Ganaïl
Sis dans un coin lointain et oublié de l'espace et du temps,
une étoile solitaire où gravite une géante gazeuse
et chaude, entourée d'une nuée de satellites. L'un d'entre
engloberait deux fois la Terre. Il est aussi bleu, aussi brun, aussi
blanc. Ce satellite est un monde vivant, couvert d'eau, d'air et de
vie. Ce monde se nomme Ganaïl.
Sur ce monde immense, où deux ans de voyage
sont nécessaire pour aller d'un bout du continent à l'autre,
vit à peine plus d'un milliard d'hommes.
Sur ce monde meurtri, sous le bleu des océans et le blanc des
nuages, c'est le brun clair des déserts qui compose le paysage,
des déserts nés de l'immense don de destruction de la
civilisation humaine.
Sur ce monde agonisant, nul n'ose réellement se dire que l'espèce
humaine est condamnée à l'extinction , mais tous le savent
Sur ce monde métamorphosé par le pire des cataclysmes,
pousse et se développe à la manière d'un parasite
une flore mutagène et surdimensionnée, abritant une faune
insectoïde effrayante.
Sur ce monde où, accrochés aux flancs des grands massifs
aux pics qui frôlent la voûte céleste, poussent les
dernières grandes forets, vit une faune luxuriante et agressive
qui lentement reprend la place que l'homme perd inexorablement
Sur ce monde que sillonnent des avions et des vaisseaux antigravs hérités
de la toute-puissance technologique humaine, où des chars de
combats meurtrissent la terre sous leurs chenilles, où des hommes
parcourent l'immensité à cheval, ou à bord de grands
camions à la manière des caravanes, où chaque voyage
est une nouvelle exploration, où les collines et les déserts
dissimulent tribus primitives et desperados, où pour un homme
sur quatre la mort arrivera a trente ans sous le joug du Fléau,
où lentement la Jungle dévore cités après
villages, où la science et la connaissance ne sont plus protégées
que dans des Boucliers qui un jour cesseront de fonctionner
il
ne reste qu'un espoir. C'est que le prophète Kilmaé ai
eu raison, et qu'un Quêteur soit un jour l'être qui réunira
à lui les anyandhirins, le fruit de la connaissance de l'Ancien
Peuple, et qu'il défasse les chaînes de la destinée
qui, lentement ronge et détruit Ganaïl.
L'Histoire
Il y a un peu plus de mille cinq cent ans :
Une flotte de vaisseaux venus de la Terre agonisante atteint enfin son
but, la planète bleu et blanche qui ne porte aucun nom sauf un
numéro, et commence à créer un premier pôle
de colonisation. L'espèce humaine est sauvée.
Il y a un peu plus de mille deux cent ans :
l'Ancien Peuple, dont ne subsiste que des ruines, disparaît après
une quasi-guerre d'extermination inégale, on ne sait plus dès
lors réellement ce que sera leur destinée.
Il y a un peu plus de mille ans :
Ganaïl, seul mot retenu à l'époque du langage de
l'ancien peuple, est habitée par des milliards de terriens, qui
forment une cinquantaine d'état en quatre grands blocs. La civilisation
humaine est riche, moderne, florissante, et commence son ascension vers
les étoiles, elle a recouvert la planète de villes, de
routes et d'exploitation, et a profité et abusé de la
richesse incroyable de son nouveau monde.
Il y a mille ans, dit-on :
Une série de missiles géo-sismiques déferle sur
un bloc, détruisant ses plus grandes mégapoles, et déclenchant
une réaction en chaîne auquel s'ensuivra une guerre totale,
appelée encore dans les Mythes l'Orage de Feu.
Il y a huit cent ans :
Les cités-Boucliers qui ont survécues à l'Orage
de Feu concentrent les masses de population rescapées, quand
comme à apparaître la Jungle de Pierre, qui envahit telle
une immense moisissure folle toutes les terres alentours, et donne naissance
à une faune géante et agressive. Commencent les Annales
de La Première Guerre Perdue.
Il y a un peu plus de sept cent ans :
Il ne reste que 12 cités boucliers sur Hemlen, les dernières
armées modernes ont été balayés par des
hordes d'insectes géants, et les tentatives de destruction de
la Jungle de Pierre ont répandus ses spores dans l'air, qui vont
à leur tour créer de nouvelles Jungles. Les humains ont
perdu leur guerre contre la Jungle, début du recul de l'humanité.
Il y a six cent ans :
Apparition du Fléau, maladie mortelle dont le mode de contamination
est inconnu, et qui affecte tout les animaux d'origine terrienne, les
tuant au bout de 5 ans d'incubation. Seule le Don semble permettre de
le soigner.
Il y a un peu plus de quatre cent ans :
Le philosophe nordéolanii Kilmaé lance ses prédictions,
créant un culte religieux pacifiste et prophétique qui
va s'étendre sur Hemlen et être en but à une forte
persécution. Début du mythe des Quêteurs.
Il y a trois cent trente ans :
Kilmaé disparaît mystérieusement. Une coalition
d'états dont le Bouclier de Jordan se liguent autour d'un prophète
belliqueux pour réactiver les robots d'assaut d'une vieille base
militaire et s'en servir pour porter des ogives nucléaires au
cur de la Jungle. La réaction en retour est une horde déferlante
d'insectes géants guidés par une colonne de Gorgones.
Le bouclier de Jordan disparaitra dans la Seconde Guerre Perdue, et
actuellement Jordan est au centre d'une immense jungle de pierre.
Il y a cent ans :
les premiers Anyandhirins sont retrouvés, et deviennent l'enjeu
de luttes sur tout Esteolyn et Southeolyn pour leur possession. Finalement,
deux sont perdus, l'un finit entre les mains des empereurs de Keleb-Adan,
et l'autre quelque part dans le Bouclier d'Amara.
Il y a trente ans :
le conflit politico-commercial d'Esteolyn oppose les trois grands ordres
de Dragons, et cesse quand la coalition du Dragon noir voit disparaître
son plus grand contingent militaire, ses trois vaisseaux, une dizaine
d'avions d'assaut et près de 8000 hommes dans l'explosion d'une
ogive thermo-sismique. On suppose que dans le conflit, un anyandhirin
est perdu dans la catastrophe.
Aujourd'hui :
Moins d'un milliard d'humaines sur Ganaïl, les Quêteurs tentent
de rassembler les Anyandhirins, les cités-boucliers de percer
les mystères de l'Ancien Peuple et de la technologie d'avant
l'Orage, et les hommes de survivre