Archives de catégorie : Un dessin par jour

Christmas drawing !

Pour ne pas perdre la tradition, mon dessin de Noël !  Joyeuses fêtes ! Je vous aime !

To not forget the tradition, this is my Christmas drawing! Happy Holidays ! I love you !

(illustration in 1680 px, for larges screens)

Lisa et son Lori/Lisa and his Lori.

Sexisme, morale, rôlistes et véritable parité féministe

J’avoue, cet article aurait sa place sur le site internet du jeu de rôle les Chants de Loss, mais comme on va aborder des sujets polémiques, je vais le poster sur mon blog personnel, et simplement le partager. Honnêtement, ce que je vais raconter n’est pas nouveau et soit vous vivez dans une caverne pour ne pas l’avoir remarqué, soit vous faites partie des cons concernés en premier chef et dommage pour vous.

Pourquoi je parle du sexisme en JDR ? Ben parce qu’il y a six mois environ, je quittais un groupe de discussion Facebook célèbre, « Discussions de rôlistes » après une énieme campagne d’attaques de DDOS sur mon blog ici-présent et d’insultes/menaces en message privés de la part de quelques fâcheux membres de ce groupe. La raison de ces sympathiques attentions ? Je suis une nana dans le monde du jeu de rôle, féministe à grande gueule, trans et lesbienne (oui, je cumule) relativement célèbre suite à deux bouquins et un jeu de rôle dont je suis co-auteur, et enfin, pour mes gribouillages dont je tente de vous régaler les yeux régulièrement.

Pourquoi je vous en reparle ? Parce que récemment, dans ce groupe, le sexisme est revenu à grands pas avec son lot de bêtises ce qui m’agace profondément. Je ne m’étalerai pas sur le détail, mais bref, un pauvre gars doit encore se mordre les doigts d’avoir posé une question innocente pour trouver un JDR à sa copine.

Mais il s’avère que ces soucis de sexisme commencent à déraper dans les grandes largeurs jusqu’à une tendance marquée de vouloir moraliser le jeu de rôle dans son ensemble, suivant les pas de la moralisation faux-cul de notre bonne société 2016, entre autres sur le sujet qui fait les joies des amateurs de shitsorm : la nudité ou la tenue des personnages, la prévalence ou pas de personnages féminins dans le contenu du jeu de rôle, leur illustration, et j’en passe.

Bref, c’est comme s’il fallait d’une part effacer l’imagine féminine, et surtout sexy, de produis culturels et la rhabiller, la voiler, la faire disparaitre et d’autre part la virer des espaces visibles de la communauté du jeu de rôle :

« cachez ce sein que je ne saurais voir. Par de pareils objets les âmes sont blessées, Et cela fait venir de coupables pensées. » (Le tartuffe, Molière)

Mais, mes agneaux, si ça vous dérange le bulbe oculaire, pourquoi donc tout en prétendant vous soucier de féminisme, vous ne faites pas haro sur les connards bruyants de votre petit univers qui s’en donnent à cœur-joie le plaisir de discriminer et harceler toute nana qui a le malheur de ne pas leur plaire ? Je ne parle même pas d’ouvrir sa gueule, y’a plus besoin ! Il suffit qu’une question ou un sujet les concernant viennent sur le tapis, et la shitstorm est enclenchée, parfois par les mêmes qui pousseront des cris d’orfraie pour un bonnet D ou un téton dévoilé !

Ce n’est pas une défense du féminisme que vous faites, juste du moralisme de dévot hypocrite. Je dis dévot, mais on n’a même plus besoin de la religion pour être con, désormais ; j’en demande d’avance pardon à ceux de mes connaissances croyantes qui, elles, conservent l’esprit ouvert et progressiste. Ils sont peu nombreux, mais je les chérie. Vous autres, donc je parle, par contre, permettez-moi de vous vomir. Votre combat n’a rien à voir avec le féminisme, comme je le rappelle avec forces exemples sur cet article-là. Non, votre combat, c’est gommer la femme et la faire disparaitre de l’espace publique que vous occupez.

Y compris donc dans le monde du jeu de rôle. C’est vrai que je vous comprends : on vous envahit inéluctablement et votre pré-carré se réduit comme peau de chagrin d’année en année. Vous êtes peu nombreux, alors vous augmentez le bruit, la fureur et la haine. Et le spectateur qui n’est guère au courant regarde cela et laisse faire, sans savoir que ces espaces de discussion et d’échange deviennent parfois des enfers pour tout ce qui ressemble à une nana –j’ose pas faire remarquer que c’est encore pire pour les gays et autres LGBT, c’est l’évidence même : le sexisme n’est que l’avant-garde de la haine de tout ce qui est différent de la norme mâle hétérosexuelle. Quand on crache à la gueule des femmes, on n’a pas de raison de ne pas faire pire sur les pédés.

Dans quelques mois sortira en boutique les Chants de Loss, le jeu de rôle. Univers complexe et uchronique inspiré de la Renaissance mais aussi un peu de l’Inquisition, où l’égalité n’existe pas, où le sexisme est une saloperie qui tombe en permanence sur les femmes, ou l’esclavage sexuelle est carrément une tradition considérée comme un art, où les femmes pour être libres doivent se battre, dans le sens premier du terme. Un jeu avec des illustrations faites de ma mimine, où il y a des nanas peu vêtues ou à poil.

Les romans ont été très bien accueillies mais m’ont valu d’une minorité de connards (et de connasses aussi hein, ne croyez pas que le sexisme et le moralisme sont dans le camp unique des porteurs de testicules) des attaques haineuses, rarement sous forme de commentaires publiques (le courage a ses limites) mais le plus souvent par email, messages privés, ou encore organisation d’attaque de DDOS sur mes blogs.

Je m’attends à pareil quand le jeu va sortir. En pire.

Mais une décision unilatérale a été prise pour le jeu de rôle et son contenu visuel. Nous ne nous censurerons en RIEN ! Vous ne voulez pas voir de nanas peu vêtues ? Ne l’achetez pas. Par contre et parce que c’est la logique même pour nous et qu’il n’y a pas de raisons, nous allons appliquer une règle de parité : chaque personnage dévêtu femelle appelle un équivalent mâle. Une pépée sexy donnera lieu à un bel éphèbe. A une nana en armure se verra répondre un mec en armure, etc. Il y en aura pour tous les gouts, y compris des gays. Mais aussi des moches, des gros, des heureux, des tristes, des parfaits, des malfoutus, des noirs, des jaunes des amérindiens –ha non, pas eux, pour des raisons inhérentes à cet univers, y’en a officiellement aucun, bon, ok.

Bref, dans la mesure du possible, nous appliquerons une parité dont le but est d’offrir pour tout le monde et tous les goûts. Ce n’est pas facile ! Moins que d’habiller toutes les meufs à poil et les effacer. Mais c’est immensément plus généreux, et moins faux-cul !

Maintenant, si vous voulez comprendre vraiment pourquoi ce choix, lisez l’article qui suit :

Le féminisme, by Psychée, en quelques mots

 

Les Chants de Loss, tome 2, Mélisaren, édité et disponible et le tome 1 réédité ! — Les Chants de Loss, le Jeu de Rôle

Il aura fallu deux ans, quelques centaines de litres de café et quelques milliers d’heures de rédaction, la prise de centaines de pages de notes, quelques centaines de discussions par email et messagerie et, pour ma part, bien des nuits blanches et des angoisses aussi, pour arriver à achever les 536 pages du tome 2.…

via Les Chants de Loss, tome 2, Mélisaren, édité et disponible et le tome 1 réédité ! — Les Chants de Loss, le Jeu de Rôle

Pas beaucoup de dessin récemment mais tout est relatif.

Et donc, parce que je ne vais pas trop m’attarder on vous montre les derniers réalisés. C’est vrai que je dessine moins que je voudrais, mais impératifs pour mon boulot sur le jeu de rôle Les Chants de Loss, et soucis de santé… et une sciatique et une table à dessin ne font PAS bon ménage…

Pour commencer l’avant-dernière illustration de la série Ringstadt qui paraitra dans le supplément de Tigres Volant, rédigé par Matthias Wiesmann :

Une étude de personnage, Eowyn… oui, derrière cette première étude il y a le projet d’ici un an de faire un album de bande dessinée, ou une série dans le monde de Tigres Volants et sur la base de nouvelles écrites par Stéphane Gallay :

Toujours Eowyn, avec un essai pour voir si je commence à la maitriser :

Une étude pour Inithil, autre personnage principal de mon projet de bédé :

 

 

Tribute to/ une dédicace à : Stjepan Šejic

(version française ci-dessous)

Three years ago, I discovered Stjepan Šejic and Sunstone, his comic book. His beautiful lines, his incredible talent, his other creations (Death Vigil, Rat Queen)… I was under his spell.

Two years ago, I decided to learn drawing from scratch. One more time. Stjepan Šejic became my role model. Not because I wanted to draw as he did. But because I wanted to reach his level someday.

For two long years, I had to learn everything again. Drop my habits, forget the way I used to draw, rediscover everything. I avidly watched the way Stjepan Šejic was working. Not just him, but mostly him. And several times, as I watched his tutorial videos, tears welled up in my eyes. As they do now.

I never backed down, and God knows I’m not gifted, and my health tried to stop me. I lost hope, often, I stopped trying, sometimes for weeks.

But yesterday, I tried once again. Slowly, I had learnt and actually progressed. And finally, all this work has paid off. Of course, I’m still far from my model. But it doesn’t matter. I was finally able to put into a single illustration what I wanted so much two years ago.

I want to dedicate those words to the one who made it all possible. Stjepan Šejic, thank you, from the bottom of my heart.

***

Il y a trois ans, je découvrais Stjepan Šejic et Sunstone. Son trait merveilleux, son talent incroyable et toutes ses autres œuvres (Death Vigil, Rat Queens). J’étais sous le charme.

Il y a deux ans, je décidais de réapprendre totalement à dessiner. Stjepan Šejic devint mon modèle. Pas parce que je voulais faire comme lui. Seulement parce que je voulais arriver un jour à parvenir à un petit peu de sa qualité.

Durant deux ans, j’ai du tout réapprendre. Et perdre mes habitudes, mon trait, tout redécouvrir. J’ai regardé avidement comment Stjepan Šejic travaillait. Pas que lui, bien sûr mais surtout lui. J’ai souvent pleuré d’émotion, comme j’ai des larmes aux yeux maintenant en écrivant, à regarder son talent dans ses quelques videos de travail.

Je n’ai jamais renoncé et dieu sait que je ne suis pas très douée et que souvent ma santé m’a freiné. J’ai souvent été démoralisée, parfois j’ai arrêté d’essayer, pendant des semaines.

Et hier, j’ai encore essayé. Pas à pas, j’ai progressé et appris. Et enfin, tout cet apprentissage est parvenu à ce que je rêvais de faire depuis deux ans. Ho, je suis si loin encore de ce modèle. Mais ce n’est pas grave. J’ai réussi à mettre dans une illustration tout ce que je rêvais de faire il y a deux ans.

Je dédie ceci à celui qui m’a permis d’y réussir : Stjepan Šejic, merci, de tout mon coeur.

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Et un gif animé avec toutes les étapes/ a animetad gif with steps :

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Et les deux films des débuts de la colo/ two making video :

 

Semaine difficile et de nouveaux progrès en colo

Bon, je ne peint toujours pas encore, parce que je n’ose pas encore, mais va bien falloir que je m’y remette. Mais c’est un peu compliqué : je réapprends à dessiner, ce qui implique de choisir quelles priorités donner à mes temps et efforts d’étude. Pour le moment, c’est surtout dans le dessin que je consacre mes efforts… et la colo.

Cette semaine ayant été sous le signe des microbes et mon moral morflant sévèrement à cause de mon état de santé, j’ai beaucoup passé de temps à me vider la tête en gribouillages d’études. En fait, j’ai même beaucoup de trucs à vous montrer, mais si vous voulez voir mon travail au jour le jour, le mieux est soit de me suivre sur Facebook, soit de me suivre sur Artstation où je poste toutes mes créations sur mon portfolio.

Et pour en revenir à la colo, j’ai osé sur des derniers travaux, d’abord timidement puis en y allant nettement plus franco, tester des méthodes de mise en couleurs apprises en étudiant le travail de Stjepan Sejic, qui est un peu un monstre en matière de peinture numérique. Cela se voit surtout de près . des coups de pinceaux fins, lâchés grossièrement puis affinés, sur des bases de teintes employant beaucoup de dégradés. J’emploie aussi des nuances plus franches, là aussi qui sont alors estompés non pas avec une minutie maniaque, mais plus avec un peu d’improvisation, ce qui donne une texture, un grain, que ce soit à des vétements ou à de la peau nue.

Bien sûr, on est très TRES loin de mon modèle. Mais le résultat donne pourtant des colorisations très réussies. Même si, par exemple, l’encrage prends alors une grande importance, et le mien est parfois encore trop épais pour les détails… le dosage pour un encrage que l’on veut mettre en couleurs avec richesse demande un peu d’efforts et plus de finesse.

Un exemple ici, avec un fond un peu improvisé, mais travaillé :

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Et de près, on voit ces coups de pinceau de couleur qui donne volume et relief, texture à l’ensemble.

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Et le dernier en date, où j’ai nettement plus osé y aller sur la peau nue, un exercice que je n’osais pas faire :

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Quelques zooms sur ces coups de pinceaux vus de près :

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L’hiver ne m’aime pas et on est Lundi.

On me dira, l’été non plus par moment. Mais je viens de me faire ma série des microbes de l’hiver, et si on y est pas encore officiellement, eux sont très actifs. J’ai donc trainé cette semaine et ce Lundi commence comme un mauvais Lundi. mais on bosse quand même, à la grands satisfaction entre autres de Thias et bien sûr, on dessine aussi pour Les Chants de Loss. Et on essaye enfin des trucs :

Les deux noirs et blancs suivants sont pour Les Chants de Loss, le JDR. Et je vais les mettre en couleurs, puisque la décision a été arrêtée par notre éditeur – qui n’a pas eu besoin de nous demander si on était d’accord, yahaa !-  que le livre du jeu serait en full couleurs et que l’on va passer tous mes noirs et blancs soit en tramés bichromie, soit en zolies couleurs. Oui, ça va prendre un moment et je vais me faire chier ! Mais c’est pour la bonne cause.

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Et puis ça, c’est un essai personnel quand j’étais malade cette semaine. Faire un portrait, c’est facile… j’ai voulu prendre ma propre technique et l’épurer au possible, puis voir ce que cela allait rendre avec une couleur très simple, mais recherchée. Et cel rends très bien, Lisa est adorable.

Mais j’ai eu une très grosse envie de la peindre vraiment. Je me suis retenue. Disons que je n’ai pas trop le temps en ce moment.

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Qui m’a inspiré au long de ma (petite) carrière d’illustratrice, part 2 sur 2

Donc suite de l’histoire de mes inspirations en illustration et nous nous en étions arrêté à mes 21-22 ans. Nous allons aller des années 90 à 2016. Vous verrez, y’a des trous assez importants dans la chronologie. C’est ceux où je n’avais guère le temps de m’intéresser à des inspirations et influences, parce que faut bien bosser pour vivre et que j’ai toujours eu une vie mouvementée.

Mais donc : on est en 1991 et personne en Europe ne connait celui qui va devenir une légende mondiale du film d’animation : Miyazaki. C’est là que je vais plonger dans le cinéma d’animation et le manga japonais, hors des sentiers battus, alors même que quasi personne à l’époque ne sait bien ce qui se crée au japon et que les premières boutiques de mangas et d’animés pointent juste timidement leur nez en Europe.

Un ami, un soir de discussion alors que je dessine une bière à la main, me montre, sur une VHS pourrave, un dessin animé étrange en japonais, sans sous-titre, dans un univers totalement barré mettant en scène une fille-guerrière vêtue de bleue et son aile volante à réacteur. Je ne comprends que très peu l’histoire, mais j’en pleure d’émotion comme une gosse.

Je venais de voir Nausicaä de la Vallée du Vent.  Je plongeais sans filet dans le plus prodigieux de l’univers visuel et cinématographique du manga par la plus grande et puissante des portes. A ce stade, c’était un gouffre. Je venais de voir le premier film de Miyazaki à quitter le Japon. Je ne m’en suis jamais remise.

Bon… qu’en dire ? Que je ne connais quasi personne qui n’ai pas été marqué par le génie du plus grand réalisateur contemporain de films d’animations, que j’ai dévoré ses artbooks, les livres parlant de son travail, le manga Nausicaä, incroyable de puissance, de style, de richesse et de profondeur ? Que j’en suis toujours profondément fan et qu’il est une des personnes vivantes sur cette planète que je respecte le plus ? Oui, tout est, en fait, dit. Miyazaki ne m’a rien apporté du point de vue technique en détail. Il m’a juste ouvert les yeux au point où, avant lui, je pense que culturellement, j’étais myope comme une vieille taupe. C’est aussi simple que cela.

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Et justement, alors que je me débats pour aller de petit boulot en petit boulot parce que sans trois tonnes de diplômes, ma médiocre compétence à dessiner des mickeys divers ne vaut rien, je commence à chercher des références essentielles dans tout ce qui est produit en bande dessinée. Finie la limite du franco-belge et des comics et manga de kiosque à tabac. Je cherche dans les boutiques spécialisées –rappel : 1991-1992… internet zeubi- et je tombe sur Watchmen de Moore et Gibbons.

Le comics, c’est le comics. J’aimais bien quand j’étais gosse. Et puis à force, ils se ressemblaient tous, au moins par le contenu si ce n’est pas le scénario et les dessins. Mais Watchmen : je prends une claque monstre. Je réalise la puissance que peut avoir la narration d’un scénario aussi mature, aussi bien pensé, la puissance d’une narration visuelle maitrisée sur des bases incroyablement classiques, et pourtant rendues novatrices au possible. J’ai changé de dimension et c’est Watchmen qui a fait de moi non plus une lectrice de produits de bédé, mais une étudiante acharnée de la narration visuelle. Encore aujourd’hui, je n’ai pas trouvé plus puissant. Juste « aussi » puissant, avec deux séries : Chroniques du 20ème Ciel et Universal War One.  Je vous en parle plus bas.

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Donc, je deviens une fan de mangas, avec cette obsession de trouver des auteurs au contenu visuel frappant ou original. En fait, il y en a plein, je ne vais pas les citer ici, plein de gens en parlent mieux que moi. Moi je vais parler de coups de cœurs : au milieu de ma recherche, donc, je tombe sur deux trucs qui, pour deux raisons bien différentes bien qu’à la base pour leurs visuels, vont m’inspirer énormément, j’en ai plusieurs artoooks :

Video Girl Aï, de Masakazu Katsura. L’auteur est connu en France pour avoir commis Wingman dont le dessin animé ne vole guère plus haut que sa bédé. En fait, avant et après Video Girl Aï, Katsura n’a jamais rien fait vraiment digne d’intérêt. Mais par contre visuellement, ça dépote souvent, une série d’OAV nommée Iria est un bonheur d’inspiration SF et de travail de qualité. Il a pourtant eu un trait de génie dans un manga en 15 volumes. Je vous ai dit que ma première grande émotion suscitée par de la bédé était Les Passagers du Vents, de Bourgeon ? La seconde, c’est Video Girl Aï, surtout dans deux chapitres de deux des volumes. En fait, j’en ai pleuré. Au point de devoir arrêter de lire parce que les larmes, ce n’est pas pratique. Il s’avère que j’ai prêté ces volumes pour faire l’expérience… ben j’ai pas du tout été la seule à chialer, et des mecs aussi, croyez-moi !

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Chirality, de Satoshi Urushihara. L’auteur est très connu pour son thème et ses pépées dévêtues particulièrement sexy et plusieurs animé sont de son character-design ou tirés de ses mangas. Honnêtement, en général, coté scénar et mise en scène, c’est médiocre. Mais Chirality est un coup de cœur pour lequel je serai totalement et absolument subjective de manière assumée à donf. J’adore cette histoire de SF post-apocalyptique autour d’une romance entre deux femmes, qui dure juste le bon nombre d’albums pour pas traîner dans la longueur, et qui ose des scènes érotiques entre femmes d’une finesse et d’une beauté qui me perçait le cœur. Bon, c’est quand même très fan-service, mais si je devais conseiller un truc de lui, il n’y aurait que cela. Sa manière de simplifier certains traits, de choisir certains points de vue très détaillés, d’oser parfois s’enfoncer dans le gore visuel, m’a beaucoup inspiré, même si j’en suis revenue depuis longtemps.

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Entre la fin des années 90 et 2005, je bouge beaucoup et ma vie devient assez intéressante, au sens chinois du terme. Bref, je n’ai plus le temps ou l’occasion de trouver des inspirations qui me marquent, même alors que je bosse à un moment en design artistique pour des jeux videos. Durant ce temps, à Paris, je me fais quand même le plaisir d’aller suivre les cours de cinéma de Douchet et de me former à la scénarisation visuelle toute seule comme une grande. Et puis, en allant fureter un soir dans une librairie, je tombe sur deux trucs qui me frappent vraiment et je repars avec :

Chroniques du XXeme Ciel, d’Yslaire. C’est la notion de graphic novel pris au pied de la lettre. Travail d’illustration, d’arts visuels, de graphisme, de design, de narration intime très aboutie, c’est un alien visuel et dramatique dans le monde de la bande dessinée, presque impossible à décrire. Sauf à vous dire : c’est génial et c’est un incroyable boulot à la puissance visuelle époustouflante. Là encore, c’est prendre une leçon sur comment casser les codes narratifs classiques pour les réécrire totalement. C’est en soit une œuvre d’art avant-gardiste, autant qu’une bédé au sujet formidable.

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Universal War One… bon là, Denis Bajram va apprendre que je suis VRAIMENT une de ses fans et que sa bédé m’a énormément marquée. Pas tant sur le design des personnages, mais sur sa maitrise des noirs et des lumières, sur son méchadesign tellement maitrisé, sur sa SF d’anticipation cohérente à la plus grande minutie… et enfin pour la perfection de son scénario hautement casse-gueule (parce que paradoxes temporels et théories sur la gravitation, tout ce qu’il faut pour se casser la figure dans une histoire). Oui, je suis fan. Ma compagne encore plus que moi. Mais plus que fan, j’ai entraperçu à cette époque une manière de travailler, de repenser mon travail, de réapprendre le dessin. C’était trop tôt et je n’ai commencé que quelques années après. Mais à ce moment-là, j’ai rouvert les UW1 ; et ils font partie de mes modèles quand je me demande : « merde, comment je vais encrer ça, moi ? »

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Et puis, il y a quatre ans… Entretemps, j’ai dû renoncer à un projet de bédé scénarisé par Lendraste dans le monde de Ryzom pour cause de… oui bon résumons, on nous a baisé, mais nous ne fûmes que des dégâts collatéraux et notre travail n’a été que l’une des choses qui ont coulés ce jour-là, y compris la boite qui gérait ce MMORPG à l’époque. Plus tard, je tentais de lancer un autre projet, mais je n’arrivais pas à avoir un niveau suffisant, il y avait trop longtemps que je ne dessinais plus, je devais aussi trouver du boulot, second projet avorté.

C’est en 2014 que je reprends vraiment mon métier d’illustratrice, tout en commençant à écrire Les Chants de Loss. Et là, je décide sérieusement de réapprendre à dessiner. Mais sur quelles bases ? Si j’ai des modèles qui m’interpellent pour le noir et blanc (Elmore, Vallero et surtout Frazetta et ses planches de Conan), je commence à fureter du côté de Deviant Art et des quelques artistes de haute volée qui y postent leurs œuvres.

Et celui qui va être celui qui va le plus me motiver, qui va servir de norme, de guide de niveau à atteindre en quelque sorte, tout en sachant que je le l’atteindrais pas, mais c’est pas grave, c’est Stjepan Šejić avec Sunstone. Bon, ai-je encore besoin de vous en parler ? Je partage ses postes Facebook, j’ai écrit des articles sur lui, je vous montre souvent son travail… Stjepan Šejić est surtout un monstre de travail. Etudier la manière dont il bosse, dont il partage quelques vidéos, mais aussi réaliser son incroyable productivité, m’a tout simplement donné la piste que je suis depuis pour réapprendre à dessiner…

Et puis… Sunstone. Rien vu d’aussi intelligent, matûre, drôle, beau, magnifique en matière de quelque bédé que ce soit, sur le thème du BDSM. Lisez-là, vous saurez pourquoi.

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Et puis, il y en a d’autres, mais je vous en montre ici deux à aller découvrir, de ceux qui me donnent de grosses leçons de travail, d’humilité aussi, mais encore d’engouement et de persévérance :

Marko Djurdjevic, illustrateur de Degenenesis :

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Artgerm, auteur de comics et professeur d’arts plastiques :

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Qui m’a inspiré au long de ma (petite) carrière d’illustratrice, part 1 sur 2

On ne dessine pas, on ne peint pas, on ne progresse pas sans inspirations dont on prend modèle. En fait, une grande partie de nos goûts eux-mêmes ne se forgent pas par des choix, mais par les hasards de ce qui nous influence. Hé non, vous n’avez pas choisi d’aimer ceci plutôt que cela. C’est l’influence d’éléments culturel au long de votre développement cognitif, puis à l’âge adulte en fonction de votre plasticité cérébrale et de vos expériences socio-culturelles qui affecte vos préférences, vos penchants, vos inspirations. Vos choix propres ne sont que le reflet de ces influences. Hé non, encore… on n’est jamais libres. Suffit d’avoir fait un peu de pub pour le savoir et le comprendre très vite !

Avant toute chose et c’est un élément à retenir, si j’ai choisi et commencé de faire de l’art ma vie professionnelle alors que je n’avais que 15 ans, la vie, justement, n’a pas exactement été enthousiaste avec le fait que je poursuive cette idée. Je n’ai donc fait de l’art et de l’illustration que pendant une grosse dizaine d’année (et encore…) sur les 30 ans entre cette décision et le moment où je tape ces lignes. Le reste du temps, j’ai pratiqué toute sortes de métiers et effectué toutes sortes de formations. J’en retiens surtout la pub, la communication visuelle, le travail social et la direction artistique. Bref…. Tout ça pour dire que y’a des trous béants dans ma propre culture et mes inspirations d’artiste. Et puis je commence à avoir le syndrome de la vieille conne sans télé dans sa caverne : c’est-à-dire que par exemple, le plus souvent si on me parle de trucs animés qui passent à la télé ou des derniers mangas ou comics à la mode… je suis paumée et j’en ai même jamais entendu parler !

Mais donc… Ouais donc j’ai commencé à 15 ans et mes premières inspirations à dessiner entre 15 et 20 ans ont commencé avec six auteurs d’un côté… et Récré A2 de l’autre et les émissions de dessins animés pour enfants qui se lâchaient sur les animés japonais. Parce que Albator. Parce que Chevaliers du Zodiaque. Parce que Les Merveilleuses Cités d’Or. Parce que Ulysse 31, ou encore Cobra ou Il était une fois l’Espace. Vous noterez très vite que j’ai aucunes inspirations classiques en art. Ce n’est pas vrai car je voue une admiration sans borne à Magritte, Dürer, Dali, Mucha et Rembrandt ; mais ce n’est pas de là que j’ai pris des modèles au départ.

Et puis, après le passage où, gamine, je cherchais qui « copier » pour gribouiller et comment faire des choses toute seule, j’ai commencé à acheter des artbooks, des bédés et des mangas non pour les lire, mais les étudier tandis que je prenais des cours pénibles d’anatomie artistique avec un de mes ainés et génie du dessin classique à l’époque, Michel-Ange Poggi (oui, son prénom l’a inspiré).

Le premier de ces auteurs c’était Seron, dessinateur des Petits Hommes. Parce que SF. Parce que style très franco-belge et pas mal influencé par Franquin. Parce que méchadesigns à tous les étages. Et parce que SF : je l’ai déjà dit mais vous allez réaliser que c’est un peu un leitmotiv pour moi. Sauf que quand on t’apprend le dessin réaliste et l’anatomie artistique, Seron est un modèle un peu limité. Ça n’a donc pas duré, mais ça m’a quand même beaucoup influencée dès le départ.

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Et juste après, il y a Roger Leloup et les Yoko Tsuno. Haaa, les aventures spatiales avec les vinéens. J’ai toujours dit que si Roger Leloup avait eu un vrai bon scénariste qui le suive dans ses idées, ce serait une des plus grandes séries de bédé de tous les temps. C’est son point faible. Mais moi, c’était encore une fois en premier lieu dans le méchadesign contemporain et de SF que je cherchais mes inspirations, mais aussi dans les énormes évolutions du dessin de l’auteur que je nourrissais ma propre motivation. Et puis… la quasi première série de bédé féministe mettant en scène un personnage fort jamais caricaturé ! Forcément que je ne pouvais que l’aimer !

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Ensuite vient Rahan, dessiné par André Chéret. Parce que mouvements ! Parce que encrages magnifiques ! Parce que anatomie maitrisée ! Parce que cadrages qui pètent ! Rahan, c’est le dessin d’un français qui rencontre le pulp  et le comics américain des années 70 et qui décide de tout exploser pour en extraire sa propre patte unique. Des années plus tard, André Chéret est devenu mon « papa » en dessin…On s’est écrit plusieurs fois, il m’a donné des conseils uniques, j’ai pu le rencontrer et son travail m’a servi de norme de ma propre qualité. Sans cette rencontre, j’aurais jamais jeté tout ce que j’ai fait en dessin pour tout recommencer et réapprendre à dessiner, avec un enthousiasme et un acharnement que vous constatez encore.

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Au passage, j’ai lu Les Passagers du Vent de Bourgeon. Et ça a laissé des traces, surtout dans ma façon de penser ce qu’est le récit. Déjà parce que c’est la première fois que des cases de bédé me filaient la nausée et un vrai mal-être, c’est-à-dire une puissante transmission d’émotion, mais aussi parce que c’est la première bédé adulte avec un sujet de fond aussi grave que je lisais. Elle m’a amplement faire remonter mon niveau de recherche et de considération de la bande dessinée.

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Et c’est là, à peu près vers mes 18 ans, qu’arrive le manga en librairie. Et que je peux lire et étudier deux monstres qui vont me marquer à jamais : Katsuhiro Ōtomo et Masamune Shirow. Je n’ai quasi eu aucun intérêt, à part poli, pour tout le reste de l’époque ! Il faudra attendre que j’ai 21-22 ans pour prendre ma seconde claque nipponne. La première vient de ces deux-là.

La baffe n’a pas tellement duré avec Otomo. Il a un style tel que, sauf de l’admiration et la prise de conscience que ce gars avait tout un studio derrière lui pour travailler les décors, les mises en scènes, les encrages de ces planches, je n’en ai pas extrait grand-chose si ce n’est la découverte, avec respect, considération et intérêt, qu’au Pays du Soleil Levant y’avait des monstres de la bédé faisant bien autre chose que des aventures pour gosses et adolescents pas toujours bien dessinées. D’otomo, j’ai d’ailleurs été bien plus frappée par Rêves d’Enfants que par Akira. Si vous ne connaissez pas, foncez !

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Par contre Masamune Shirow….

J’ai des posters de ses œuvres dont un dans mon bureau, juste pour me rappeler que j’arrive doucement à faire ce que je considère de « même qualité » que son travail. J’ai tous ses artbooks (oui, même ceux de cul), pratiquement tous ses albums. Pourquoi lui, pourquoi à ce point ? Pour Appleseed. Et, non, pas pour Ghost In The Shell, dont je préfère largement le magnifique et unique film d’animation de Mamoru Oshii (qui n’a pas pris une ride depuis 1995). Une sorte de claque scénaristique gigantesque, aussi violente que la baffe que je prenais en architecture, mechadesign, composition, mouvement et rythme visuel. Etrangement, je n’ai plus ouvert ses artbooks et ses bédés depuis 3-4 ans. Je pense que mes références ont grandement changées. Mon admiration et mon respect, eux, restent intacts. Et quand j’ai envie de rebosser du méchadesign, il reste toujours une inspiration énorme.

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J’ai donc 20 ans, on est en 1991, je me suis pris des claques visuelles remarquables. Mais c’est loin d’être fini. Je n’ai pas encore entendu parler de Miyazaki et je n’ai encore jamais croisé le travail de Moore et Gibbons pour Watchmen. Ça va changer et ça va me frapper encore plus fort et pour longtemps.

Ce sera pour l’article suivant, qui arrive ce soir  !

Quelques trucs pour qui veut s’améliorer en illustration & dessin

Bon, ceux-ci ne viennent que d’une professionnelle lambda. Je ne peux pas me vanter d’avoir un haut niveau de travail, même pas d’une vraie renommée -en tout cas, pas pour ça.
Par contre, je peux me vanter d’un entêtement obstiné à travailler à progresser en permanence, et d’avoir pu pousser des gens à se lancer dans l’illustration, le design, le graphisme etc… J’ai eu pas mal d’élèves, et certains sont désormais même meilleurs que moi.
Donc, quelques conseils, souvent des évidences, parfois de petits trucs, pour vous lancer. J’en donnerai d’autres régulièrement.
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1- On ne peut pas progresser sans montrer ce qu’on fait.

Ouais, je sais… oser montrer des bafouilles moches, dur dur. On a peur du jugement du spectateur et, pire, du regard des pairs. Mais en fait, il faut oser. A quoi cela sert-il ? Ben à être émulé par les gens qui vont aimer ce que vous faites ou tentez de faire, déjà. Et ensuite, parce que parmi les spectateurs, un autre dessineux va venir tôt ou tard vous proposer des trucs, conseils et astuces… et en glanant ici et là confiance et bons conseils, l’émulation vous donne envie de continuer et progresser. Travailler seul sans jamais rien montrer, le plus souvent, conduit juste à laisser tomber, démotivé.

2- Le meilleur des modèles, c’est le réel.

Pour dessiner, il faut mémoriser des formes et des routines de travail. Pour mémoriser, il faut observer et copier. Et la première chose à copier n’est pas d’autres illustrations, mais le réel. Une peinture de verre d’eau parfaite reste une peinture. Un verre d’eau en photo ou devant vous à reproduire, c’est une autre paire de manche, un défi quand on ne sait pas faire, qui demande un exercice mental puissant… et qui vous fait progresser. Internet est votre ami, trouver des photos de tout et le reste n’est pas difficile. Usez-en, abusez-en. Vous ne savez pas faire quelque chose ? N’improvisez pas ; allez voir à quoi ça ressemble et copiez-le. Au final, plus vous allez copier, moins vous aurez besoin de recommencer pour un même sujet… vous travaillez votre mémoire visuelle, votre interprétation des formes, et c’est ça qui est à la base de votre compétence à l’illustration.
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3- On n’échoue pas, on essaye jusqu’à ce qu’on y arrive.

Avant d’aborder un quatrième point bien spécifique sur la méthodologie de la création de quoi que ce soit sur du papier réel ou virtuel, on va parler du truc tellement évident, mais que tant de personnes tentent d’esquiver : la copie encore et encore, l’exercice chiant répété sans cesse.
Vous ne pourrez jamais dessiner une tête humaine réussie du premier coup. Pas du second ni du troisième non plus. Chaque échec, chaque truc moche que vous sortez est une réussite : chaque exercice vous a apporté un peu plus de compétence et de compréhension de la méthode à suivre et, à chaque nouvel essai, tous les essais précédents sont dans votre tête et vous servent à réussir. Alors, ben c’est clair… croquer dix, vingt, trente têtes humaines avant qu’enfin ça ressemble à quelque chose, ça ne va être que le début. Bienvenue dans le monde merveilleux des dessinateurs. Mais c’est ainsi que vous allez apprendre et réussir à dessiner.

4- La méthodologie, des gars l’ont trouvé 500 ans avant vous.

Oui, je pense bien sûr à Leonard de Vinci et à son homme de Vitruve, un modèle de proportions humaines quasi parfait. Ben de ça, d’autres avant lui et bien après, découle des trucs et des méthodes pour comprendre comment on construit des humains, des animaux… mais aussi des architectures, des paysages, des mises en scènes et des compositions. Les librairies d’art regorgent de traités, manuels et livres. Cherchez-les, cherchez ce que conseillent des artistes et illustrateurs et, mieux encore, des profs d’arts plastiques. Et n’essayez pas d’improviser. Des gars ont mis une vie à trouver ces trucs… c’est le temps que cela pourrait bien vous prendre de bosser sans méthodologie ni guides techniques.

5- Pour caricaturer, il faut savoir dessiner du réalisme.

Ce dernier point pour ce billet, pour rappeler que que vous aimez le franco-belge à gros nez, le dessin type Disney ou le manga, pour les meilleurs dans ce domaine et les autres, avant d’avoir ces styles, ce sont de bons techniciens classiques, qui savent tous, peu ou prou, dessiner du réalisme le plus académique qui soit. Oui, je casse des rêves. Mais parce que pour vous approprier le réel et le déformer à votre sauce, vous devez commencer par avoir compris et analysé le réel. Bref… pour faire de très bons styles et même si ce n’est pas forcément obligatoire, il faut malgré tout avoir appris à représenter le réel tel que vous le voyez, de la manière la plus réaliste et fidèle possible.
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Limousine, avant et après 17 ans d’écart

Au départ c’était censée être l’illustration la plus facile de la série commandé par Matthias Wiesmann pour Ringstadt. Finalement, voulant quelque chose de vraiment réussi et y rajouter une perspective un peu aboutie, vu que je m’y entraine un peu en ce moment, elle est devenue la plus ardue à réaliser.

Et le plus drôle est de la comparer à son original. C’était y’a 17 ans, et c’était pour l’ébauche éventuelle de supplément de jeu de rôle que Thias mets en ce moment en page et que j’illustre donc. Vous verrez le résultat ci-dessous, après l’image en grand format. Mais autant  dire qu’en 17 ans, ça change beaucoup !

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Et donc ci-dessous, la version avant-après de l’illustration :

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Et pour finir, les étapes de la création, en gif animé. Enjoy !!

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Bien sûr que je ferai toujours des nus et vous les montrerai !

Parlons de dessins et de nus érotiques -ou pas. Je viens de poster sur ma boutique Redbubble une illustration que vous aviez adoré, en même temps que mon dernier nu de Lisa, Vous pouvez donc les retrouver ici et commander des posters, tee-shirts, tirages d’art et autres mugs, sacs, et goodies :

https://www.redbubble.com/fr/people/psychee/works/23857818-pleasure-slave?asc=u

http://www.redbubble.com/fr/people/psychee/works/23857935-anis-with-leaves?asc=u

Les voici donc, enjoy !

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J’ai juste trouvé le truc pour éviter de trop attirer les connards qui apparemment depuis quelques jours et une certaine élection se sentent pousser des ailes à leur obsession de censurer tout ce qui choque la morale selon eux sur les réseaux sociaux, et, toujours apparemment, ça ne concerne pas que des illustrations érotiques. J’ai vu passer pas mal de ban en vrac, aussi bien de groupes que de militants ou artistes et créatifs LGBT. Vu la manière absurde dont fonctionne le moteur de censure et bannissement de Facebook, les connards auraient en effet tort de se gêner.

Du reste, la solution trouvée est simple : j’upload mes travaux et roughs de nus et érotiques sur Pinterest et ensuite je partage le lien vers Facebook. Comme seul un thumbnail externe est affiché, je contourne légalement leur système. Pour le moment, ça fonctionne. Ça ne soigne pas le délire de censure des cinglés qui se sont acharnés ces derniers temps sur tout et n’importe quoi, mais ça me permets de faire plaisir é mes fans en évitant trop d’ennuis.