L’amour est plus fort que la haine. Mais lui ne tue pas.

Je suis transsexuelle. Je suis lesbienne. Je suis aussi une femme, une féministe, une geekette et un être humain, tout bonnement. La liste de ces classifications pourrait se prolonger encore. Mais là n’est pas le but. Pour ceux des termes qui me décrivent, il y en a deux qui sont considérés comme des crimes.

Sur 197 états reconnus dans le monde, 72 pénalisent les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles ou transgenres par de la prison, de la torture, la peine de mort ou des travaux forcés. 10 d’entre eux les condamnent à mort systématiquement. Il n’y a que 20 pays dans le monde à considérer la totalité des droits des homos équivalente à celle de tous ses citoyens : principalement concernant le mariage et l’union familiale et ses sujets. Et seulement 7 (SEPT !) dans le monde à considérer que la transsexuelle que je suis est une personne tout à fait normal dont le souhait doit être accepté avec un minimum de contrôle à unique but de sa propre sécurité/santé.

Pour tous les autres vous savez ce que je suis ? Dans le meilleur des cas une malade mentale… et dans la moyenne des cas, un monstre de la nature (que ce soit du point de vue physique ou psychologique). Et partout dans le monde, une lutte idéologique n’a de cesse de faire disparaitre tout droit à exister, voire même simplement vivre,  à tout membre de la communauté LGBT et ceci au nom unique et seul de principes religieux, dont l’absurdité le dispute à la violence haineuse.

Grâce à cette lutte pour nous effacer de la richesse et de la diversité de l’espèce humaine, dont l’effet le plus pervers et efficace est de justifier absolument partout les pires exactions et la plus efficace impunité, un homophobe vient de se trouver une excuse pour s’armer comme un tank, accomplir un massacre en prétendant son allégeance à l’Etat Islamique, et tout le monde parle d’un attentat contre une boite de nuit à Orlando.

Pas d’un massacre de masse d’un homophobe contre des innocents de la communauté LGBT.

Parce que cette lutte pour nous effacer de la richesse et de la diversité de l’espèce humaine, tout le monde en est finalement complice.

Aujourd’hui je pleure… tout ce que j’ai trouvé, c’est faire ce dessin… Histoire de cesser de penser à cette conviction qui me suit depuis des années : celle de mon mépris et de ma colère envers l’espèce humaine, dont je suis issue, et dont je me demande par quel ironie elle peut exister et trouver justification renouvelée à son existence en regard des crimes sans fin qu’elle commet contre elle-même et contre le monde qui l’a engendrée.

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Sonia & Lisa, une illustration pour le roman les Chants de Loss

Il y a des fois, où on ne sait plus quoi dire, et là… heu… à part merci, de tout mon cœur. Merci infiniment, à vous tous ! je devrais dire : merci 147 fois ?

Pourquoi 147 ?… Parce que c’est à l’heure actuelle le nombre de personnes qui ont likés ce dessin sur mon mur facebook. je compte pas les partages, je ne pourrais plus suivre. Et c’est un record, même pour une illustration érotique, je n’avais jamais franchi le cap des 50 likes surtout dans un délai si bref. Ho c’est arrivé de faire plus, avec des articles sur des sujets d’actualité, et quelques coups de gueules de ce blog. Mais jamais avec… un dessin.

Alors voilà, je ne sais plus quoi dire… sauf merci à vous tous… et donc, voici le coupable :

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Pour l’histoire derrière l’illustration, je vous la raconterai sur le blog Les Chants de Loss, mais c’est la seconde illustration réalisé pour la  réédition du tome 1 du roman.

Quelques illustrations de commandes finies et page de tarifs remise à jour

Tout est dans le titre, et j’en profite pour vous montrer ici quelques-uns des travaux que j’ai fais pour une commande de particulier que vous pourrez voir ci-dessous.

Et ma page de tarifs a été entièrement revue, elle est plus visuelle, plus lisible, plus claire, fournit à priori tous les renseignements nécessaire si vous voulez me passer des commandes, et enfin fourmille d’exemple de travaux variés,  Je vous recommande d’aller le lire, et n’hésitez pas à partager et diffuser la page, merci d’avance de votre soutient et de votre aide !

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Mathias Singh m’a donc demandé d’illustrer un personnage fictif de jeu de rôle dans l’univers de Chevaliers du Zodiaque, avec plusieurs déclinaisons, dont des portraits-vignettes. Voici donc quelques images de ce que cela donne :

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Toutes les raisons pour lesquelles « dessin par jour » a mal porté son nom récemment

Et ce nouveau post contiendra plein de dessins, soyez rassurés !

Mais la réalité est assez simple : ça a sévèrement taffé ces dernières semaines, et ça a du taffer sévèrement tout en gérant comme toujours des ennuis de santé avec lesquelles je dois constamment jongler.  Alors pour résumer, voici quelques nouvelles, dont vous avez eu déjà écho si vous me suivez sur Facebook et si  vous êtes abonnés à la page Les Chants de Loss, le Groupe de Discussion (et sinon, allez vous abonnez de suite, hop !)

Les Chants de Loss, le jeu de rôle

En premier lieu, les Chants de Loss, le jeu de rôle, a trouvé son éditeur ! Pour le moment, je ne puis vous annoncer qui, pour des raisons de confidentialité. D’ici deux semaines, le contrat validé aussi bien par notre éditeur qu’Emilie Latieule, Alysia Lorétan et moi, sera prêt et signé.  Un contrat, c’est un processus long, ce qui explique pourquoi cela a pris autant de temps. je dois d’ailleurs faire un petit courrier aux autres éditeurs pour leur annoncer que nous avons donc trouvé notre partenaire et les remercier comme il se doit, même si je le fais ici-même : merci à vous tous de votre attention et de votre patience, de tout mon cœur !

Oui cela veut aussi dire qu’on a des deadlines et une date prévue pour l’achèvement du jeu de rôle avant de lancer un financement participatif. Là encore, on ne peut rien dire de précis, mais ce sera pour la fin de l’année quand à l’achèvement complet de la rédaction du JDR, et sans doutes dans le même temps du premier supplément : Armanth, La cité des Maitres-Marchands. Pour le financement participatif, il y a des chances que ce soit trois mois plus tard environ, mais sans rien de sûr encore.

Loss, les romans

En second lieu, le tome 2 Les Chants de Loss est en passe d’être fini, avec beaucoup de retard, mais on arrive au bout. Il sera toujours édité chez Stellamaris au courant de l’été (vous saurez quoi emmener en Aout sur les plages !) et pour la rentrée, vous aurez la joie de retrouver le tome 1, mais dans une version illustrée, enrichie d’annexes et de textes sur le monde de Loss, et sans doute d’une petite nouvelle d’intro pour dévoiler un peu un bout du passé de Jawaad et ses amis !

Mon boulot se porte bien !

Et enfin, pour le mois de Juin, j’approche d’un vrai salaire (bon, un petit salaire normes françaises ; aux normes Suisses faudrait le double) en matière d’honoraires pour mes illustrations grâce à vos commandes.  Je peux encore prendre deux commissions de particulier, mais j’ai comme rarement eu en trois ans, un planning bouché pour Juin et tout début Juillet ! N’hésitez pas donc à me contacter et demander mes tarifs ! Si je peux assurer ce rythme là en moyenne, je vais commencer à sortir de l’impasse financière, celle qui fait que personne ne me voit jamais en convention sauf autour de chez moi, simplement parce que je n’ai pas du tout les moyens de me déplacer.

A ce sujet, je vais refaire ma grille tarifaire de manière plus détaillée et complète ces prochains jours, pour distinguer clairement les commandes professionnelles des commissions personnelles.

Et donc… ça a dessiné sévèrement ces derniers temps, et vous allez en voir publié le long de la semaine… voici pour commencer les illustrations commandés par l’association BAP qui crée le jeu de rôle celtique-historique Ynn Pryddein :

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Qu’est-ce que le jeu de rôle ? Par Maxime Chattam

Qu’est-ce que le jeu de rôle ? On me l’a souvent demandé, et je pense que pas mal de gens suivant ce blog se demandent toujours ce que c’est. Alors je pourrais (et je devrais le faire, pour les Chants de Loss le JDR et sa rédaction), vous expliquer selon ma manière d’aborder la chose. Mais je viens de voir la video de Maxime Chattam, rôliste et romancier, et il l’explique en trois petites minutes, avec art, érudition et intelligence.

Et je tiens particulièrement à vous la partager, parce qu’elle m’a vraiment séduite et même émue pour son ton optimiste et joyeux, magnifique et convivial.

Et bien sûr, je vous déconseille de lire les commentaires… ou alors mode déconne, avec un coca et du pop-corn. Les rôlistes sont des spécialistes de la guerre de chapelle ; comme s’ ils se lassaient de n’avoir pas assez de détracteurs, ils s’en inventent parmi.

Mes tarifs, et commandes pour le mois de Juin

Un sujet qui va faire double usage quand j’ai réalisé que peu de gens savent que j’ai une page de tarifs sur mon blog, concernant les prix de mes illustrations, et la manière de d’estimer le tarif de ce que mes clients souhaitent.  Mais surtout, ce mois de Juin est un peu exceptionnel : j’approche d’assez de commande pour presque pouvoir avoir l’équivalent d’un salaire mensuel. Et c’est la première fois en trois ans.

Ma grille de tarifs, en images et en tableau. Le prix dépend du format de l’illustration, et de la technique employée :

  Pleine page (A4) Demi-page (A5) Quart de page (A6) Vignette
Noir&blanc 75€/CHF 40 €/CHF 30€/CHF 25€/CHF
Couleurs 100€/CHF 60 €/CHF 35€/CHF 30€/CHF
Peinture 250 €/CHF 150€/CHF 75€/CHF 50€/CHF

Pour donner une référence, voici une image avec des dessins et illustrations qui correspondent à ces tarifs :

illustrationsAlors : il me reste de quoi prendre encore deux commissions pour le mois de Juin. C’est à dire deux commandes uniques pour des clients qui souhaitent juste une illustration comme j’en fais régulièrement et dont vous pouvez voir quelques modèles ci-dessus. Ce sont en général des illustrations allant de 30 à 100 € (du noir et blanc, à la couleur poussée et la peinture numérique) que je réalise en une journée maximum.

Alors, comme j’ai reçu pas mal de commandes récemment, faites vous plaisir, il reste encore deux places pour Juin pour soit des noirs et blanc, soit des trait+couleur !

Ci dessous, ma page de tarifs détaillés pour tous mes services :

Tarifs et commandes

Petite et merveilleuse consécration

Donc, j’étais Samedi dernier à la FNAC de Conthey, pour une séance de dédicaces de 15 hr à 17 heures, accompagnée d’Alysia Lorétan, à qui vous devez toutes les photos du stand et de ce moment qui vont illustrer cet article. L’événement a eu lieu grâce à Léo Sigrann, connu sous le prénom de Luc, du département bande dessinée, qui a su convaincre le directeur de la FNAC de m’inviter, ce dernier s’en faisant clairement une joie, d’ailleurs, puisque j’ai été accueillie par tout le monde avec chaleur et enthousiasme. Je ne vous dis pas comme j’étais émue. Le stand, et vous pouvez le voir en photo, était positionné en plein milieu des espaces librairies et il était absolument superbe en plus de confortable. Bon, j’ai dû me méfier très vite de la table, pas forcément prévue pour une dessinatrice frénétique, ça bougeait un peu. Mais c’était vraiment le seul souci réel que j’ai eu à gérer.

Par contre, manque de bol, ce Samedi était aussi la journée où il faisait un soleil radieux dehors, et où plusieurs animations avaient lieu dans la région, dont un salon du tatouage, ce qui en a résulté que le magasin attirait peu de visiteurs ce jour-là. J’ai donc finalement fait peu de dédicaces, compensé par le plaisir d’avoir pu parler avec des clients et des curieux, leur présenter Les Chants de Loss, partager des moments agréables et des échanges enrichissants, toujours accueillie par le personnel ô combien serviable et amical de la FNAC !

Alors c’est sûr qu’il n’est pas parti beaucoup de bouquins, mais ceux partis, avec des dédicaces dessinées étaient emportés par les clients avec des étoiles plein les yeux. Et ça, c’est un peu merveilleux pour moi. Je n’ai d’ailleurs pas vu le temps passer, les moments de creux bouchés par l’esquisse d’une aquarelle-que j’ai dû finir un peu à l’arrache, comme quoi j’ai été pas mal occupé avec les visiteurs malgré la faible fréquentation- offerte au staff de la FNAC.

Et je conclurai sur les mots du, si je me rappelle, le directeur de la FNAC, mais Léo me confirmera –car bien sûr, je les ai oubliés ; moi et les noms des gens, c’est une malédiction- qui c’était : « bon, eh bien, on remet cela dès que vous avez publié le tome 2 ? »

Et je pense en effet, si c’est possible, que la toute première séance de dédicaces et de vente en librairie du second tome sera pour eux, et je m’en fais une immense joie !

Je tiens donc à tous vous remercier ici, vendeurs, gérants et directeur de la FNAC : Nicolas, le directeur, Rafik  le responsable produits éditoriaux merci de tout cœur, et Alicia, collègue de Luc qui m’ont tous accueillis chaleureusement. Vraiment, pour ce moment unique et merveilleux ! Et au plaisir de vous revoir tous !

Et ci-dessous, toutes les photos faites par Alysia pendant que je dédicaçais et dessinais !

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Dédicaces FNAC Conthey le 21 Mai pour Les Chants de Loss

Tout est dans le titre, le 21 Mai de 15h à 17h, je serai à la FNAC de Conthey, dans le Valais, et si vous voulez vous y retrouver, c’est ici.

J’y dédicacerai avec signatures et petits dessins le tome 1 du roman Les Chants de Loss, Livre 1 : Armanth. Je me fais une joie de vous y rencontrer. Et si vous partagez cet article de blog, voici ci-dessous le pitch des romans et du premier tome :

Les romans Les Chants de Loss

Les Chants de Loss s’étalent sur 9 volumes, dont un est publié et un second bientôt achevé. Ils racontent l’histoire de Lisa, terrienne perdue sur Loss ayant commencé au plus bas de l’échelle sociale ; brisée et asservie, traumatisée, conditionnée, croyant avoir tout perdu, elle va reconquérir de son intelligence et de son courage sa liberté dans un monde sexiste, aussi cruel qu’il est merveilleux et exotique. Mais elle est Chanteuse de Loss, elle détient un pouvoir ravageur et irrésistible. Une arme que rien ne peut arrêter.

Elle va devenir un outil, puis l’étendard d’une lutte pour la liberté, celle d’une partie des peuples des Mers de la Séparation. Emmenés par des idéaux de progrès humain, social et scientifique, ceux-ci vont se battre contre la toute-puissance de l’Église du Concile Divin, empire surpuissant et monstre tentaculaire établi partout et se considérant légitime à diriger le destin des hommes, et leur imposer ses Dogmes.

Cette lutte emportera tout, y compris Loss, elle-même qui, à travers ses chamans, ne pourra rester neutre dans un conflit qui dévoilera les origines étonnantes et vertigineuses d’un mystère qui perdure depuis la nuit des temps. Qui sont les lossyans ? Comment ceux-ci sont parvenus sur Loss, ce monde qui n’est pas fait pour eux ? Et qui enfin, apporte sur Loss des humains venus de la Terre, et pourquoi ?

Travaux récents pour Les Chants de Loss, partie 1

Et aussi pas mal d’exercices et d’essais en ce moment pour progresser et sortir de ma zone de confort, à tous les points de vue, ce qui donne par exemple le paysage urbain en tête de cet article. Je vais vous montrer les derniers essais en quelques articles dans les jours suivants. J’ai aussi des soucis pour bosser et mon taff prends du retard, même si cela va mieux. J’ai eu un joli burn-out ce qui rends la gestion des impératifs de travail ardue, et même illustrer * »pour moi » fut difficile.

Mais ça va mieux, et je vais avoir un WE de taff chargé car des clients attendent de voir des premiers jets, et j’aime pas montrer les roughs de recherche avec mes coups de crayon partout.

Donc : deux paysages urbains très différents, pour les Chants de Loss, et le second illustre le premier chapitre du roman.

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Manifeste pour une écriture libre dans la lignée des Nuits Debout

Vous le savez je ne fais pas que gribouiller, je bafouille des œuvres littéraires aussi et je tiens notoirement au titre -galvaudé ou pas- de romancière, car j’en suis une et ne compte pas m’arréter, j’aime trop cela.

Dans le sillage de discussions ayant eu lieu dans le cadre de Nuit Debout, Neil Jomunsi a lancé la rédaction d’un Manifeste pour les autrices et les auteurs libres, indépendant-e-s et solidaires. Je m’associe de toute évidence à ce mouvement et ce manifeste, autant -ô joie- que Stellamaris (mon éditeur) en sa double casquette d’éditeur et écrivain lui-même.

Voici donc le texte de ce manifeste, qui est disponible à cette adresse :

Pour une majorité d’entre nous — auteurs et autrices —, le modèle proposé par les industries culturelles ne fonctionne plus. Pire, ce système censé nous protéger n’a fait qu’aggraver la situation. Prenant acte de celle-ci, il est temps de poser les bases d’une alliance et d’inventer des solutions qu’aucune institution, parti, gouvernement ou industrie ne nous apportera. Car sans une refonte complète, ce n’est pas seulement ce système qui court à sa perte : c’est la création tout entière, et avec elle celles et ceux qui la rendent possible.


1. Nous créerons toutes et tous

D’une part, nous ne créons pas à partir d’un néant fantasmé, mais en nous hissant sur les épaules de celles et ceux qui nous ont précédés. Les œuvres d’aujourd’hui existent car d’autres ont créé celles d’hier. Cet héritage, nous en sommes les garants. Il est la véritable source de notre inspiration, et nous reconnaissons ce que nous lui devons. Nous affirmons que la perpétuation de cet héritage passe par la mise en valeur du domaine public, du partage entre individus et des communs.

D’autre part, notre savoir-faire n’est plus quelque chose d’exceptionnel ou d’inaccessible : internet, la démocratisation des outils informatiques, audiovisuels, la circulation du savoir et la mise en commun des savoir-faire font que nombreux sont celles et ceux qui aujourd’hui savent donner naissance à des œuvres, qu’elles soient ou non commercialisées. La création se multiplie autour de nous de façon exponentielle, qu’on s’en réjouisse ou non. Indépendamment du succès, de la respectabilité ou des honneurs, nous considérons chaque créateur et chaque créatrice comme légitime, professionnel·le ou non. Nous tirons notre force du collectif et de nos valeurs communes.

Certains d’entre nous font le choix de faire de la création un métier : nous tentons alors d’en « vivre » dans des conditions impossibles. Nous aimons ce que nous faisons — nous en tirons même une certaine fierté. Pour autant, notre identité de créatrices et de créateurs ne nous affranchit pas des luttes qui animent d’autres corps de métier. Notre combat est celui des ouvriers, des intermittents, des intérimaires et de tous les autres précaires, chômeurs, étudiants, handicapés, personnes âgées et/ou dépendantes. Les aspirations de chacune et de chacun doivent être respectées. Mais quel que soit notre rapport à la création, nous ne nous plaçons pas en-dehors du monde : au contraire, nous y jouons un rôle actif et capital.


2. Nous nous emparerons des moyens de production

Distribution et diffusion sur internet, livre numérique, matériel audiovisuel et informatique toujours plus performant et toujours moins cher, démocratisation de l’impression à la demande nous autorisent désormais à apprivoiser des moyens de production autrefois réservés aux seules industries culturelles. En conséquence, le nombre de créatrices et de créateurs grimpe en flèche. C’est un fait : la pénurie d’œuvres n’existe pas. Notre besoin de légitimation par des structures pyramidales s’amenuise au profit d’une libre diffusion au public, qui devient seul juge. Mais dès lors, nous sommes considérés comme la matière première d’une industrie où la masse publiée seule génère des bénéfices. Comme toute matière première, celle-ci subit les fluctuations du marché, la loi de l’offre et de la demande. La réappropriation des moyens de production, ou au moins leur apprivoisement, nous place en position de force dans un contexte de lutte systémique : le maillon le moins valorisé de la chaîne peut désormais faire valoir son importance, non plus comme élément d’une masse non-identifiable, mais en tant qu’électron libre et capable. Il est de notre devoir de faire nôtres ces outils, d’en apprendre le fonctionnement, d’en évaluer la portée et la pertinence. Si ces outils demeurent aujourd’hui la propriété de grandes firmes (Amazon, Google, etc), nous devrons travailler à créer nos propres structures, à emprunter nos propres chemins, à lutter contre toute forme d’appropriation.


3. Face à la captation du droit d’auteur par les industries culturelles, nous aspirerons à l’affirmation d’un droit des auteurs

Autrices et auteurs professionnel·les sont confronté·es à un dilemme : à tenter de négocier nos contrats, nous risquons tout simplement de ne plus rien signer du tout. Cela nous oblige à accepter des contrats-types iniques dont seule la « tradition » justifie l’usage (cf. les pourcentages inférieurs versés aux autrices et auteurs pour la jeunesse, par exemple). Les accords récents (reddition des comptes, rémunération des interventions et des dédicaces, etc) vont dans le bon sens, mais ne suffisent pas. Nous devons militer pour imposer une durée d’exploitation limitée dans le temps et éventuellement reconductible. Nous devrions pouvoir conserver nos droits numériques si nous nous estimons capables d’en assurer l’exploitation. Nous devrions aussi pouvoir nous réserver les droits de traduction et d’adaptation audiovisuelle. Le droit des auteurs doit être une arme au service des principaux concernés, et non pas se retourner contre eux : car en cédant tous nos privilèges d’exploitation à des sociétés tierces, le droit d’auteur devient un droit d’éditeur ou d’ayants-droit. De la même manière, les droits des autrices/auteurs et ceux des lectrices/lecteurs ne doivent pas être dissous dans un complexe de « droits voisins » de plus en plus illisible. Le droit des bases de données ou le droit des éditeurs tel qu’il est actuellement envisagé au niveau européen légitime les appropriations indues des créations par les industries culturelles et du web. En conséquence, nous aspirons à l’émergence d’un encadrement légal de la durée et de l’exclusivité des contrats d’édition.


4. Nos actions et nos luttes s’appuieront sur des partenaires de confiance

Les sociétés d’édition ne sont pas nos ennemies. En revanche, certaines d’entre elles, indépendamment de leur taille, de leur structure ou de leur réputation, ont été dévoyées pour générer un maximum de profits avec un minimum de risque et de rémunération aux concerné·es, ou plus simplement n’ont pas de considération pour le travail des autrices et auteurs. Des allié·es existent pourtant. Nous devons les trouver et les inclure dans nos combats futurs. Éditeurs bien sur, mais aussi libraires, bibliothécaires, imprimeurs, codeurs, hébergeurs, etc, dans la perspective d’une valeur ajoutée patente et mutuelle. Nous travaillerons de concert, tout en gardant à l’esprit que les conditions de rémunération devront être équitables, respectueuses des créateurs·trices et avoir été négociées dans tous les cas au préalable.


5. Nous reprendrons la main en définissant nous-mêmes les conditions d’usage de nos œuvres

Les licences libres et de libre diffusion (comme les Creative Commons) sont aujourd’hui un moyen efficace de contrôler l’usage qui est fait de nos œuvres et d’en définir contours et limitations. Nous devons nous en emparer et les faire nôtres. Même si dans le cadre d’une exploitation conjointe, nous savons qu’il sera difficile d’imposer l’usage d’une telle licence, il n’est pas interdit d’essayer, d’argumenter, de militer. En nous réappropriant les moyens de production, de diffusion et de distribution, et à la seule condition que notre situation personnelle et financière nous le permette, nous pouvons aussi faire le travail nous-mêmes en nous passant de structure tierce.

Nous pensons que le partage —notamment numérique — des œuvres doit non seulement être possible, mais souhaitable : une diffusion large de la culture doit être notre horizon commun. Nous savons ce que nous devons à l’intelligence collective. À nous de lui rendre ce qu’elle nous a donné et de trouver des modèles économiques en adéquation avec cette éthique. Les lois sur le « libre accès » (open access) récemment introduites dans plusieurs pays européens (et bientôt en France) permettent aux chercheurs de republier leurs œuvres sous certaines conditions, indépendamment des restrictions d’usage imposées par les éditeurs. Des dispositions similaires devraient être envisagées pour l’ensemble des créations, des créatrices et des créateurs, afin de favoriser leur indépendance.


6. Nous définirons un nouvel horizon économique et social

On dit que les autrices et auteurs sont individualistes et incapables de se fédérer, mais qui nous a cantonné·es à ce stéréotype ? La stratégie de l’entre-soi ne fonctionne pas : nos rémunérations ne cessent de baisser, suivant la même courbe que celle de la qualité de notre protection sociale. Cette précarisation doit être stoppée. Les lobbys des industries culturelles dissimulent leurs desseins derrière la défense de nos droits et cette hypocrisie est inacceptable. Rien n’a été fait par eux pour endiguer la dégradation de notre situation. Pourquoi dès lors leur faire confiance pour résoudre des problèmes qu’ils ont contribué à créer ?

Nous devons être les instigateurs de ces changements pour trouver de nouveaux modèles. Notre émancipation économique et sociale pourra prendre plusieurs formes : mise en place de coopératives d’entraide, de formation et de soutien artistique et financier entre créatrices/créateurs, création et/ou utilisation de plateformes de crowdfunding et de mécénat (pour une œuvre seule et/ou pour soutenir un.e artiste sur la durée), d’un statut proche de celui des intermittents ou encore d’une licence créative globale ; militer pour la création d’un revenu de base humaniste, social et inconditionnel (qui ne saurait être voué à ancrer un peu plus les inégalités à travers la suppression des allocations, par exemple). Nous sommes tous des créateurs. Nous participons tous à la richesse de nos sociétés.

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Plus qu’un manifeste, cet appel est un constat qui doit nous exhorter à aller de l’avant. Le monde change, nous changeons avec lui, mais l’imagination est de notre coté. À nous de l’utiliser.

Si vous partagez la vision de ce manifeste, nous vous invitons à vous en emparer, à le republier sur vos blogs, sites, réseaux sociaux, et à le faire connaître. Vous pouvez également participer à sa perpétuelle élaboration ici. Chacun·e est bienvenue.


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Ce texte est placé dans le domaine public vivant via la licence Creative Commons CC0 1.0. Vous pouvez le copier, le modifier, le distribuer et le représenter, même à des fins commerciales, sans avoir besoin de demander l’autorisation.

May the Fourth be with you.

Parce que !

Comme, en ce moment, je me remets lentement d’un tit coup de burn-out je dessine mode calme, en attendant d’avoir retrouvé la pèche pour avancer sur Les Chants de Loss (je vais avoir beaucoup de choses à vous raconter à ce sujet, ce sera pour Vendredi). Donc, ce matin, pour le Star Wars Day, j’ai fais ceci :

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Jawaad et Lisa

Une peinture numérique, faite pour le plaisir à partir d’un dessin que j’ai gribouillé  un peu au hasard. L’illustration est un A3, elle a demandé une dizaine d’heures, m’a fait créer au total 98 claques photoshop que j’écrasais au fur à mesure et,  histoire de voir si j’avais appris mes leçons, je n’ai utilisé aucunes inspirations ou ressources, et un minimum de brushs pour la peinture. Bon, qui connait un peu photoshop et la peinture numérique verra que j’ai quand même employé par mal de brushs et quelques effets colorimétriques. Mais le résultat me fait plaisir.

Pour la petite histoire, il s’agit des portraits de Jawaad et Lisa, des romans les Chants de Loss, en train de déclencher le Chant de Loss, justement, un pouvoir qu’ils ont en commun et qui agit sur la gravité et l’électromagnétisme (entre autres). Je voulais une scène très vivante et qui inspire sans le montrer un pouvoir en pleine action de manière suggérée. J’espère que c’est réussi.

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Et comme toujours voici les étapes de ma peinture depuis les premiers coups de crayon :

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Blog artistique d'Axelle "Psychee" Bouet

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