Archives de catégorie : Les copainches

Manifeste pour une écriture libre dans la lignée des Nuits Debout

Vous le savez je ne fais pas que gribouiller, je bafouille des œuvres littéraires aussi et je tiens notoirement au titre -galvaudé ou pas- de romancière, car j’en suis une et ne compte pas m’arréter, j’aime trop cela.

Dans le sillage de discussions ayant eu lieu dans le cadre de Nuit Debout, Neil Jomunsi a lancé la rédaction d’un Manifeste pour les autrices et les auteurs libres, indépendant-e-s et solidaires. Je m’associe de toute évidence à ce mouvement et ce manifeste, autant -ô joie- que Stellamaris (mon éditeur) en sa double casquette d’éditeur et écrivain lui-même.

Voici donc le texte de ce manifeste, qui est disponible à cette adresse :

Pour une majorité d’entre nous — auteurs et autrices —, le modèle proposé par les industries culturelles ne fonctionne plus. Pire, ce système censé nous protéger n’a fait qu’aggraver la situation. Prenant acte de celle-ci, il est temps de poser les bases d’une alliance et d’inventer des solutions qu’aucune institution, parti, gouvernement ou industrie ne nous apportera. Car sans une refonte complète, ce n’est pas seulement ce système qui court à sa perte : c’est la création tout entière, et avec elle celles et ceux qui la rendent possible.


1. Nous créerons toutes et tous

D’une part, nous ne créons pas à partir d’un néant fantasmé, mais en nous hissant sur les épaules de celles et ceux qui nous ont précédés. Les œuvres d’aujourd’hui existent car d’autres ont créé celles d’hier. Cet héritage, nous en sommes les garants. Il est la véritable source de notre inspiration, et nous reconnaissons ce que nous lui devons. Nous affirmons que la perpétuation de cet héritage passe par la mise en valeur du domaine public, du partage entre individus et des communs.

D’autre part, notre savoir-faire n’est plus quelque chose d’exceptionnel ou d’inaccessible : internet, la démocratisation des outils informatiques, audiovisuels, la circulation du savoir et la mise en commun des savoir-faire font que nombreux sont celles et ceux qui aujourd’hui savent donner naissance à des œuvres, qu’elles soient ou non commercialisées. La création se multiplie autour de nous de façon exponentielle, qu’on s’en réjouisse ou non. Indépendamment du succès, de la respectabilité ou des honneurs, nous considérons chaque créateur et chaque créatrice comme légitime, professionnel·le ou non. Nous tirons notre force du collectif et de nos valeurs communes.

Certains d’entre nous font le choix de faire de la création un métier : nous tentons alors d’en « vivre » dans des conditions impossibles. Nous aimons ce que nous faisons — nous en tirons même une certaine fierté. Pour autant, notre identité de créatrices et de créateurs ne nous affranchit pas des luttes qui animent d’autres corps de métier. Notre combat est celui des ouvriers, des intermittents, des intérimaires et de tous les autres précaires, chômeurs, étudiants, handicapés, personnes âgées et/ou dépendantes. Les aspirations de chacune et de chacun doivent être respectées. Mais quel que soit notre rapport à la création, nous ne nous plaçons pas en-dehors du monde : au contraire, nous y jouons un rôle actif et capital.


2. Nous nous emparerons des moyens de production

Distribution et diffusion sur internet, livre numérique, matériel audiovisuel et informatique toujours plus performant et toujours moins cher, démocratisation de l’impression à la demande nous autorisent désormais à apprivoiser des moyens de production autrefois réservés aux seules industries culturelles. En conséquence, le nombre de créatrices et de créateurs grimpe en flèche. C’est un fait : la pénurie d’œuvres n’existe pas. Notre besoin de légitimation par des structures pyramidales s’amenuise au profit d’une libre diffusion au public, qui devient seul juge. Mais dès lors, nous sommes considérés comme la matière première d’une industrie où la masse publiée seule génère des bénéfices. Comme toute matière première, celle-ci subit les fluctuations du marché, la loi de l’offre et de la demande. La réappropriation des moyens de production, ou au moins leur apprivoisement, nous place en position de force dans un contexte de lutte systémique : le maillon le moins valorisé de la chaîne peut désormais faire valoir son importance, non plus comme élément d’une masse non-identifiable, mais en tant qu’électron libre et capable. Il est de notre devoir de faire nôtres ces outils, d’en apprendre le fonctionnement, d’en évaluer la portée et la pertinence. Si ces outils demeurent aujourd’hui la propriété de grandes firmes (Amazon, Google, etc), nous devrons travailler à créer nos propres structures, à emprunter nos propres chemins, à lutter contre toute forme d’appropriation.


3. Face à la captation du droit d’auteur par les industries culturelles, nous aspirerons à l’affirmation d’un droit des auteurs

Autrices et auteurs professionnel·les sont confronté·es à un dilemme : à tenter de négocier nos contrats, nous risquons tout simplement de ne plus rien signer du tout. Cela nous oblige à accepter des contrats-types iniques dont seule la « tradition » justifie l’usage (cf. les pourcentages inférieurs versés aux autrices et auteurs pour la jeunesse, par exemple). Les accords récents (reddition des comptes, rémunération des interventions et des dédicaces, etc) vont dans le bon sens, mais ne suffisent pas. Nous devons militer pour imposer une durée d’exploitation limitée dans le temps et éventuellement reconductible. Nous devrions pouvoir conserver nos droits numériques si nous nous estimons capables d’en assurer l’exploitation. Nous devrions aussi pouvoir nous réserver les droits de traduction et d’adaptation audiovisuelle. Le droit des auteurs doit être une arme au service des principaux concernés, et non pas se retourner contre eux : car en cédant tous nos privilèges d’exploitation à des sociétés tierces, le droit d’auteur devient un droit d’éditeur ou d’ayants-droit. De la même manière, les droits des autrices/auteurs et ceux des lectrices/lecteurs ne doivent pas être dissous dans un complexe de « droits voisins » de plus en plus illisible. Le droit des bases de données ou le droit des éditeurs tel qu’il est actuellement envisagé au niveau européen légitime les appropriations indues des créations par les industries culturelles et du web. En conséquence, nous aspirons à l’émergence d’un encadrement légal de la durée et de l’exclusivité des contrats d’édition.


4. Nos actions et nos luttes s’appuieront sur des partenaires de confiance

Les sociétés d’édition ne sont pas nos ennemies. En revanche, certaines d’entre elles, indépendamment de leur taille, de leur structure ou de leur réputation, ont été dévoyées pour générer un maximum de profits avec un minimum de risque et de rémunération aux concerné·es, ou plus simplement n’ont pas de considération pour le travail des autrices et auteurs. Des allié·es existent pourtant. Nous devons les trouver et les inclure dans nos combats futurs. Éditeurs bien sur, mais aussi libraires, bibliothécaires, imprimeurs, codeurs, hébergeurs, etc, dans la perspective d’une valeur ajoutée patente et mutuelle. Nous travaillerons de concert, tout en gardant à l’esprit que les conditions de rémunération devront être équitables, respectueuses des créateurs·trices et avoir été négociées dans tous les cas au préalable.


5. Nous reprendrons la main en définissant nous-mêmes les conditions d’usage de nos œuvres

Les licences libres et de libre diffusion (comme les Creative Commons) sont aujourd’hui un moyen efficace de contrôler l’usage qui est fait de nos œuvres et d’en définir contours et limitations. Nous devons nous en emparer et les faire nôtres. Même si dans le cadre d’une exploitation conjointe, nous savons qu’il sera difficile d’imposer l’usage d’une telle licence, il n’est pas interdit d’essayer, d’argumenter, de militer. En nous réappropriant les moyens de production, de diffusion et de distribution, et à la seule condition que notre situation personnelle et financière nous le permette, nous pouvons aussi faire le travail nous-mêmes en nous passant de structure tierce.

Nous pensons que le partage —notamment numérique — des œuvres doit non seulement être possible, mais souhaitable : une diffusion large de la culture doit être notre horizon commun. Nous savons ce que nous devons à l’intelligence collective. À nous de lui rendre ce qu’elle nous a donné et de trouver des modèles économiques en adéquation avec cette éthique. Les lois sur le « libre accès » (open access) récemment introduites dans plusieurs pays européens (et bientôt en France) permettent aux chercheurs de republier leurs œuvres sous certaines conditions, indépendamment des restrictions d’usage imposées par les éditeurs. Des dispositions similaires devraient être envisagées pour l’ensemble des créations, des créatrices et des créateurs, afin de favoriser leur indépendance.


6. Nous définirons un nouvel horizon économique et social

On dit que les autrices et auteurs sont individualistes et incapables de se fédérer, mais qui nous a cantonné·es à ce stéréotype ? La stratégie de l’entre-soi ne fonctionne pas : nos rémunérations ne cessent de baisser, suivant la même courbe que celle de la qualité de notre protection sociale. Cette précarisation doit être stoppée. Les lobbys des industries culturelles dissimulent leurs desseins derrière la défense de nos droits et cette hypocrisie est inacceptable. Rien n’a été fait par eux pour endiguer la dégradation de notre situation. Pourquoi dès lors leur faire confiance pour résoudre des problèmes qu’ils ont contribué à créer ?

Nous devons être les instigateurs de ces changements pour trouver de nouveaux modèles. Notre émancipation économique et sociale pourra prendre plusieurs formes : mise en place de coopératives d’entraide, de formation et de soutien artistique et financier entre créatrices/créateurs, création et/ou utilisation de plateformes de crowdfunding et de mécénat (pour une œuvre seule et/ou pour soutenir un.e artiste sur la durée), d’un statut proche de celui des intermittents ou encore d’une licence créative globale ; militer pour la création d’un revenu de base humaniste, social et inconditionnel (qui ne saurait être voué à ancrer un peu plus les inégalités à travers la suppression des allocations, par exemple). Nous sommes tous des créateurs. Nous participons tous à la richesse de nos sociétés.

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Plus qu’un manifeste, cet appel est un constat qui doit nous exhorter à aller de l’avant. Le monde change, nous changeons avec lui, mais l’imagination est de notre coté. À nous de l’utiliser.

Si vous partagez la vision de ce manifeste, nous vous invitons à vous en emparer, à le republier sur vos blogs, sites, réseaux sociaux, et à le faire connaître. Vous pouvez également participer à sa perpétuelle élaboration ici. Chacun·e est bienvenue.


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Ce texte est placé dans le domaine public vivant via la licence Creative Commons CC0 1.0. Vous pouvez le copier, le modifier, le distribuer et le représenter, même à des fins commerciales, sans avoir besoin de demander l’autorisation.

Dur, le Lundi, et une explication par Nebezial du pouvoir des super-guerrières en bikini

Rien à ajouter… surtout quand on se réveille à 13 heure après panne de réveil matinal, et qu’on a QUAND MÊME la tête profondément enfoncée dans le fondement.

Mais histoire de bien commencer le premier Lundi de l’année, le partage d’un rough d’études des navires lévitant des Chants de Loss, fait à la main ce WE, et qui me permets de constater avec joie qu’en gribouillant, j’ai pris la main pour le dessin de voiliers et assez d’assurance pour commencer à vraiment pouvoir étudier des looks et formes un peu exotiques qui vont donner le moyen de sortir dans les jours qui suivent des illustrations pour ces machines un peu symboles de l’univers de Loss :

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Et un petit plaisir et le partage d’un auteur qui m’est très cher, Stjepan Sejic (oui, je mets pas les accents Croates, mon clavier râle), qui en un strip nous révèle tout le secret des femmes combattantes et autres super-guerrières en mini-bikini et tenue minimale. Maintenant, vous saurez !

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« It’s juste Science ! »

Merci infiniment, Stjepan Sejic. Je vous invite aussi à découvrir son travail merveilleux sur son autre chef-d’œuvre dont je vous ai souvent parlé : Sunstone (la page est réservée adulte, donc si vous voulez la voir, il vous faut un compte Deviant Art, cela prends 3 mn pour s’inscrire)

Joyeux Noël et bonnes fêtes à tous !

Que pourrais-je vous souhaiter de mieux, en fait ? Des vœux divers et variés, allez : n’essayez pas de me concurrencer point de vue santé, c’est un record stupide à battre ; ne reprenez pas la route si vous avez descendu les bouteilles, j’aimerais vous retrouver en un seul bout. Que vous et vos parents et vos enfants et votre famille viviez autant de bonheurs chaque jour que possible en ces mois où allumer la télévision réduit à néant toute chance de joie de vivre. Rôlistes, lancez des tonneaux de dés dans la joie, geeks de tous les horizons, offrez-nous encore vos rêves en partages, amis et collègues créatifs, enrichissez-nous de votre culture, de votre intelligence et de votre imaginaire…

Et à ma famille, aux miens, à ceux qui savent et qui se reconnaîtront, comme l’année passée et à tout jamais, je n’ai nul besoin de vous souhaiter quoi que ce soir, vous le savez tous déjà, Simplement : je vous aime.

Et mon modeste cadeau, pour vous tous :

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Noël, nouvelle année, des vœux, des dessins, des annonces, toussa

Demain, c’est Noël, la veillée au feu de cheminée -bon ok, pour les rares à en avoir une, pour les autres, ça risque de l’être devant la télévision- les huîtres, la dinde -moi je préfère mille fois le chapon, mais chacun son truc- le chocolat et les marrons, et puis dans deux jours la ruée des enfants sur les cadeaux au pied du sapin…

Bref, Noël. La seule fête plus ou moins chrétienne/catholique à laquelle je consens, d’abord parce que ses origines ne sont pas du tout chrétiennes, ensuite parce que simplement, j’aime faire des cadeaux, en recevoir et manger du foie gras, du chapon, des huitres et du chocolat avec des gens que j’aime, et en leur disant que je les aime, et que c’est une très bonne excuse pour le faire !

Mais bon, vous êtes tous au courant, alors si je fais ce billet, c’est surtout que mon blog a été délaissé fort longtemps, et que pour Noël, je tenais tout de même à vous saluer, vous souhaiter de très joyeuses fêtes, vous dire que tout va bien (que tout va mieux en fait, si je veux être précise : j’ai repris le taff après une grosse convalescence), et que vous allez pouvoir de nouveau redécouvrir mes illustrations, mes travaux, mes bafouilles et mes coups de gueule qui redeviendront réguliers dès la fin des fêtes, avec une moyenne de parution d’article faisant un peu plus honneur au nom de mon blog « un dessin par jour ».

Et entre aujourd’hui et le 1er Janvier, quelques cadeaux vous attendent, dont un nouveau chapitre du tome 2 Les Chants de Loss, deux nouveaux chapitres du JDR Les Chants de Loss, et une illustration fond d’écran pour fêter cela, qui va réconcilier les fans d’Erdorin de Séphane Gallay que j’illustre, et ceux des Chants de Loss, que vous savez que j’écris et illustre aussi !

NB : mon absence a aussi mis un arrêt malheureux à la seconde vente des illustrations Inktobers. Joie, elles vont reprendre avec retard mais elles vont reprendre et justement entre Noel et le 3 Janvier !

Et histoire de ne pas poster un billet sans dessins…

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Une double page de démonstration du futur livre du jeu de rôle Les Chants de Loss.

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L’illustration de couverture face et dos du roman de Wilfrid Hizembert : l’Etau des Ténèbres, tome 1, aux éditions Stellamaris.

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Un rough du peuple des Forestiers pour l’univers et le JDR les Chants de Loss. Mais on va remplacer le fusil par un arc, au final.

La convention du Dé qu’a dents 2015

(les photos sont d’Alysia Lorétan, vous pouvez retrouver celles qu’elle a faite sur la Convention à ce lien)

Forcément, une convention de jeu de rôle à Monthey en fin Novembre, avec de la neige qui a tombé dru juste avant, j’ai repris froid. Je veux dire, ce n’est une surprise pour personne, même si je râle. Mais donc, parlons de la convention du Dé qu’a Dents à Soluna, à Monthey.

C’était bien ! J’insiste : BIEN !

Pour une toute petite convention de jeux -de rôle, de stratégie, de société, de plateau- il y avait une petite foule pile poile parfaite pour qu’on se sente pas étouffée par le peuple, et idéalement pour qu’on se sente dans un lieu bourdonnant d’animation. Et il y en avait ! J’avoue avoir eu du mal à faire le tour de toutes les animations, principalement parce que je tenais mon stand Les Chants de Loss durant la journée. Mais à mon grand plaisir, j’ai vu Alysia aller taper les jetons et les cartons à deux trois jeux de plateau, et il n’y avait personne qui sembla perdu et n’ai pas de quoi s’occuper.

De ce coté là, chapeau bas, messieurs. Ambiance réussie ! Continuer la lecture de La convention du Dé qu’a dents 2015

Quelques jours difficiles… et occupés

Je vais en reparler dans la journée, mais ces derniers jours m’ont vu pas mal occupée avec mon travail, mais aussi la promotion des Chants de Loss, le roman et le JDR. Accessoirement, on avance pas très vite avec  des migraines enchainées les unes à la suite des autres.  Mais histoire de vous faire patienter, voici le portait un peu caricatural, et très gentil, de mon grand frère, Stéphane Gallay , qu’il m’a demandé pour en faire son prochain avatar :

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Le monde de la bédé dévoilé par Gä

Gä (Gaël Denhard), est un auteur de bande dessinée, dessinateur de presse, animateur de blogs, et surtout dessinateur humoristique de grand talent à la carrière prolifique et, comme j’aime à le dire « intéressante, y compris au sens chinois du terme ». J’ai eu le plaisir de faire sa connaissance virtuelle il y a peu, ce qui me touche beaucoup.  Et c’est donc avec son accord, et je l’en remercie, que je vous fais partager aujourd’hui ses strips sur l’envers du décor de ce beau monde de la bande dessinée, qu’il a côtoyé plus intimement que beaucoup d’entre nous.

Et des mythes et légendes risques bien de s’effondrer pour vous à la lecture de ces réalités illustrés avec grand art.

Pour lire, cliquez sur l’image, et ensuite sur le petit lien « suivant »  en haut à droite, ou sur la petite flèche latérale juste à coté.

COMMENT ON FAIT LES BéDés?

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Pourquoi j’ai complètement fait foirer ma carrière de dessinateur de bandes-dessinées

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Comment j’ai complètement fait foirer ma carrière de dessinateur de bédés

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Bon je n’ai toujours pas fini mon article prévu sur les tutoriaux et conseils que je voulais vous inviter à découvrir pour vous lancer un peu dans le dessin et l’illustration, de ceux que j’emploie et révise régulièrement moi-même. Mais ça m’a pris une chouille plus de temps que prévu, je vais essayer de finir demain soir.

Très vieilles vieilleries, 2

Après Alias qui a retrouvé dans une archive des vieux machins oubliés ce qui m’a fait plaisir, car je considère important de savoir de quoi on est parti pour voir où on est en train d’aller -et ce, même si ça pique aux yeux- voici Matthias Wiesmann, vieil et grand ami  qui en fouillant ses archives a retrouvé des illustrations que de mémoire peu de gens ont vu et qui illustraient une histoire très intime. Cela a vieilli aussi, mais me touche tout de même beaucoup. Un jour, je pense écrire des nouvelles sur cette histoire et ces personnages qui se passait dans le monde de Tigres Volants d’ailleurs, ce qui serait nettement plus érotique, plus intime et clairement explicite, mais aussi bien moins dur, révoltant et cruel que ce que peut contenir Les Chants de Loss en matière de références.

De mémoire ces dessins s’échelonnent de 1999 à 2001 environ, et on y voit mes premiers -maman mes yeux- essais de colo sur photoshop avec tablette. Ouais, ça a vieilli.

Eowyn Ð HŽsitation

Eowyn - Chanteuse

Eowyn - Rockstar

Eowyn - Métro - Ringstadt (N_B)

Xandra Voiture-Luxe

Ne pas avoir honte de ses vieux trucs…

.. mais quand même, houuu… je me souvenais pas que je dessinais si mal, il y a 20 ans.

Oui, ce que je vais vous montrer, récupéré sur les archives de tonton Alias, des illustrations pour le projet Fils des Etoiles de Tigres Volants, date d’il y a 20 ans.

Nostalgie inside. Époque où accéder à un scanner n’était guère aisé, et où Photoshop en était à la version 3.0. pas CS 3, hein…. 3.0 tout court. D’ailleurs, il m semble que je n’allais commencer à m’en servir que quelques mois plus tard.  Et époque où je ne savais pas dessiner, même si j’étais déjà graphiste et bossais dans la communication visuelle, et que je tenais un crayon depuis déjà dix ans, et plus. Continuer la lecture de Ne pas avoir honte de ses vieux trucs…

Shaan Renaissance, le jeu de rôle

Recu le livre des règles de Shaan-Renaissance. Déjà une fierté, deux illustrations à moi, colorisées par Igor Polouchine s’y trouvent , qui sont des dessins de deux personnages joués par Alysia Lorétan et moi. Et ça fait super plaisir, de voir que pour illustrer le caste des combattants, c’est donc Keynan qui est mis en scène, trop fière ! Je suis ainsi touchée d’être dans les crédits du livre, et les remerciements de l’auteur.

Igor, arrête, je sais plus rentrer dans mes escarpins !

Ensuite…. 30 ans que je fais du jeu de rôle. Ben soyons clairs, c’est le plus beau et superbe livre de règles que j’ai jamais vu, et possédé. 414 pages (oui, un pavé qui pèse son poids), à couverture TRÈS rigide, entièrement en couleurs, illustré avec une abondance exceptionnelle et de qualité, et une mise en page et des graphismes qui me rendent jalouse. Je veux dire, je veux que Les Chants de Loss soit pareil ! Caprice !

Le contenu est à l’avenant, j’ai été impressionnée, bien qu’avec 414 pages je sois loin de l’avoir fini encore. La masse des informations contextuelles pour Shaan y est non seulement énorme, mais qui plus est riche, illustrée, avec un luxe de détails, et d’efforts d’accessibilité. Quasi nulle part, je n’ai vu de double page qui puisse être pénible à la lecture ou la compréhension. Et en plus, fourni avec deux scénarios histoire de vous mettre dans le bain.

C’est une version très modernisée du premier Shaan. Plus simple, elle est aussi plus riche, plus profonde, plus intéressante dans ses choix d’ombres et de lumières quand aux dichotomies apparentes de cet univers où heossiens et humains ne s’entendent pas des masses, et pour cause. C’est un travail très adulte, très profond, qui ravira à mon avis aussi bien le minimaxeur fan d’aventures exotiques, que l’adepte des personnages étranges et des BG riches, tout comme le rôliste théatral pur et dur, ou encore, comme moi, l’amoureux des histoires de héros, de défis, et de failles intimes.

Je ne vais pas entrer dans le détail du système de jeu et des règles. D’abord, parce que vous pouvez le découvrir ici : http://www.shaan-rpg.com/kit-d-initiation/ , ensuite, parce que les règles de jeu, c’est comme les huitres, on aime, ou on aime pas. Le fait est que l’ensemble du livre produit un effet d’immersion remarquable, et toutes les règles semblent couler de source avec le contexte. J’y retrouve les jeux à univers, que ce soit Athanor, Prophecy, Mage l’Ascension, ou encore Légendes des 5 Anneaux. Mais ici, quasi aucunes références directs à nos propres bases culturelles. Bienvenu en Heossie, que vous allez devoir découvrir entièrement comme un explorateur doit cartographier continents et peuples.

Bref… si vous aimez les jeux fast-food, passez votre route. Si la mécanique de jeu reste assez simple, la richesse de l’univers, du contenu, et des concepts à appréhender ferait plutôt penser au long travail minutieux de préparation d’un chateaubriand dans les règles de l’art. On est loin du hamburger-minute.

Si vous aimez les jeux à univers, sautez dessus. Vous ne pourrez pas être décu.

Et enfin, si vous aimez les beaux livres, les beaux objets, et que vous voulez voir un étalon du livre de JDR superbe et réussi…. foncez ! C’est… beau. C’est à peu près ce que je dis à chaque fois que je tourne une page. Limite en ayant peur de l’abimer. Et non, je ne dis pas ça parce qu’Igor est un ami, loin de là !

http://www.shaan-rpg.com/boutique/

 

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Je suis Charlie

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Ça n’a rien d’original, aujourd’hui.

Mais voilà, il y a un peu  plus de 24 heures, les locaux Charlie-Hebdo ont été pris d’assaut par trois cinglés venus se prétendre venger un dieu qui n’existe pas, de l’affront de dessins humoristiques, en tuant tout le monde.

Si jamais leur dieu existe, j’ai du mal à imaginer qu’il ai trouvé dans cet acte barbare et dément le moindre soulagement. Et toujours si jamais leur dieu existe, à mon avis, il était au dessus de quelques petits mickeys moqueur se foutant de sa gueule. Mais surtout, si jamais leur dieu existe, que je sache, c’est le même que celui des chrétiens, et des juifs, ou alors j’aurais mal lu la bible, le coran, la thora, que j’ai bel et bien lu, en effet. Et donc je n’imagine pas ce dieu demander le massacre de gens qui ont commis le crime de dessiner, et de vivre de leurs dessins, et le péché d’avoir un humour acide et moqueur, qu’il fut de bon, ou de mauvais goût.

Je voudrais à ce moment même pouvoir puiser dans les réserves du talent de mon humoriste préféré, Desporges, et avoir la plume aussi acéré et drôle qu’il pouvait l’avoir. Il aurait choisi des mots mortels et assassins pour faire rire, de ces rires qui donnent à penser et rappellent le cynisme du monde, et que le rire est la seule arme face au désespoir : « Que reste-t-il à part le rire, sinon le suicide, poil aux rides ? »

Mais je ne peux pas, je pleure en vous écrivant à cet instant même. 12 personnes ont été tuées hier, par des fous se réclamant d’une idée, et d’un concept que je qualifie de démence hallucinatoire de l’humanité : la religion.

Parmi ces douze morts, 4 personnes que je connaissais bien, que j’ai connus, avec qui j’ai partagé des cafés, des bières, quelques discussions. A peine plus que des inconnus, en somme, des rencontres. Mais des collègues, des dessinateurs, des gens de la presse, de la communication, de l’illustration, qui ont tous, peu ou prou, été des compagnons de nos vies : Cabu, Charb, Wolinsky et Tignous. Pas la peine de vous les présenter, si vous ne les connaissez pas, vous avez passé ces 30 dernières années dans une grotte, ou vous vivez loin de la francophonie.

Mais il y a eu douze morts. Dont Bernard Maris, autre célébrité, économiste anti-libéral et chroniqueur. Et encore six autres. Dont deux policiers morts d’avoir fait leur devoir, et tenté de protéger des innocents.. Tués au nom d’une folie que la majorité de cette planète, bordel croit être une bénédiction ! La religion !

Voilà ce que dénonçait depuis 20 ans, avec humour, mordant, parfois méchanceté, Charlie-Hebdo : que la majorité de cette planète, quoi que vous puissiez croire, quelques soient vos convictions, croit en des concepts hallucinés et bâti uniquement sur du vide, et des mensonges exploités par des manipulateurs, que l’on nomme dieux, religions, vérités révélés, pour justifier tous les crimes, des milliards d’hectolitres de sang versés, les pires atrocités sur l’humain, qu’il fut enfant, femme, ou vieillard. Au nom du VIDE ! AU nom d’une hallucination ! Au nom de dieux qui n’existent pas !

Ho, ils ne dénonçaient pas que cela, en fait, ils dénonçaient allègrement tout ce que je hais : tous les extrémismes, tous les aveuglements, toutes les pensées réduites à des slogans creux pour ne pas réfléchir, et que ce soir de droite, de gauche, tout le monde le fait. Tout le monde a un moment décide d’abandonner son droit et son devoir à la raison, pour écouter, et relayer des slogans. Et tant pis s’ils tuent.

Voilà ce qui a été attaqué et massacré hier : pas 12 hommes. Pas 4 connaissances. Pas une équipe rédactionnelle de journal. Non. Un symbole de l’un des trois mots du dicton de la France : la Liberté.

Celle d’avoir le droit à toute opinion, et de l’exprimer, fut-on le dernier des cons, ou le plus abruti des révisionnistes. Et cette liberté, personne ne se gène à en user. Celle de dire aussi bien qu’on veut brûler du pédé en place public, qu’envoyer aux oubliettes les religions et leurs ouailles. Celle qui dit que nous avons tous le droit de nous exprimer, quelles que soient nos idées, et que nous pouvons les penser et les nourrir librement.  Et que si nous nous sentons insultés par les idées exprimées de l’autre, nous avons le papier, la plume, le crayon, et les estrades pour y répondre, et la Justice comme arbitre !

Nous avons la liberté de TOUT DIRE ! Nous avons le droit de rire de tout !

Hier, trois hommes en ont tués douze, et ce faisant, ils ont tirés sur cette liberté. Et ce faisant, ils ont commis un troisième acte horrible : ils ont non seulement blessé tout un peuple, mais ils ont épouvantés tous les musulmans de France, qui désormais ne vont pas être à la fête.

Il n’y a qu’une seule bonne chose qui ressort de cela… il y a tout un peuple uni dans une seule cohésion devant cette folie. Cela durera, ou pas. Mais si cela dure, l’histoire est bourrée des exemples que le pire des adversaires est celui qui devient solidaire. La France n’a jamais été guère douée pour cela, surtout ces 20 dernières années. Ben là, on vient de lui rendre sa solidarité.

Et voici ma bien modeste contribution de dessinatrice à leur soutien et à tous leurs proches et amis, blessés et en deuil.

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Les commentaires de ce billet seront méchamment filtrés.

Dragon-Mucha. Oui oui, il s’appelle comme ça !

Parce que j’ai décidé, d’abord !

C’est une commande passée par Isabelle Gallay, la douce épouse de Stéphane Gallay, qui adore mes dragons, et voulais un dragon façon Art Nouveau.

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J’ai mis un peu de temps entre le commencement du dessin, et son achèvement. Comme d’autres travaux pas fini, il a subi mon mois et demi de maladies à la con, et donc, le retard en masse qui s’en est suivi. Mais le voici, achevé, avec une petite vidéo qui présente les étapes de sa réalisation.

(et oui, c’est ma PREMIERE vidéo Youtube… qui l’eut cru, je m’y mets)

 

Et non, ce dessin ne sera pas à vendre. Il appartient à isabelle Gallay, je n’en ferai donc qu’un seul et unique tirage poster sauf avis contraire de sa part, et pour son seul et unique bénéfice (plus des tee-shirts, toujours pour son unique bénéfice)