Une autre charte de respect & de bonne conduite pour le JDR

Proposé par Stéphane Gallay, qui est nettement plus doué que moi pour faire court, direct et efficace, surtout pour les TL;DR, voici sa charte, axée surtout à l’usage en clubs et en conventions. Après tous, les gens font ce qu’ils veulent chez eux.
Une charte, c’est seulement une partie du boulot, cependant. Il y a l’information au public, la formation de l’encadrement, la mise en place de l’application de cette charte, la diffusion de son contenu, etc. De ce coté-là, j’irais interviewer d’ici peu l’équipe de la Convention Orc’idée sur la manière dont leur charte, un peu l’une des  premières du genre avec celle de la célèbre convention Octogones , et qui font modèle dans d’autres conventions, y compris en France et en Belgique, est appliquée et utilisée dans le cadre associatif et événementiel.
Donc, voici !

Préambule

Cette charte est conçue pour donner un cadre de bonne conduite pour des parties de jeu de rôle. À la base, elle est surtout prévue pour être utilisée dans le cadre d’événements publics ou semi-publics – conventions, tournois, parties de démonstration, etc.

Elle peut également être utilisée pour des parties dans un cadre privé, notamment entre joueurs qui ne se connaissent pas de prime abord.

Article 1

Une partie de jeu de rôle est ouverte à tous.

Il ne peut y avoir aucune distinction de genre, d’âge, d’orientation politique ou sexuelle, de croyance, de nationalité ou de couleur de peau. Les participants y sont rôlistes, avant tout, et rien d’autre et doivent être tous respectés d’égale manière.

Article 2

Le but d’une partie de jeu de rôle est que chaque participant s’amuse, dans le respect constant des différences et sensibilités.

Ce respect se fait en évitant toute forme de discrimination, qu’elle soit sur l’âge, le genre, l’expérience, l’orientation sexuelle, l’ethnie, la nationalité, etc. L’humour basé sur la stigmatisation, tout autant que la discrimination, les injures, les sous-entendus humiliants ainsi que toutes les formes de comportements de discrimination passive n’ont pas leur place dans une partie de jeu de rôle.

Article 3

Une partie de jeu de rôle implique, pour tous les participants, une bonne compréhension du contenu de la partie, principalement des thèmes et sujets abordés.

Certains thèmes et sujets sont de nature à toucher les sensibilités de chacun. Cela peut inclure des éléments du contexte (l’univers dans lequel se déroule le jeu), du type de personnages incarnés ou du genre de scénario.

Cette consultation a pour finalité que tous les participants puissent annoncer qu’ils sont d’accord avec ces contenus, ou émettre leurs réserves, y compris en décidant de ne pas participer. Le cas échéant, cette consultation peut aboutir à la mise en place de mécanismes de sécurisation.

Article 4

Rien ne justifie la discrimination d’un participant ou une violence verbale, psychologique ou physique, non plus que la  drague ou le contact physique non consentis.

Ceci est valable pour les interactions entre joueurs ou entre personnages.

Si un participant se sent agressé par une discrimination ou une violence commise sous couvert des relations entre les personnages, c’est qu’il est agressé lui-même et non son personnage.

De même, l’humour est une chose personnelle et propre à chacun. Ce que vous trouvez drôle ne l’est pas forcément pour d’autres participants. Il est de votre responsabilité d’être capable de comprendre que votre humour blesse autrui et accepter de l’éviter. Le meilleur des humours est celui qui fait rire tout le monde et ne blesse personne.

Article 5

Il incombe à tous les participants d’une partie de jeu de rôle de faire respecter ladite charte.

Il n’y a pas de « police du jeu de rôle », c’est aux participants eux-mêmes d’intervenir s’ils pensent être témoins d’un comportement inapproprié. Il est important de désamorcer des situations problématiques le plus tôt possible.

Il est important de soutenir les personnes qui se sentent victimes de comportements inappropriés, mais il est aussi important de le faire avec bienveillance, sans stigmatiser à priori ce qui est peut-être un malentendu.

Dans le cadre d’un événement public ou semi-public, l’organisation prendra soin de nommer un ou plusieurs référents à cette charte, qui pourront être contactés pour aider à la résolution des problèmes.

Article 6

La mise en place de mécanismes de sécurisation est fortement conseillée, surtout dans des parties où des thèmes problématiques sont identifiés.

Si le dialogue est l’outil le plus efficace pour désamorcer une situation problématique, ce n’est pas toujours possible. Il existe un certain nombre de mécanismes de sécurisation – voiles, gestuelle, carte X, etc. – qui permettent de faciliter la prise de parole en cas de gêne.

Même si ces outils ne sont pas utilisés pendant la partie, leur présence est rassurante.

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