il n&rsquo;avait trouv\u00e9 dans les captives r\u00e9cemment arriv\u00e9es, que celle-ci qui puisse venir de la Terre.<\/p>\n<p>Jawaad en cherchait une, il n&rsquo;avait jamais dit ce qu&rsquo;il cherchait ni pourquoi. Il n&rsquo;avait jamais d\u00e9crit \u00e0 Abba celle qu&rsquo;il cherchait depuis des ann\u00e9es, maintenant. Il venait simplement quand il y en avait une, la voir, parfois l&rsquo;observer longuement, l&rsquo;\u00e9tudier de pr\u00e8s. Il ne lui parlait quasi jamais. Et n&rsquo;en avait pratiquement jamais rachet\u00e9 ou gard\u00e9. Abba avait fini par se prendre au jeu, bien d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 un jour trouver cette femelle si rare, et ainsi comprendre ce que Jawaad souhaitait trouver.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Loss est ce qui d\u00e9coule d&rsquo;une s\u00e9rie de textes et de nouvelles que j&rsquo;avais \u00e9cris il y a un moment<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"colormag_page_container_layout":"default_layout","colormag_page_sidebar_layout":"default_layout","_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":false,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[149,1],"tags":[],"class_list":["post-979","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-loss","category-non-classe"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p2iISD-fN","jetpack-related-posts":[{"id":1748,"url":"http:\/\/www.psychee.org\/blog\/soutenez-les-chants-de-loss-faites-une-donation\/","url_meta":{"origin":979,"position":0},"title":"Soutenez les Chants de Loss, faites une donation !","author":"axelle Bouet","date":"28 ao\u00fbt 2014","format":false,"excerpt":"Bonjour \u00e0 tous ! Bon, si vous le savez -et si vous ne le saviez pas, c'est l'occasion de le d\u00e9couvrir- il existe une page Tipeee des Chants de Loss. Tipeee est un service de financement participatif, qui fonctionne simplement : Vous pouvez soit d\u00e9cider de payer la somme que\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;Loss&quot;","block_context":{"text":"Loss","link":"http:\/\/www.psychee.org\/blog\/category\/loss\/"},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/www.psychee.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2014\/08\/tipeee-loss-1200.jpg?fit=566%2C1200&resize=350%2C200","width":350,"height":200,"srcset":"https:\/\/i0.wp.com\/www.psychee.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2014\/08\/tipeee-loss-1200.jpg?fit=566%2C1200&resize=350%2C200 1x, https:\/\/i0.wp.com\/www.psychee.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2014\/08\/tipeee-loss-1200.jpg?fit=566%2C1200&resize=525%2C300 1.5x"},"classes":[]},{"id":3401,"url":"http:\/\/www.psychee.org\/blog\/toutes-les-raisons-pour-lesquelles-dessin-par-jour-a-mal-porte-son-nom-recemment\/","url_meta":{"origin":979,"position":1},"title":"Toutes les raisons pour lesquelles \u00ab\u00a0dessin par jour\u00a0\u00bb a mal port\u00e9 son nom r\u00e9cemment","author":"axelle Bouet","date":"6 juin 2016","format":false,"excerpt":"Et ce nouveau post contiendra plein de dessins, soyez rassur\u00e9s ! Mais la r\u00e9alit\u00e9 est assez simple : \u00e7a a s\u00e9v\u00e8rement taff\u00e9 ces derni\u00e8res semaines, et \u00e7a a du taffer s\u00e9v\u00e8rement tout en g\u00e9rant comme toujours des ennuis de sant\u00e9 avec lesquelles je dois constamment jongler.\u00a0 Alors pour r\u00e9sumer, voici\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;Illos noir &amp; blanc&quot;","block_context":{"text":"Illos noir &amp; blanc","link":"http:\/\/www.psychee.org\/blog\/category\/illustrations\/noir\/"},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/www.psychee.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/senocondius-final-bandeau.jpg?fit=1100%2C590&resize=350%2C200","width":350,"height":200,"srcset":"https:\/\/i0.wp.com\/www.psychee.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/senocondius-final-bandeau.jpg?fit=1100%2C590&resize=350%2C200 1x, https:\/\/i0.wp.com\/www.psychee.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/senocondius-final-bandeau.jpg?fit=1100%2C590&resize=525%2C300 1.5x, https:\/\/i0.wp.com\/www.psychee.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/senocondius-final-bandeau.jpg?fit=1100%2C590&resize=700%2C400 2x, https:\/\/i0.wp.com\/www.psychee.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/senocondius-final-bandeau.jpg?fit=1100%2C590&resize=1050%2C600 3x"},"classes":[]},{"id":4331,"url":"http:\/\/www.psychee.org\/blog\/plans-sur-la-comete\/","url_meta":{"origin":979,"position":2},"title":"Plans sur la com\u00e8te","author":"axelle Bouet","date":"10 janvier 2018","format":false,"excerpt":"Une autre tradition de d\u00e9but d\u2019ann\u00e9e, c\u2019est de dire comment on va la remplir en terme de projets. Et souvent, en gros, soit on n\u2019essaye m\u00eame pas, soit on fait des plans sur la com\u00e8te\u2026 Dans ce domaine, je suis tr\u00e8s forte\u00a0; entre autre pour les r\u00e9ussir. Et aussi pour\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;Rien \u00e0 voir&quot;","block_context":{"text":"Rien \u00e0 voir","link":"http:\/\/www.psychee.org\/blog\/category\/non-classe\/"},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/www.psychee.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/Comet_SS_from_Mars-1500.jpg?fit=1200%2C675&resize=350%2C200","width":350,"height":200,"srcset":"https:\/\/i0.wp.com\/www.psychee.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/Comet_SS_from_Mars-1500.jpg?fit=1200%2C675&resize=350%2C200 1x, https:\/\/i0.wp.com\/www.psychee.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/Comet_SS_from_Mars-1500.jpg?fit=1200%2C675&resize=525%2C300 1.5x, https:\/\/i0.wp.com\/www.psychee.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/Comet_SS_from_Mars-1500.jpg?fit=1200%2C675&resize=700%2C400 2x, https:\/\/i0.wp.com\/www.psychee.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/Comet_SS_from_Mars-1500.jpg?fit=1200%2C675&resize=1050%2C600 3x"},"classes":[]},{"id":4702,"url":"http:\/\/www.psychee.org\/blog\/les-projets-de-psychee-en-2019\/","url_meta":{"origin":979,"position":3},"title":"Les projets de Psych\u00e9e en 2019","author":"axelle Bouet","date":"1 janvier 2019","format":false,"excerpt":"English version at this link Tandis que vous dig\u00e9rez plus ou moins p\u00e9niblement vos agapes orgiaques d\u2019avoir c\u00e9l\u00e9br\u00e9 l\u2019\u00e9v\u00e9nement commun, finalement, d\u2019avoir surv\u00e9cus \u00e0 une nouvelle r\u00e9volution autour du soleil (et l\u00e0, je me demande comment je vais traduire cela en anglais), je vais vous causer de mes projets pour\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;Divers&quot;","block_context":{"text":"Divers","link":"http:\/\/www.psychee.org\/blog\/category\/autres-creations\/"},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/www.psychee.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/titre2.jpg?fit=1100%2C736&resize=350%2C200","width":350,"height":200,"srcset":"https:\/\/i0.wp.com\/www.psychee.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/titre2.jpg?fit=1100%2C736&resize=350%2C200 1x, https:\/\/i0.wp.com\/www.psychee.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/titre2.jpg?fit=1100%2C736&resize=525%2C300 1.5x, https:\/\/i0.wp.com\/www.psychee.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/titre2.jpg?fit=1100%2C736&resize=700%2C400 2x, https:\/\/i0.wp.com\/www.psychee.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/titre2.jpg?fit=1100%2C736&resize=1050%2C600 3x"},"classes":[]},{"id":3526,"url":"http:\/\/www.psychee.org\/blog\/les-chants-de-loss-sur-tipeee-ou-comment-devenir-mecenes-et-avoir-des-cadeaux\/","url_meta":{"origin":979,"position":4},"title":"Les Chants de Loss sur Tipeee ou comment devenir m\u00e9c\u00e8nes -et avoir des cadeaux !","author":"axelle Bouet","date":"1 juillet 2016","format":false,"excerpt":"Je crois que je n\u2019ai nul besoin de vous parler des Chants de Loss et de mon travail. Je devrais dire le n\u00f4tre, nous sommes trois dans l\u2019aventure d\u00e9sormais\u00a0; Alysia et Emilie, qui me soutiennent depuis les premi\u00e8res lignes du premier roman et qui m\u2019ont souvent inspir\u00e9s et donn\u00e9 nombre\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;Rien \u00e0 voir&quot;","block_context":{"text":"Rien \u00e0 voir","link":"http:\/\/www.psychee.org\/blog\/category\/non-classe\/"},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/www.psychee.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/bandeau.jpg?fit=1100%2C604&resize=350%2C200","width":350,"height":200,"srcset":"https:\/\/i0.wp.com\/www.psychee.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/bandeau.jpg?fit=1100%2C604&resize=350%2C200 1x, https:\/\/i0.wp.com\/www.psychee.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/bandeau.jpg?fit=1100%2C604&resize=525%2C300 1.5x, https:\/\/i0.wp.com\/www.psychee.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/bandeau.jpg?fit=1100%2C604&resize=700%2C400 2x, https:\/\/i0.wp.com\/www.psychee.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/bandeau.jpg?fit=1100%2C604&resize=1050%2C600 3x"},"classes":[]},{"id":6193,"url":"http:\/\/www.psychee.org\/blog\/les-chants-de-loss-nashera-dans-la-liste-pour-le-prix-rosny-aine-et-vous-pouvez-voter\/","url_meta":{"origin":979,"position":5},"title":"Les Chants de Loss : Nashera dans la liste pour le prix Rosny-a\u00een\u00e9 et vous pouvez voter !","author":"axelle Bouet","date":"17 mars 2021","format":false,"excerpt":"\u00c0 ma grande surprise, j\u2019ai un de mes romans qui est en lice pour le premier tour de s\u00e9lection du Prix Rosny a\u00een\u00e9. Pour ceux qui ne savent pas ce que c\u2019est, c\u2019est un prix des lecteurs, qui r\u00e9compense les \u0153uvres de science-fiction francophones depuis 1980, et qui se d\u00e9roule\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;Les Chants de Loss&quot;","block_context":{"text":"Les Chants de Loss","link":"http:\/\/www.psychee.org\/blog\/category\/illustrations\/les-chants-de-loss\/"},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/www.psychee.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/prix.jpg?fit=1200%2C750&resize=350%2C200","width":350,"height":200,"srcset":"https:\/\/i0.wp.com\/www.psychee.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/prix.jpg?fit=1200%2C750&resize=350%2C200 1x, https:\/\/i0.wp.com\/www.psychee.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/prix.jpg?fit=1200%2C750&resize=525%2C300 1.5x, https:\/\/i0.wp.com\/www.psychee.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/prix.jpg?fit=1200%2C750&resize=700%2C400 2x, https:\/\/i0.wp.com\/www.psychee.org\/blog\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/prix.jpg?fit=1200%2C750&resize=1050%2C600 3x"},"classes":[]}],"jetpack_likes_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.psychee.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/979","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.psychee.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.psychee.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.psychee.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.psychee.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=979"}],"version-history":[{"count":3,"href":"http:\/\/www.psychee.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/979\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":982,"href":"http:\/\/www.psychee.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/979\/revisions\/982"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.psychee.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=979"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.psychee.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=979"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.psychee.org\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=979"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}