Summer of Fail, ou comment ne jamais faire de bande dessinée

J’avais cet article dans mes bidules non publiés sur le blog pour cause de non-fini, et de flemme crasse, concentration de poisson rouge, et faculté à passer du coq à l’âne qui concurrencerait un chaton sous acide.

Mais donc, j’avais bien prévu de participer au défi d’Alias, le Summer of Fail.

Parce qu’on parle de ce qu’on fait, de ce qu’on aime, de ce qu’on réussit, mais par contre, aller disserter de nos flans magistraux et de nos échecs stratosphériques, on va moins la faire. Ce serait plutôt à vouloir les remettre dans sa culotte, et se les garder chaudement contre soit, comme une bonne vieille honte bien intime, qui a souvent valeur de conseil.

Et de leçon.

Qui peut se résumer par : le seul moyen de réussir, c’est de se planter.

Jusqu’à ce que vous en ayez marre et passiez à autre chose, pourrais-je aussi ajouter !

C’est un peu ce qui est arrivé, avec mon idée saugrenue, et insistante, de faire de la bédé. Je dis saugrenue parce que c’est sans doute un des boulots les plus mal considérés, payés, et récompensés qu’on puisse trouver. Et insistante, parce que j’ai commencé dès l’âge de… nan même pas 15 ans, mes premières planches dataient de quand j’en avais 13 !

Bref, ça date quasi d’autant que de ma pratique du JDR, dans laquelle je suis tombée quand j’avais 11 ans, et que je n’ai peu ou prou jamais lâché.

Il n’y a jamais eu de bédé signée par Psychee. Je doute qu’il y en ait un jour une.

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Pourquoi ?

Parce que c’est LONG ! Parce que c’est franchement difficile, surtout quand on a de sales tendances perfectionnistes et insatisfaites, ce dont je suis nantie pour mon malheur. Parce que c’est frustrant, à tous points de vue, et parce que, de mon point de vue, mon niveau général de dessin, et la vitesse à laquelle je dessine n’y suffisent pas.

Mais surtout, parce que la somme de tout cela, ajoutée au coté : ça rapporte que dalle pour un travail de grand malade, achève de vous coller, sauf aux plus têtus/opiniâtres/courageux/inconscients, un sentiment que je déteste :

La frustration.

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Alors, bien sûr tout le monde a tendance à me dire que je devrais, que j’ai le talent pour, que ce serait super, etc. Il y a moins de 24 heures, qu’on me parlait de la super bédé que ferait Les Chants de Loss. Maintenant, ceux qui m’encouragent savent pourquoi je préfère ne plus m’y essayer.

La frustration est un truc qui m’insupporte au plus haut point, et me file de superbes épisodes de dépression. Et je peux amplement exploiter ma capacité à faire rêver les gens, sans m’en sentir frustrée par mon manque de talent dans le domaine de la bande dessinée.

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Voilà, la leçon fut prise : J’en ai eu marre, je suis passé à autre chose. Et je pense que cet autre chose, lui aussi ambitieux, et lui aussi dominé par mon éternelle insatisfaction d’obsédé de la perfection, est finalement bien moins frustrant, et tout aussi réjouissant.

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