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Quelques trucs pour qui veut s’améliorer en dessin, 2

J’avais un peu brossé les conseils les plus élémentaires en rédigeant le premier article. Des conseils visant à vous faire prendre conscience que d’une part, ce n’est pas facile, c’est pour cela que c’est un métier, mais que, d’autre part, c’est pas parce que ça a l’air si difficile qu’on ne peut pas arriver à se faire plaisir et apprendre… et progresser peut-être au stade d’en faire son métier – mais vu le métier en question, j’espère que vous avec un héritage derrière vous ou que vous êtes un maso survivaliste, il faudra au moins ça pour vous en tirer.

Donc, voici la seconde volée de conseils et astuces, un peu plus ciblés cette fois. Non, je ne vous apprendrais pas à dessiner, d’autres, bien plus talentueux, le font mieux que moi en livres, manuels, tutoriaux sur internet, etc. (promis, je ferai un article sur comment les trouver). Moi, je ne suis qu’une illustratrice lambda qui partage ce qu’elle a appris elle-même, histoire de vous éviter de perdre du temps et des efforts pour rien.

1- Le papier ou l’ordinateur ?

Vieille querelle de chapelle qui commence à sentir le renfermer à force, cette question revient très souvent : qu’est-ce qui est le mieux entre dessiner sur du papier ou sur ordinateur, avec les logiciels ad hoc et une tablette graphique ?

En fait, la querelle, vous vous en doutez, n’a pas lieu d’être. C’est une question de coûts et de technique ; il n’y a pas de différences assez notoires entre dessiner et peindre à la main et le faire avec un ordinateur pour justifier ces débats, sauf pour les puristes et les coincés des deux bords. Personnellement, on me le demanderait, je dirais toujours la même chose : au final, pour un artiste, une tablette graphique, un ordi et des logiciels pour débuter le dessin numérique, ça revient autrement moins cher qu’un atelier d’art avec ses aquarelles, ses papiers, ses acryliques, ses toiles, ses pinceaux, sa table lumineuse pour décalquer son taff, ses encres, ses plumes et sa table à dessin.

Et ça prend moins de place. Et ça s’use moins vite. Et quand je fais de l’aquarelle sur du papier, je n’ai pas de touche CTRL+Z si je rate un coup de pinceau. Je connais les deux aspects –vous voulez que je vous rappelle mon âge ? – et j’ai travaillé dans les deux domaines techniques. Si j’adore toujours les encres de couleur, le dessin au crayon, encrer au feutre-pinceau, c’est presque désormais une détente (et puis des originaux, ça se vend bien). Mais pour mon travail professionnel, je ne reviendrais pas au papier et aux toiles.

Par contre, est-ce que c’est pas trop facile ? Ben non ! L’ordinateur ne dessine pas pour vous, il ne sait pas peindre non plus et ne connait rien aux règles de la composition graphique. Et j’emmerde profondément les abrutis qui n’ont jamais dessiné et qui prétendent de manière décérébrée que c’est plus facile. Par contre, c’est plus pratique et on a quelques outils qui permettent de facilement corriger un travail échoué ou de le recommencer.

2- Mais le papier c’est bien quand même.

Oui, j’y reviens, parce que vous ne pouvez pas emporter un ordinateur et une tablette graphique dans votre sac en vous déplaçant. Bon, ok, si, avec quelques tablettes récentes on peut, soit, et c’est très bien ! Mais le papier et le crayon ont cet avantage qu’ils sont légers, prennent peu de place et ne tombent pas en panne (sauf si vous perdez votre gomme et encore).

Je ne vais jamais nulle part sans de quoi dessiner et ma boite d’aquarelle rejoint papier et crayon de temps en temps. Je dessine ce qui me passe par la tête, je dessine pour passer le temps, je dessine ce que je vois, je dessine pour m’entrainer, je dessine tout le temps, bref, je ne voyage pas sans.

L’intérêt des techniques manuelles, c’est aussi qu’elles ne souffrent pas de l’erreur grossière ou du bâclage. Vous devez assumer vos traits, certains peuvent être gommés, mais pas toujours, vous ne pouvez pas zoomer sur les détails de votre feuille et votre crayon même taillé à mort ne sera jamais si précis que cela. Croquer, esquisser, reproduire ce que vous observez, c’est très bien de le faire avec du papier et un crayon.

On peut se passer de cela, bien sûr ! Mais je recommande de faire régulièrement cet exercice. Le but n’est pas de faire des œuvres d’art ; en tout cas pas en général. Mais c’est un parfait outil d’entrainement.

3- N’improvisez pas !

Je rebondis ici sur un de mes conseils de la partie 1, mais quand vous dessinez, vous vous retrouvez régulièrement face à un objet ou élément que vous n’avez jamais dessiné. N’improvisez pas ! Vous ne savez pas le faire ou avez du mal à un résultat ? Copiez ! Prenez des références, allez voir comment d’autres ont traité ce problème, qu’il soit d’expression facile, d’architecture, de mechadesign ou de perspective, etc.

Bref, vous avez, je pense, saisi l’idée. Cela va plus loin cependant que copier. Il faut étudier la manière dont est construit un sujet et tenter de le reproduire, pour arriver à en faire sa propre version. Mais avant cela il faut le reproduire. On n’invente rien et il serait idiot de ne pas se servir de ce que meilleur que nous a fait pour créer à son tour. La copie n’est en rien malhonnête. C’est copier fidèlement tout ou très grande partie d’un travail exécuté par un autre pour s’en attribuer ensuite le mérite, qui n’est pas bien. Et ça, ça m’est même arrivé deux fois, parce qu’un truc m’avait tapé dans l’œil et que je l’avais reproduit, trop fidèlement. Dans ce cas-là, il suffit de ne pas en user commercialement et créditer la référence.

Mais pour ce qui est de ne pas improviser, ne dessinez pas ce que vous le savez pas faire ex nihilo. Vous ne savez pas dessiner une voiture ? Allez en recopier une et faites-en sorte qu’elle soit fidèle, mais porte votre style et votre idée de la « voiture ». Vous devez en dessiner souvent ? Alors, faites 10 planches couvertes de bagnoles sous tous les angles jusqu’à ce que cela rentre ! Et c’est pareil pour tout, expressions, visages, perspectives, etc.

4- Improvisez !

Quoi, mais tu viens de dire que ?… Oui, je sais et c’est le paradoxe : il faut oser improviser, il faut oser essayer sans aucune référence et à son envie et voir ce que cela va donner.

Et pourquoi donc ? Parce que vous l’aurez noté, chaque artiste a son style et celui-ci ne sort pas de son chapeau. C’est la somme des inspirations préférées de l’artiste, de ses études et de son école d’art, mais aussi de ses références et enfin, on y vient, de sa manière d’improviser et appréhender ce qu’il dessine.

Le style, en soit, c’est la main de l’artiste qui reproduit le réel ou l’imaginaire tel qu’il le conçoit ou aime le traduire. Il ne voit bien sûr pas le monde comme ça, mais il aime l’interpréter dans son travail de cette manière-là. Et ça veut dire que de temps en temps, il doit improviser ce qu’il fait. Il a derrière lui ses références, son entrainement, sa formation, mais il y va freestyle et il regardera ce que cela donne au final. Parfois c’est raté… et on recommence ! Mais c’est dans ce lâchage du filin de sécurité, dans cette roue libre assumée, qu’on explore son style, sa manière de traduire et dessiner le monde et qu’on y trouve sa personnalité.

Alors si vous débutez, entre deux séances lobotomisantes de copie acharnée et de crayonnage effréné, faites un truc qui vous passe par la tête, quoi que ce soit, en roue libre. Finissez-le, gardez-le surtout… et regardez comment votre style va évoluer et trouver son affirmation !

5- Décalquer, c’est bien aussi.

Cassons un autre mythe : décalquer c’est de la triiiiiche !

Ben non, pas plus que la copie. C’est ce qu’on en fait qui serait malhonnête, mais pas du tout l’usage en soit ; tous les illustrateurs calquent leurs propres dessins, pour commencer ! Vous croyez que quand on a pourri une feuille de traits dans tous les sens pour dessiner une scène, on peut l’encrer et la peindre sans devoir la calquer avant ?

Décalquer quand on apprend à dessiner est très utile et encourageant de temps en temps. Prenons un corps humain : il faut étudier sa méthode de construction et son anatomie. Et les premières fois qu’on copie, ça part dans tous les sens, la symétrie se barre en vacance, les proportions sont à hurler, etc. par contre, si on calque un modèle photo, sans se contenter de suivre des traits, mais en refaisant cet exercice de construction par-dessus le modèle, on apprend à comprendre comment il est construit, en quoi il est symétrique et proportionné. Déjà, moralement, ça fait du bien d’y parvenir, mais en plus, à un certain moment, on peut arrêter de calquer le modèle et le finir juste avec l’exemple en copie à côté et mieux, sans l’exemple.

Bien sûr au bout d’un moment, il faut lâcher cette facilité qui finirait par être handicapante. Mais elle est très utile pour se former et prendre confiance en ses tracés et sa main. Alors, calquez ! Eh oui, vous pouvez calquer mes dessins si vous en avez envie, je ne vais pas râler à ça !

6- N’écoutez pas les bons, écoutez les justes.

Le dernier pour la route et il est important. Vous allez demander des critiques sur votre travail ou en recevoir spontanément. Et là se pose le problème : qui écouter et pourquoi ? On serait tenté de croire que faut écouter les meilleurs, les pros, les doués. Mais non ; ce n’est pas parce qu’un gars est un tueur en illustration qu’il est un bon pédagogue, loin de là. Écoutez les gens qui vous expliquent de manière claire et mesurée ce qui est réussi et ce qui ne l’est pas dans votre travail. Regardez les références qu’ils emploient pour vous donner des exemples, notez la manière dont ils vous montrent comment vous corriger et vous améliorer. Largement plus de la moitié de mes collègues et connaissances en art sont incapables de faire cela correctement, moi compris. On n’est pas un bon prof parce qu’on dessine bien. C’est pas le même métier ; montrer aux autres comment s’améliorer et suivre des processus de travail, appliquer des techniques de mise en scène et de couleur, c’est un métier. Alors, ne cédez pas aux tentations d’écouter le super illustrateur de la mort qui tue sans vous demander – et bien vérifier dans sa manière de conseiller- s’il sait enseigner… cela vous évitera bien des désillusions et des frustrations !

Crayonner, crayonner, crayonner, rhaaaa !

Rien d’autre à ajouter mon colonel. J’aligne les études en cours d’illustrations et les études de postures mouvement et anatomie de personnage à la chaine, pour tenter de passer un nouveau cap de qualité de travail. Il faut revenir alors aux fondamentaux, ce qui sera l’étape suivante : recommencer tout ce qu’un débutant ferait pour apprendre à maitriser les personnages, les angles de vue, les mouvements, la vie et la personnalité du dessin.

Point de vue technique, j’en suis tout à fait capable . désormais, je peux arriver à réussir avec une marge d’échec très faible tout ce que je produis. Mais je ne produis pas ce que je ne sais pas faire, hé ! Donc… on reprends les bases, et on casse la facilité, on explose la zone de confort à coup de masse et on y va !
Vala !

Cassage d’Idée Reçue sur l’homosexualité (oui, la chaine youtube)

Et je n’en dis pas plus, je vous propose de visionner, si vous aviez des idées reçues à ce sujet, vous allez réaliser qu’en fait….

… vous vous trompez. Sauf si votre seule référence est un livre religieux et des pseudo-savants qui essayent de confirmer le contenu de ce dit-livre. Là, vous ne vous trompez pas : la réalité et les faits et preuves, vous en avez juste rien à cirer.

Merci à Max Bird et sa chaine très intéressante et intelligente.

Journée mondiale contre l’homophobie & la transphobie

Une journée pour s’en souvenir et en parler. Une journée pour décider d’agir ou de laisser mourir. Une journée pour être humain ou n’en avoir rien à foutre de cette partie de l’humanité. Et pour vous qui lisez ces lignes : je suis lesbienne, je suis transsexuelle. Mais surtout, je suis une femme, un être humain, une féministe, une artiste, une romancière… Je veux vivre en paix, en sécurité et en liberté, comme vous. Mais non : on nous tue et on nous jette en prison. On nous interdit les mêmes droits que tout le monde, on nous interdit de vivre en public. Parce que nous sommes homosexuels, même pas un crime, juste une chose naturelle, une loi de la biologie. En rien un choix, mais seulement un fait sans danger et sans menace.

Je voudrais vivre sans avoir peur. Mais j’ai toujours peur.

Partagez ce post, merci à tous.

  • Je suis la fille chassée de chez elle parce que j’ai confié à ma mère que je suis lesbienne.
  • Je suis la prostituée travaillant dans les rues parce que personnes ne va embaucher une femme transsexuelle.
  • Je suis la sœur qui tient son frère gay dans ses bras qui pleure des larmes douloureuses toutes les nuits.
  • Je suis l’enfant adoptif qui se réveille avec des cauchemars d’être enlevé à ses deux pères qui sont la seule famille aimante que je n’ai jamais eu, Je souhaite qu’ils puissent m’adopter.
  • Je suis l’un des chanceux, je pense. J’ai survécu à une agression qui m’a laissé dans le coma pendant trois semaines, et dans un an je serai probablement capable de marcher à nouveau.
  • Je ne suis pas l’un des plus chanceux. Je me suis tué, quelques semaines avant le lycée. C’était tout simplement trop lourd à porter.
  • Nous sommes le couple qui a eu une agente immobilier qui nous a raccroché au nez quand elle a découvert que nous avons voulu louer une chambre à coucher pour deux hommes.
  • Je suis la personne qui n’a jamais su quelles toilettes publiques utiliser si je ne veux pas me faire convoquer par mes supérieurs.
  • Je suis la mère qui n’est même pas autorisée à voir mes enfants, que j’ai enfanté, nourri et élevés. Le tribunal a dit que je suis une mère indigne parce que je vis maintenant avec une autre femme.
  • Je suis la survivants de violences familiales qui a vu le système de soutien devenir froid et distant lors qu’il a découvert  que mon partenaire d’abus était aussi une femme.
  • Je suis le survivant de violences familiales qui n’a pas trouvé de soutien dans le système parce que je suis un homme.
  • Je suis le père qui n’a jamais embrassé son fils parce que j’ai grandi avec la peur de montrer de l’affection pour un autre homme.
  • Je suis un professeur d’économie domestique qui a toujours voulu enseigner la gymnastique jusqu’à ce que quelqu’un me dise que seules les lesbiennes font ça.
  • Je suis l’homme qui est mort lorsque les ambulanciers ont cessé de me soigner dès qu’ils ont réalisé que j’étais transsexuel.
  • Je suis la personne qui se sent coupable parce que je pense que je pourrai être une bien meilleure personne si je n’avais pas à toujours traiter avec une société haineuse.
  • Je suis l’homme qui a arrêté d’aller à l’église, non parce que je n’ai plus la foi, mais parce qu’ils ont fermé la portes à mon genre.
  • Je suis la personne qui doit cacher ce dont ce monde à la plus besoin : l’amour.
  • Je suis la personne qui a peur de dire à ses parents chrétiens et aimants qu’il aime un autre homme.
  • Je suis la femme qui a été retrouvée morte dans la rue parce qu’elle aimait  une autre femme.
  • Je suis l’homme qui a été jeté en prison, et se fait agresser lorsque la police a découvert que j’étais gay.
  • Je suis l’enfant qui dort dans les rues, parce ses parents ne veulent pas le laisser revenir.
  • Je suis le garçon qui porte des cicatrices du prêtre qui devait se débarrasser du démon qui avait pris possession de mon âme.
  • Je suis la femme qui a été violée et battue parce qu’elle n’aimait pas les hommes.
  • Je suis les centaines de milliers de personnes qui se sont suicidées, parce qu’elles ne pouvaient pas supporter ce qu’elles étaient.

Illustration : hommage à  Kyoshi et Daeithil, personnages principaux des romans « Erdorin » par Stéphane Gallay

International Day Against Homophobia & Transphobia

One day to remember and discuss, one day to decide to act or let die.  One day to be human or don’t care about this part of humanity.  And for you who read this text : I am lesbian; I am transsexual. I am mostly a human, a woman, a feminist, an artist, a novelist. I am just a human being… I want to live in peace, security and freedom, like you. But, they kill us and put us in jail. They forbid us the rights of human beings; they forbid us to live in public. Because we are homosexual, not a crime, just a natural thing, a law of biology. Note a choice, just a fact and a peaceful and safe reality.

I want to live without fear. But I’m always afraid.

Share this post and thank you very much.

  • I am the girl kicked out of her home because I confided in my mother that I am a lesbian.
  • I am the prostitute working the streets because nobody will hire a transsexual woman.
  • I am the sister who holds her gay brother tight through the painful, tear-filled nights.
  • We are the parents who buried our daughter long before her time.
  • I am the man who died alone in the hospital because they would not let my partner of twenty-seven years into the room.
  • I am the foster child who wakes up with nightmares of being taken away from the two fathers who are the only loving family I have ever had. I wish they could adopt me.
  • I am one of the lucky ones, I guess. I survived the attack that left me in a coma for three weeks, and in another year I will probably be able to walk again.
  • I am not one of the lucky ones. I killed myself just weeks before graduating high school. It was simply too much to bear.
  • We are the couple who had the Realtor hang up on us when she found out we wanted to rent a one-bedroom for two men.
  • I am the person who never knows which bathroom I should use if I want to avoid getting the management called on me.
  • I am the mother who is not allowed to even visit the children I bore, nursed, and raised. The court says I am an unfit mother because I now live with another woman.
  • I am the domestic-violence survivor who found the support system grow suddenly cold and distant when they found out my abusive partner is also a woman.
  • I am the domestic-violence survivor who has no support system to turn to because I am male.
  • I am the father who has never hugged his son because I grew up afraid to show affection to other men.
  • I am the home-economics teacher who always wanted to teach gym until someone told me that only lesbians do that.
  • I am the man who died when the paramedics stopped treating me as soon as they realized I was transsexual.
  • I am the person who feels guilty because I think I could be a much better person if I did not have to always deal with society hating me.
  • I am the man who stopped attending church, not because I don’t believe, but because they closed their doors to my kind.
  • I am the person who has to hide what this world needs most, love.
  • I am the person who is afraid of telling his loving Christian parents he loves another male.
  • I am the woman who was found dead on the street, because she had a wife
  • I am the man who was thrown into jail, for getting assaulted when the police found that i was gay.
  • I am the child who sleeps on the streets, because their parents wont let them back in.
  • I am the boy who bears scars from the priest that was supposed to be rid of the demon that had taken hold of my soul.
    -I Am the woman who was raped, and beaten because she didn’t like men.
    -I Am the hundreds of thousands of people who committed suicide, because they could not stand what they where.

Illustration : Tribute to Kyoshi and Daeithil, main characters of the novels « Erdorin » by Stéphane Gallay

Redessiner et réapprendre

Je fais pas mal de dessins sur papier récemment. Exactement, j’ose à nouveau et puis cela me repose les yeux et donc aide à gérer la migraine. La vertu relaxante de peindre des aquarelles y est aussi pour quelque chose. Sans compter que, de manière fort pragmatique, je stocke ainsi des originaux pour une prochaine mise en vente- et un artbook- les gens préfèrent largement payer pour un original unique, sur papier et tout, que pour un poster ou tirage d’art d’un dessin numérique.

Mais donc, oui, je réapprend tout. J’ai fais des études de bédé et d’art, mais entre 25 ans et… il y a quelques années, je ne dessinais que très rarement professionnellement. J’ai travaillé dans la communication visuelle, ce qui est cool – je suis un peu une experte pour vendre des choses visuellement et pour savoir ce qui permets de gagner des clients, même si je suis pas du tout un génie dans ce domaine- mais qui a flingué mon niveau de dessin qui, soyons honnête, a stagné et même régressé ces 10 dernières année.

Alors, à force que cela me frustre -je veux dire, j’en ai fais une grosse déprime de plusieurs mois vers 2013-  y’a trois ans, j’ai décidé de tout réapprendre. Avoir vu le travail fou et magnifique de Stepan Sejic avec sa bédé Sunstone (et tout le reste de son travail) a été le déclencheur. C’est mon inspiration mon modèle en terme d’acharnement de travail et de qualité … je ne le copie pas, mais je veux arriver à atteindre un petit peu de son niveau.

Et maintenant je suis encouragée par un excellent vétéran de l’illustration et auteur de bédé qui se passionne pour mon travail mais ne me lâche pas et est devenu mon mentor, Pierre le Pivain. Il a toutes les qualités nécessaire à être un prof adapté à mon caractère de chiotte ! Il est patient, opiniâtre, têtu, franc, très cultivé et franchement compétent, capable d’un coté de me proposer des défis difficiles, de l’autre de me montrer crayon et pinceau à la main comment corriger et améliorer mon travail. Je peux alors progresser plus vite et dans des voies que j’aurais sans doutes  pas exploré seule, par peur du vautrage ou manque de temps.

Rough et travail en cours d’une illustration qui deviendra une peinture numérique. Pierre le Pivain m’a mise au défi de tout tracer au plus juste et détaillé, sans ombres, et de traiter la colo comme les illustrations d’Angus Mc Bride :

Quelques portraits détente à l’encre de chine :

Quelques trucs pour qui veut s’améliorer en dessin

Journée migraine noire, alors je ressors un de mes articles FB qui serait pas mal ici,  pour vous le partager : quelques conseils génériques pour les gens qui veulent commencer à dessiner et veulent progresser.

Bon, ceux-ci ne viennent que d’une professionnelle lambda. Je ne peux pas me vanter d’avoir un haut niveau de travail, même pas d’une vraie renommée -en tout cas, pas pour ça.

Par contre, je peux me vanter d’un entêtement obstiné à travailler à progresser en permanence, et d’avoir pu pousser des gens à se lancer dans l’illustration, le design, le graphisme etc… J’ai eu pas mal d’élèves, et certains sont désormais même meilleurs que moi.

Donc, quelques conseils, souvent des évidences, parfois de petits trucs, pour vous lancer. J’en donnerai d’autres régulièrement.

1- On ne peut pas progresser sans montrer ce qu’on fait.

Ouais, je sais… oser montrer des bafouilles moches, dur dur. On a peur du jugement du spectateur et, pire, du regard des pairs. Mais en fait, il faut oser. A quoi cela sert-il ? Ben à être émulé par les gens qui vont aimer ce que vous faites ou tentez de faire, déjà. Et ensuite, parce que parmi les spectateurs, un autre dessineux va venir tôt ou tard vous proposer des trucs, conseils et astuces… et en glanant ici et là confiance et bons conseils, l’émulation vous donne envie de continuer et progresser. Travailler seul sans jamais rien montrer, le plus souvent, conduit juste à laisser tomber, démotivé.

Et comment montrer votre travail ? Ben avoir un scanner est une bonne idée sauf si vous faites comme moi du dessin digital, et ensuite, créez-vous par exemple un compte Deviant Art. Cela vous servira ensuite à partager vos dessins sur Facebook, par exemple, mais aussi avoir de temps en temps des retours d’autres artistes.

2- Le meilleur des modèles, c’est le réel.

Pour dessiner, il faut mémoriser des formes et des routines de travail. Pour mémoriser, il faut observer et copier. Et la première chose à copier n’est pas d’autres illustrations, mais le réel. Une peinture de verre d’eau parfaite reste une peinture. Un verre d’eau en photo ou devant vous à reproduire, c’est une autre paire de manche, un défi quand on ne sait pas faire, qui demande un exercice mental puissant… et qui vous fait progresser. Internet est votre ami, trouver des photos de tout et le reste n’est pas difficile. Usez-en, abusez-en. Vous ne savez pas faire quelque chose ? N’improvisez pas ; allez voir à quoi ça ressemble et copiez-le. Au final, plus vous allez copier, moins vous aurez besoin de recommencer pour un même sujet… vous travaillez votre mémoire visuelle, votre interprétation des formes, et c’est ça qui est à la base de votre compétence à l’illustration.

Et pour avoir des modèles abusez d’outils comme Google Images ou Pinterest, vous n’allez pas manquer de ressources particulièrement riches.

3- On n’échoue pas, on essaye jusqu’à ce qu’on y arrive.

Avant d’aborder un quatrième point bien spécifique sur la méthodologie de la création de quoi que ce soit sur du papier réel ou virtuel, on va parler du truc tellement évident, mais que tant de personnes tentent d’esquiver : la copie encore et encore, l’exercice chiant répété sans cesse.

Vous ne pourrez jamais dessiner une tête humaine réussie du premier coup. Pas du second ni du troisième non plus. Chaque échec, chaque truc moche que vous sortez est une réussite : chaque exercice vous a apporté un peu plus de compétence et de compréhension de la méthode à suivre et, à chaque nouvel essai, tous les essais précédents sont dans votre tête et vous servent à réussir. Alors, ben c’est clair… croquer dix, vingt, trente têtes humaines avant qu’enfin ça ressemble à quelque chose, ça ne va être que le début. Bienvenue dans le monde merveilleux des dessinateurs. Mais c’est ainsi que vous allez apprendre et réussir à dessiner.

4- La méthodologie, des gars l’ont trouvé 500 ans avant vous.

Oui, je pense bien sûr à Leonard de Vinci et à son homme de Vitruve, un modèle de proportions humaines quasi parfait. Ben de ça, d’autres avant lui et bien après, découle des trucs et des méthodes pour comprendre comment on construit des humains, des animaux… mais aussi des architectures, des paysages, des mises en scènes et des compositions. Les librairies d’art regorgent de traités, manuels et livres. Cherchez-les, cherchez ce que conseillent des artistes et illustrateurs et, mieux encore, des profs d’arts plastiques. Et n’essayez pas d’improviser. Des gars ont mis une vie à trouver ces trucs… c’est le temps que cela pourrait bien vous prendre de bosser sans méthodologie ni guides techniques.

Je ne peux pas vous donner de conseils vraiment universels sur quels livres avoir sous la main alors je vous conseille juste ma référence préférée pour apprendre les bases : les livres d’Andrew Loomis.

5- Pour caricaturer, il faut savoir dessiner du réalisme.

Ce dernier point pour ce billet, pour rappeler que que vous aimez le franco-belge à gros nez, le dessin type Disney ou le manga, pour les meilleurs dans ce domaine et les autres, avant d’avoir ces styles, ce sont de bons techniciens classiques, qui savent tous, peu ou prou, dessiner du réalisme le plus académique qui soit. Oui, je casse des rêves. Mais parce que pour vous approprier le réel et le déformer à votre sauce, vous devez commencer par avoir compris et analysé le réel. Bref… pour faire de très bons styles et même si ce n’est pas forcément obligatoire, il faut malgré tout avoir appris à représenter le réel tel que vous le voyez, de la manière la plus réaliste et fidèle possible.

Si vous voulez par exemple vous lancer dans le manga, commencer par trouver des livres sur le dessin humain classique, puis entrainez-vous, et trouvez-vous la collection How to Draw Manga qui vous donnera énormément de bons conseils… mais n’oubliez pas que s’enfermer dans un trait vous condamne à vous limiter !

 

Vacances !!

Donc, de retour après des vacances ô combien nécessaires, suite à ces 7 derniers mois de boulot (trop !) intensif. Nous avons passé, Alysia Lorétan et moi, un week-end chez Isabelle, à Laconnex, ce qui pour Aly était un job, puisqu’elle était embauchée pour ses talents d’horticultrice à changer un terrain qui prenait des allures de jungle en jardin chaleureux… Et mission réussie haut la main, qui va se prolonger ces prochains mois.
Quand à moi, j’avais pour mission de glander 4 jours loin de tout appareil connecté à Internet (et de toute discussion politique). Mission réussie, en merveilleuse compagnie d’Isabelle (l’épouse de Stéphane Gallay, une très grande amie) et de Sherrie Teo, autre grande amie  qui, étant uniquement anglophone, m’a fait réviser mon anglais parlé. C’est dur la vie, parfois… j’ai adoré !
J’en ai profité pour dessiner un peu -on ne se refait pas- et voici un de ceux que j’ai ramené à la maison avec moi, l’autre, une aquarelle, a été offert à Sherrie. Celui-ci est une encre sur papier aquarelle, un pur plaisir sans prétention autre que m’occuper… bon… il a aussi émerveillé les gens qui ont vu son évolution au fur à mesure. Dessiner a toujours un petit aspect de magie.

Un cadeau pour les fans des Chants de Loss

Voici un portait au format fond d’écran large, de Lisa, protagoniste principale des Chants de Loss. A la base, j’ai fais cette peinture comme test de niveau et pour me remonter le moral. Le décor a changé six fois, n’a rien à voir avec ce que j’avais en tête, mais au final, le résultat est très beau et réussi… amusant de le comparer au même essai il y  a trois ans.

Mais donc, voici deux images jpeg qualité supérieur (je n’ai pas fais du HD) pour écrans larges, servez-vous et faites-vous plaisir !

Format  1920×1080 :

Format 1680×900 :

Pour mémoire, et puis c’était le but de mon exercice, autant qe me remonter le moral en réussissant une peinture digitale, exercice difficile pour moi, faisons la comparaison, même personnage, même posture :

Des gens nus pour les Chants de Loss

Là, sans explication, vous allez décrocher très vite, je le sens. Donc : une des politiques décidées par Alysia, Emilie et moi pour les Chants de Loss, c’est que nous ne censurerions jamais le contenu du monde de Loss et si vous avez lu les romans, vous savez que certains thèmes sont assez adultes. Oui, y’a du sexe, y’a aussi de l’esclavage, de l’injustice et de la violence. Nous n’avons donc jamais cherché à édulcorer la chose, mais sans jamais non plus la mettre en avant. C’est pas le sujet. Loss est un monde merveilleux et terrible à la fois, le jeu de rôle en reflète tous les aspects sans les mettre en avant, mais sans les cacher non plus.

Pour les illustrations, c’est pareil et c’est là qu’intervient notre seconde décision : ne pas censurer coté illustration veut dire que y’aura des thèmes adultes abordés, de l’érotisme et donc du nu. Là encore, pas tellement, mais y’en aura.  Nous avons alors décidé d’y imposer une certaine parité : c’est à dire que nous tenterons de proposer autant d’illustrations avec des hommes que des femmes pour ce sujet. Après tout, y’a pas de raisons de pas mettre des mecs à poil, non ?

Le monde du JDR a souvent employé l’érotisme et le fan service comme bon argument de vente, et je me souviens de quelques couvertures de JDR qui me laissaient perplexes en matière de visée des bas instinct du public-cible, on sentait bien quel client était visé pour assurer la promo-vente du produit (une mention spéciale pour un supplément du JDR Exaltés qui m’avait vraiment mise dans une profonde expectative dans ce domaine). Donc, pour ne pas tomber dans ce travers tout en ne nous censurant pas, on a choisi cette politique de parité. Et récemment, j’ai donc fait plusieurs illustrations de personnages féminins et masculins qui, mis en scène, sont nus ou très dévêtus :

Feng-shui 2 powa !

Les rôlistes parmi vous ne peuvent pas l’avoir loupé, Feng-shui seconde édition en français est actuellement en précommande participative, sur la plateforme de BBE, édité par Game Fu. Et si je vous en parle, c’est parce que je suis une des deux illustratrices embauchées pour travailler sur les visuels des suppléments des versions françaises, et oui, je suis joie !

Mais donc, à part cette promo pour aller voir un peu ce jeu de rôle qu’il est très bien, je vous partage ici ce que j’ai réalisé pour la sortie du jeu, la couverture du supplément « Aux portes de l’outremonde » :

et voici quelques-unes des étapes du boulot :