Tribute to/ une dédicace à : Stjepan Šejic

(version française ci-dessous)

Three years ago, I discovered Stjepan Šejic and Sunstone, his comic book. His beautiful lines, his incredible talent, his other creations (Death Vigil, Rat Queen)… I was under his spell.

Two years ago, I decided to learn drawing from scratch. One more time. Stjepan Šejic became my role model. Not because I wanted to draw as he did. But because I wanted to reach his level someday.

For two long years, I had to learn everything again. Drop my habits, forget the way I used to draw, rediscover everything. I avidly watched the way Stjepan Šejic was working. Not just him, but mostly him. And several times, as I watched his tutorial videos, tears welled up in my eyes. As they do now.

I never backed down, and God knows I’m not gifted, and my health tried to stop me. I lost hope, often, I stopped trying, sometimes for weeks.

But yesterday, I tried once again. Slowly, I had learnt and actually progressed. And finally, all this work has paid off. Of course, I’m still far from my model. But it doesn’t matter. I was finally able to put into a single illustration what I wanted so much two years ago.

I want to dedicate those words to the one who made it all possible. Stjepan Šejic, thank you, from the bottom of my heart.

***

Il y a trois ans, je découvrais Stjepan Šejic et Sunstone. Son trait merveilleux, son talent incroyable et toutes ses autres œuvres (Death Vigil, Rat Queens). J’étais sous le charme.

Il y a deux ans, je décidais de réapprendre totalement à dessiner. Stjepan Šejic devint mon modèle. Pas parce que je voulais faire comme lui. Seulement parce que je voulais arriver un jour à parvenir à un petit peu de sa qualité.

Durant deux ans, j’ai du tout réapprendre. Et perdre mes habitudes, mon trait, tout redécouvrir. J’ai regardé avidement comment Stjepan Šejic travaillait. Pas que lui, bien sûr mais surtout lui. J’ai souvent pleuré d’émotion, comme j’ai des larmes aux yeux maintenant en écrivant, à regarder son talent dans ses quelques videos de travail.

Je n’ai jamais renoncé et dieu sait que je ne suis pas très douée et que souvent ma santé m’a freiné. J’ai souvent été démoralisée, parfois j’ai arrêté d’essayer, pendant des semaines.

Et hier, j’ai encore essayé. Pas à pas, j’ai progressé et appris. Et enfin, tout cet apprentissage est parvenu à ce que je rêvais de faire depuis deux ans. Ho, je suis si loin encore de ce modèle. Mais ce n’est pas grave. J’ai réussi à mettre dans une illustration tout ce que je rêvais de faire il y a deux ans.

Je dédie ceci à celui qui m’a permis d’y réussir : Stjepan Šejic, merci, de tout mon coeur.

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Et un gif animé avec toutes les étapes/ a animetad gif with steps :

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Et les deux films des débuts de la colo/ two making video :

 

Chapitre 1- L’Astrolabe — Les Chants de Loss

Il regardait son père gisant au sol, le corps encore secoué de spasmes mous comme une marionnette ridicule qu’on eut secouée par ses fils. Le large poignard était fiché en travers de sa nuque et la lame avait percé la boite crânienne jusqu’à ressortir par le palais. Le sang coulait en flot de la bouche…

via Chapitre 1- L’Astrolabe — Les Chants de Loss

Semaine difficile et de nouveaux progrès en colo

Bon, je ne peint toujours pas encore, parce que je n’ose pas encore, mais va bien falloir que je m’y remette. Mais c’est un peu compliqué : je réapprends à dessiner, ce qui implique de choisir quelles priorités donner à mes temps et efforts d’étude. Pour le moment, c’est surtout dans le dessin que je consacre mes efforts… et la colo.

Cette semaine ayant été sous le signe des microbes et mon moral morflant sévèrement à cause de mon état de santé, j’ai beaucoup passé de temps à me vider la tête en gribouillages d’études. En fait, j’ai même beaucoup de trucs à vous montrer, mais si vous voulez voir mon travail au jour le jour, le mieux est soit de me suivre sur Facebook, soit de me suivre sur Artstation où je poste toutes mes créations sur mon portfolio.

Et pour en revenir à la colo, j’ai osé sur des derniers travaux, d’abord timidement puis en y allant nettement plus franco, tester des méthodes de mise en couleurs apprises en étudiant le travail de Stjepan Sejic, qui est un peu un monstre en matière de peinture numérique. Cela se voit surtout de près . des coups de pinceaux fins, lâchés grossièrement puis affinés, sur des bases de teintes employant beaucoup de dégradés. J’emploie aussi des nuances plus franches, là aussi qui sont alors estompés non pas avec une minutie maniaque, mais plus avec un peu d’improvisation, ce qui donne une texture, un grain, que ce soit à des vétements ou à de la peau nue.

Bien sûr, on est très TRES loin de mon modèle. Mais le résultat donne pourtant des colorisations très réussies. Même si, par exemple, l’encrage prends alors une grande importance, et le mien est parfois encore trop épais pour les détails… le dosage pour un encrage que l’on veut mettre en couleurs avec richesse demande un peu d’efforts et plus de finesse.

Un exemple ici, avec un fond un peu improvisé, mais travaillé :

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Et de près, on voit ces coups de pinceau de couleur qui donne volume et relief, texture à l’ensemble.

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Et le dernier en date, où j’ai nettement plus osé y aller sur la peau nue, un exercice que je n’osais pas faire :

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Quelques zooms sur ces coups de pinceaux vus de près :

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L’hiver ne m’aime pas et on est Lundi.

On me dira, l’été non plus par moment. Mais je viens de me faire ma série des microbes de l’hiver, et si on y est pas encore officiellement, eux sont très actifs. J’ai donc trainé cette semaine et ce Lundi commence comme un mauvais Lundi. mais on bosse quand même, à la grands satisfaction entre autres de Thias et bien sûr, on dessine aussi pour Les Chants de Loss. Et on essaye enfin des trucs :

Les deux noirs et blancs suivants sont pour Les Chants de Loss, le JDR. Et je vais les mettre en couleurs, puisque la décision a été arrêtée par notre éditeur – qui n’a pas eu besoin de nous demander si on était d’accord, yahaa !-  que le livre du jeu serait en full couleurs et que l’on va passer tous mes noirs et blancs soit en tramés bichromie, soit en zolies couleurs. Oui, ça va prendre un moment et je vais me faire chier ! Mais c’est pour la bonne cause.

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Et puis ça, c’est un essai personnel quand j’étais malade cette semaine. Faire un portrait, c’est facile… j’ai voulu prendre ma propre technique et l’épurer au possible, puis voir ce que cela allait rendre avec une couleur très simple, mais recherchée. Et cel rends très bien, Lisa est adorable.

Mais j’ai eu une très grosse envie de la peindre vraiment. Je me suis retenue. Disons que je n’ai pas trop le temps en ce moment.

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Qui m’a inspiré au long de ma (petite) carrière d’illustratrice, part 2 sur 2

Donc suite de l’histoire de mes inspirations en illustration et nous nous en étions arrêté à mes 21-22 ans. Nous allons aller des années 90 à 2016. Vous verrez, y’a des trous assez importants dans la chronologie. C’est ceux où je n’avais guère le temps de m’intéresser à des inspirations et influences, parce que faut bien bosser pour vivre et que j’ai toujours eu une vie mouvementée.

Mais donc : on est en 1991 et personne en Europe ne connait celui qui va devenir une légende mondiale du film d’animation : Miyazaki. C’est là que je vais plonger dans le cinéma d’animation et le manga japonais, hors des sentiers battus, alors même que quasi personne à l’époque ne sait bien ce qui se crée au japon et que les premières boutiques de mangas et d’animés pointent juste timidement leur nez en Europe.

Un ami, un soir de discussion alors que je dessine une bière à la main, me montre, sur une VHS pourrave, un dessin animé étrange en japonais, sans sous-titre, dans un univers totalement barré mettant en scène une fille-guerrière vêtue de bleue et son aile volante à réacteur. Je ne comprends que très peu l’histoire, mais j’en pleure d’émotion comme une gosse.

Je venais de voir Nausicaä de la Vallée du Vent.  Je plongeais sans filet dans le plus prodigieux de l’univers visuel et cinématographique du manga par la plus grande et puissante des portes. A ce stade, c’était un gouffre. Je venais de voir le premier film de Miyazaki à quitter le Japon. Je ne m’en suis jamais remise.

Bon… qu’en dire ? Que je ne connais quasi personne qui n’ai pas été marqué par le génie du plus grand réalisateur contemporain de films d’animations, que j’ai dévoré ses artbooks, les livres parlant de son travail, le manga Nausicaä, incroyable de puissance, de style, de richesse et de profondeur ? Que j’en suis toujours profondément fan et qu’il est une des personnes vivantes sur cette planète que je respecte le plus ? Oui, tout est, en fait, dit. Miyazaki ne m’a rien apporté du point de vue technique en détail. Il m’a juste ouvert les yeux au point où, avant lui, je pense que culturellement, j’étais myope comme une vieille taupe. C’est aussi simple que cela.

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Et justement, alors que je me débats pour aller de petit boulot en petit boulot parce que sans trois tonnes de diplômes, ma médiocre compétence à dessiner des mickeys divers ne vaut rien, je commence à chercher des références essentielles dans tout ce qui est produit en bande dessinée. Finie la limite du franco-belge et des comics et manga de kiosque à tabac. Je cherche dans les boutiques spécialisées –rappel : 1991-1992… internet zeubi- et je tombe sur Watchmen de Moore et Gibbons.

Le comics, c’est le comics. J’aimais bien quand j’étais gosse. Et puis à force, ils se ressemblaient tous, au moins par le contenu si ce n’est pas le scénario et les dessins. Mais Watchmen : je prends une claque monstre. Je réalise la puissance que peut avoir la narration d’un scénario aussi mature, aussi bien pensé, la puissance d’une narration visuelle maitrisée sur des bases incroyablement classiques, et pourtant rendues novatrices au possible. J’ai changé de dimension et c’est Watchmen qui a fait de moi non plus une lectrice de produits de bédé, mais une étudiante acharnée de la narration visuelle. Encore aujourd’hui, je n’ai pas trouvé plus puissant. Juste « aussi » puissant, avec deux séries : Chroniques du 20ème Ciel et Universal War One.  Je vous en parle plus bas.

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Donc, je deviens une fan de mangas, avec cette obsession de trouver des auteurs au contenu visuel frappant ou original. En fait, il y en a plein, je ne vais pas les citer ici, plein de gens en parlent mieux que moi. Moi je vais parler de coups de cœurs : au milieu de ma recherche, donc, je tombe sur deux trucs qui, pour deux raisons bien différentes bien qu’à la base pour leurs visuels, vont m’inspirer énormément, j’en ai plusieurs artoooks :

Video Girl Aï, de Masakazu Katsura. L’auteur est connu en France pour avoir commis Wingman dont le dessin animé ne vole guère plus haut que sa bédé. En fait, avant et après Video Girl Aï, Katsura n’a jamais rien fait vraiment digne d’intérêt. Mais par contre visuellement, ça dépote souvent, une série d’OAV nommée Iria est un bonheur d’inspiration SF et de travail de qualité. Il a pourtant eu un trait de génie dans un manga en 15 volumes. Je vous ai dit que ma première grande émotion suscitée par de la bédé était Les Passagers du Vents, de Bourgeon ? La seconde, c’est Video Girl Aï, surtout dans deux chapitres de deux des volumes. En fait, j’en ai pleuré. Au point de devoir arrêter de lire parce que les larmes, ce n’est pas pratique. Il s’avère que j’ai prêté ces volumes pour faire l’expérience… ben j’ai pas du tout été la seule à chialer, et des mecs aussi, croyez-moi !

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Chirality, de Satoshi Urushihara. L’auteur est très connu pour son thème et ses pépées dévêtues particulièrement sexy et plusieurs animé sont de son character-design ou tirés de ses mangas. Honnêtement, en général, coté scénar et mise en scène, c’est médiocre. Mais Chirality est un coup de cœur pour lequel je serai totalement et absolument subjective de manière assumée à donf. J’adore cette histoire de SF post-apocalyptique autour d’une romance entre deux femmes, qui dure juste le bon nombre d’albums pour pas traîner dans la longueur, et qui ose des scènes érotiques entre femmes d’une finesse et d’une beauté qui me perçait le cœur. Bon, c’est quand même très fan-service, mais si je devais conseiller un truc de lui, il n’y aurait que cela. Sa manière de simplifier certains traits, de choisir certains points de vue très détaillés, d’oser parfois s’enfoncer dans le gore visuel, m’a beaucoup inspiré, même si j’en suis revenue depuis longtemps.

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Entre la fin des années 90 et 2005, je bouge beaucoup et ma vie devient assez intéressante, au sens chinois du terme. Bref, je n’ai plus le temps ou l’occasion de trouver des inspirations qui me marquent, même alors que je bosse à un moment en design artistique pour des jeux videos. Durant ce temps, à Paris, je me fais quand même le plaisir d’aller suivre les cours de cinéma de Douchet et de me former à la scénarisation visuelle toute seule comme une grande. Et puis, en allant fureter un soir dans une librairie, je tombe sur deux trucs qui me frappent vraiment et je repars avec :

Chroniques du XXeme Ciel, d’Yslaire. C’est la notion de graphic novel pris au pied de la lettre. Travail d’illustration, d’arts visuels, de graphisme, de design, de narration intime très aboutie, c’est un alien visuel et dramatique dans le monde de la bande dessinée, presque impossible à décrire. Sauf à vous dire : c’est génial et c’est un incroyable boulot à la puissance visuelle époustouflante. Là encore, c’est prendre une leçon sur comment casser les codes narratifs classiques pour les réécrire totalement. C’est en soit une œuvre d’art avant-gardiste, autant qu’une bédé au sujet formidable.

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Universal War One… bon là, Denis Bajram va apprendre que je suis VRAIMENT une de ses fans et que sa bédé m’a énormément marquée. Pas tant sur le design des personnages, mais sur sa maitrise des noirs et des lumières, sur son méchadesign tellement maitrisé, sur sa SF d’anticipation cohérente à la plus grande minutie… et enfin pour la perfection de son scénario hautement casse-gueule (parce que paradoxes temporels et théories sur la gravitation, tout ce qu’il faut pour se casser la figure dans une histoire). Oui, je suis fan. Ma compagne encore plus que moi. Mais plus que fan, j’ai entraperçu à cette époque une manière de travailler, de repenser mon travail, de réapprendre le dessin. C’était trop tôt et je n’ai commencé que quelques années après. Mais à ce moment-là, j’ai rouvert les UW1 ; et ils font partie de mes modèles quand je me demande : « merde, comment je vais encrer ça, moi ? »

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Et puis, il y a quatre ans… Entretemps, j’ai dû renoncer à un projet de bédé scénarisé par Lendraste dans le monde de Ryzom pour cause de… oui bon résumons, on nous a baisé, mais nous ne fûmes que des dégâts collatéraux et notre travail n’a été que l’une des choses qui ont coulés ce jour-là, y compris la boite qui gérait ce MMORPG à l’époque. Plus tard, je tentais de lancer un autre projet, mais je n’arrivais pas à avoir un niveau suffisant, il y avait trop longtemps que je ne dessinais plus, je devais aussi trouver du boulot, second projet avorté.

C’est en 2014 que je reprends vraiment mon métier d’illustratrice, tout en commençant à écrire Les Chants de Loss. Et là, je décide sérieusement de réapprendre à dessiner. Mais sur quelles bases ? Si j’ai des modèles qui m’interpellent pour le noir et blanc (Elmore, Vallero et surtout Frazetta et ses planches de Conan), je commence à fureter du côté de Deviant Art et des quelques artistes de haute volée qui y postent leurs œuvres.

Et celui qui va être celui qui va le plus me motiver, qui va servir de norme, de guide de niveau à atteindre en quelque sorte, tout en sachant que je le l’atteindrais pas, mais c’est pas grave, c’est Stjepan Šejić avec Sunstone. Bon, ai-je encore besoin de vous en parler ? Je partage ses postes Facebook, j’ai écrit des articles sur lui, je vous montre souvent son travail… Stjepan Šejić est surtout un monstre de travail. Etudier la manière dont il bosse, dont il partage quelques vidéos, mais aussi réaliser son incroyable productivité, m’a tout simplement donné la piste que je suis depuis pour réapprendre à dessiner…

Et puis… Sunstone. Rien vu d’aussi intelligent, matûre, drôle, beau, magnifique en matière de quelque bédé que ce soit, sur le thème du BDSM. Lisez-là, vous saurez pourquoi.

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Et puis, il y en a d’autres, mais je vous en montre ici deux à aller découvrir, de ceux qui me donnent de grosses leçons de travail, d’humilité aussi, mais encore d’engouement et de persévérance :

Marko Djurdjevic, illustrateur de Degenenesis :

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Artgerm, auteur de comics et professeur d’arts plastiques :

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Qui m’a inspiré au long de ma (petite) carrière d’illustratrice, part 1 sur 2

On ne dessine pas, on ne peint pas, on ne progresse pas sans inspirations dont on prend modèle. En fait, une grande partie de nos goûts eux-mêmes ne se forgent pas par des choix, mais par les hasards de ce qui nous influence. Hé non, vous n’avez pas choisi d’aimer ceci plutôt que cela. C’est l’influence d’éléments culturel au long de votre développement cognitif, puis à l’âge adulte en fonction de votre plasticité cérébrale et de vos expériences socio-culturelles qui affecte vos préférences, vos penchants, vos inspirations. Vos choix propres ne sont que le reflet de ces influences. Hé non, encore… on n’est jamais libres. Suffit d’avoir fait un peu de pub pour le savoir et le comprendre très vite !

Avant toute chose et c’est un élément à retenir, si j’ai choisi et commencé de faire de l’art ma vie professionnelle alors que je n’avais que 15 ans, la vie, justement, n’a pas exactement été enthousiaste avec le fait que je poursuive cette idée. Je n’ai donc fait de l’art et de l’illustration que pendant une grosse dizaine d’année (et encore…) sur les 30 ans entre cette décision et le moment où je tape ces lignes. Le reste du temps, j’ai pratiqué toute sortes de métiers et effectué toutes sortes de formations. J’en retiens surtout la pub, la communication visuelle, le travail social et la direction artistique. Bref…. Tout ça pour dire que y’a des trous béants dans ma propre culture et mes inspirations d’artiste. Et puis je commence à avoir le syndrome de la vieille conne sans télé dans sa caverne : c’est-à-dire que par exemple, le plus souvent si on me parle de trucs animés qui passent à la télé ou des derniers mangas ou comics à la mode… je suis paumée et j’en ai même jamais entendu parler !

Mais donc… Ouais donc j’ai commencé à 15 ans et mes premières inspirations à dessiner entre 15 et 20 ans ont commencé avec six auteurs d’un côté… et Récré A2 de l’autre et les émissions de dessins animés pour enfants qui se lâchaient sur les animés japonais. Parce que Albator. Parce que Chevaliers du Zodiaque. Parce que Les Merveilleuses Cités d’Or. Parce que Ulysse 31, ou encore Cobra ou Il était une fois l’Espace. Vous noterez très vite que j’ai aucunes inspirations classiques en art. Ce n’est pas vrai car je voue une admiration sans borne à Magritte, Dürer, Dali, Mucha et Rembrandt ; mais ce n’est pas de là que j’ai pris des modèles au départ.

Et puis, après le passage où, gamine, je cherchais qui « copier » pour gribouiller et comment faire des choses toute seule, j’ai commencé à acheter des artbooks, des bédés et des mangas non pour les lire, mais les étudier tandis que je prenais des cours pénibles d’anatomie artistique avec un de mes ainés et génie du dessin classique à l’époque, Michel-Ange Poggi (oui, son prénom l’a inspiré).

Le premier de ces auteurs c’était Seron, dessinateur des Petits Hommes. Parce que SF. Parce que style très franco-belge et pas mal influencé par Franquin. Parce que méchadesigns à tous les étages. Et parce que SF : je l’ai déjà dit mais vous allez réaliser que c’est un peu un leitmotiv pour moi. Sauf que quand on t’apprend le dessin réaliste et l’anatomie artistique, Seron est un modèle un peu limité. Ça n’a donc pas duré, mais ça m’a quand même beaucoup influencée dès le départ.

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Et juste après, il y a Roger Leloup et les Yoko Tsuno. Haaa, les aventures spatiales avec les vinéens. J’ai toujours dit que si Roger Leloup avait eu un vrai bon scénariste qui le suive dans ses idées, ce serait une des plus grandes séries de bédé de tous les temps. C’est son point faible. Mais moi, c’était encore une fois en premier lieu dans le méchadesign contemporain et de SF que je cherchais mes inspirations, mais aussi dans les énormes évolutions du dessin de l’auteur que je nourrissais ma propre motivation. Et puis… la quasi première série de bédé féministe mettant en scène un personnage fort jamais caricaturé ! Forcément que je ne pouvais que l’aimer !

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Ensuite vient Rahan, dessiné par André Chéret. Parce que mouvements ! Parce que encrages magnifiques ! Parce que anatomie maitrisée ! Parce que cadrages qui pètent ! Rahan, c’est le dessin d’un français qui rencontre le pulp  et le comics américain des années 70 et qui décide de tout exploser pour en extraire sa propre patte unique. Des années plus tard, André Chéret est devenu mon « papa » en dessin…On s’est écrit plusieurs fois, il m’a donné des conseils uniques, j’ai pu le rencontrer et son travail m’a servi de norme de ma propre qualité. Sans cette rencontre, j’aurais jamais jeté tout ce que j’ai fait en dessin pour tout recommencer et réapprendre à dessiner, avec un enthousiasme et un acharnement que vous constatez encore.

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Au passage, j’ai lu Les Passagers du Vent de Bourgeon. Et ça a laissé des traces, surtout dans ma façon de penser ce qu’est le récit. Déjà parce que c’est la première fois que des cases de bédé me filaient la nausée et un vrai mal-être, c’est-à-dire une puissante transmission d’émotion, mais aussi parce que c’est la première bédé adulte avec un sujet de fond aussi grave que je lisais. Elle m’a amplement faire remonter mon niveau de recherche et de considération de la bande dessinée.

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Et c’est là, à peu près vers mes 18 ans, qu’arrive le manga en librairie. Et que je peux lire et étudier deux monstres qui vont me marquer à jamais : Katsuhiro Ōtomo et Masamune Shirow. Je n’ai quasi eu aucun intérêt, à part poli, pour tout le reste de l’époque ! Il faudra attendre que j’ai 21-22 ans pour prendre ma seconde claque nipponne. La première vient de ces deux-là.

La baffe n’a pas tellement duré avec Otomo. Il a un style tel que, sauf de l’admiration et la prise de conscience que ce gars avait tout un studio derrière lui pour travailler les décors, les mises en scènes, les encrages de ces planches, je n’en ai pas extrait grand-chose si ce n’est la découverte, avec respect, considération et intérêt, qu’au Pays du Soleil Levant y’avait des monstres de la bédé faisant bien autre chose que des aventures pour gosses et adolescents pas toujours bien dessinées. D’otomo, j’ai d’ailleurs été bien plus frappée par Rêves d’Enfants que par Akira. Si vous ne connaissez pas, foncez !

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Par contre Masamune Shirow….

J’ai des posters de ses œuvres dont un dans mon bureau, juste pour me rappeler que j’arrive doucement à faire ce que je considère de « même qualité » que son travail. J’ai tous ses artbooks (oui, même ceux de cul), pratiquement tous ses albums. Pourquoi lui, pourquoi à ce point ? Pour Appleseed. Et, non, pas pour Ghost In The Shell, dont je préfère largement le magnifique et unique film d’animation de Mamoru Oshii (qui n’a pas pris une ride depuis 1995). Une sorte de claque scénaristique gigantesque, aussi violente que la baffe que je prenais en architecture, mechadesign, composition, mouvement et rythme visuel. Etrangement, je n’ai plus ouvert ses artbooks et ses bédés depuis 3-4 ans. Je pense que mes références ont grandement changées. Mon admiration et mon respect, eux, restent intacts. Et quand j’ai envie de rebosser du méchadesign, il reste toujours une inspiration énorme.

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J’ai donc 20 ans, on est en 1991, je me suis pris des claques visuelles remarquables. Mais c’est loin d’être fini. Je n’ai pas encore entendu parler de Miyazaki et je n’ai encore jamais croisé le travail de Moore et Gibbons pour Watchmen. Ça va changer et ça va me frapper encore plus fort et pour longtemps.

Ce sera pour l’article suivant, qui arrive ce soir  !

Quelques trucs pour qui veut s’améliorer en illustration & dessin

Bon, ceux-ci ne viennent que d’une professionnelle lambda. Je ne peux pas me vanter d’avoir un haut niveau de travail, même pas d’une vraie renommée -en tout cas, pas pour ça.
Par contre, je peux me vanter d’un entêtement obstiné à travailler à progresser en permanence, et d’avoir pu pousser des gens à se lancer dans l’illustration, le design, le graphisme etc… J’ai eu pas mal d’élèves, et certains sont désormais même meilleurs que moi.
Donc, quelques conseils, souvent des évidences, parfois de petits trucs, pour vous lancer. J’en donnerai d’autres régulièrement.
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1- On ne peut pas progresser sans montrer ce qu’on fait.

Ouais, je sais… oser montrer des bafouilles moches, dur dur. On a peur du jugement du spectateur et, pire, du regard des pairs. Mais en fait, il faut oser. A quoi cela sert-il ? Ben à être émulé par les gens qui vont aimer ce que vous faites ou tentez de faire, déjà. Et ensuite, parce que parmi les spectateurs, un autre dessineux va venir tôt ou tard vous proposer des trucs, conseils et astuces… et en glanant ici et là confiance et bons conseils, l’émulation vous donne envie de continuer et progresser. Travailler seul sans jamais rien montrer, le plus souvent, conduit juste à laisser tomber, démotivé.

2- Le meilleur des modèles, c’est le réel.

Pour dessiner, il faut mémoriser des formes et des routines de travail. Pour mémoriser, il faut observer et copier. Et la première chose à copier n’est pas d’autres illustrations, mais le réel. Une peinture de verre d’eau parfaite reste une peinture. Un verre d’eau en photo ou devant vous à reproduire, c’est une autre paire de manche, un défi quand on ne sait pas faire, qui demande un exercice mental puissant… et qui vous fait progresser. Internet est votre ami, trouver des photos de tout et le reste n’est pas difficile. Usez-en, abusez-en. Vous ne savez pas faire quelque chose ? N’improvisez pas ; allez voir à quoi ça ressemble et copiez-le. Au final, plus vous allez copier, moins vous aurez besoin de recommencer pour un même sujet… vous travaillez votre mémoire visuelle, votre interprétation des formes, et c’est ça qui est à la base de votre compétence à l’illustration.
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3- On n’échoue pas, on essaye jusqu’à ce qu’on y arrive.

Avant d’aborder un quatrième point bien spécifique sur la méthodologie de la création de quoi que ce soit sur du papier réel ou virtuel, on va parler du truc tellement évident, mais que tant de personnes tentent d’esquiver : la copie encore et encore, l’exercice chiant répété sans cesse.
Vous ne pourrez jamais dessiner une tête humaine réussie du premier coup. Pas du second ni du troisième non plus. Chaque échec, chaque truc moche que vous sortez est une réussite : chaque exercice vous a apporté un peu plus de compétence et de compréhension de la méthode à suivre et, à chaque nouvel essai, tous les essais précédents sont dans votre tête et vous servent à réussir. Alors, ben c’est clair… croquer dix, vingt, trente têtes humaines avant qu’enfin ça ressemble à quelque chose, ça ne va être que le début. Bienvenue dans le monde merveilleux des dessinateurs. Mais c’est ainsi que vous allez apprendre et réussir à dessiner.

4- La méthodologie, des gars l’ont trouvé 500 ans avant vous.

Oui, je pense bien sûr à Leonard de Vinci et à son homme de Vitruve, un modèle de proportions humaines quasi parfait. Ben de ça, d’autres avant lui et bien après, découle des trucs et des méthodes pour comprendre comment on construit des humains, des animaux… mais aussi des architectures, des paysages, des mises en scènes et des compositions. Les librairies d’art regorgent de traités, manuels et livres. Cherchez-les, cherchez ce que conseillent des artistes et illustrateurs et, mieux encore, des profs d’arts plastiques. Et n’essayez pas d’improviser. Des gars ont mis une vie à trouver ces trucs… c’est le temps que cela pourrait bien vous prendre de bosser sans méthodologie ni guides techniques.

5- Pour caricaturer, il faut savoir dessiner du réalisme.

Ce dernier point pour ce billet, pour rappeler que que vous aimez le franco-belge à gros nez, le dessin type Disney ou le manga, pour les meilleurs dans ce domaine et les autres, avant d’avoir ces styles, ce sont de bons techniciens classiques, qui savent tous, peu ou prou, dessiner du réalisme le plus académique qui soit. Oui, je casse des rêves. Mais parce que pour vous approprier le réel et le déformer à votre sauce, vous devez commencer par avoir compris et analysé le réel. Bref… pour faire de très bons styles et même si ce n’est pas forcément obligatoire, il faut malgré tout avoir appris à représenter le réel tel que vous le voyez, de la manière la plus réaliste et fidèle possible.
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Limousine, avant et après 17 ans d’écart

Au départ c’était censée être l’illustration la plus facile de la série commandé par Matthias Wiesmann pour Ringstadt. Finalement, voulant quelque chose de vraiment réussi et y rajouter une perspective un peu aboutie, vu que je m’y entraine un peu en ce moment, elle est devenue la plus ardue à réaliser.

Et le plus drôle est de la comparer à son original. C’était y’a 17 ans, et c’était pour l’ébauche éventuelle de supplément de jeu de rôle que Thias mets en ce moment en page et que j’illustre donc. Vous verrez le résultat ci-dessous, après l’image en grand format. Mais autant  dire qu’en 17 ans, ça change beaucoup !

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Et donc ci-dessous, la version avant-après de l’illustration :

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Et pour finir, les étapes de la création, en gif animé. Enjoy !!

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Bien sûr que je ferai toujours des nus et vous les montrerai !

Parlons de dessins et de nus érotiques -ou pas. Je viens de poster sur ma boutique Redbubble une illustration que vous aviez adoré, en même temps que mon dernier nu de Lisa, Vous pouvez donc les retrouver ici et commander des posters, tee-shirts, tirages d’art et autres mugs, sacs, et goodies :

https://www.redbubble.com/fr/people/psychee/works/23857818-pleasure-slave?asc=u

http://www.redbubble.com/fr/people/psychee/works/23857935-anis-with-leaves?asc=u

Les voici donc, enjoy !

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J’ai juste trouvé le truc pour éviter de trop attirer les connards qui apparemment depuis quelques jours et une certaine élection se sentent pousser des ailes à leur obsession de censurer tout ce qui choque la morale selon eux sur les réseaux sociaux, et, toujours apparemment, ça ne concerne pas que des illustrations érotiques. J’ai vu passer pas mal de ban en vrac, aussi bien de groupes que de militants ou artistes et créatifs LGBT. Vu la manière absurde dont fonctionne le moteur de censure et bannissement de Facebook, les connards auraient en effet tort de se gêner.

Du reste, la solution trouvée est simple : j’upload mes travaux et roughs de nus et érotiques sur Pinterest et ensuite je partage le lien vers Facebook. Comme seul un thumbnail externe est affiché, je contourne légalement leur système. Pour le moment, ça fonctionne. Ça ne soigne pas le délire de censure des cinglés qui se sont acharnés ces derniers temps sur tout et n’importe quoi, mais ça me permets de faire plaisir é mes fans en évitant trop d’ennuis.

Mon Portfolio ArtStation

Mon blog est très chouette pour les billets avec des illustrations et du blabla, pas pour présenter une galerie de travaux de manière visuelle. Soucis réglé, alors que je suis en train de remplir la galerie en question.

Vous pouvez donc explorer désormais mon portfolio, en une seule page visuelle classée par thèmes grâce à ArtStation . Enjoy !

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PS : bien sûr, il va évoluer en permanence, au fur à mesure que je rajoute des thèmes… et que je produis de nouvelles illustrations.

Deux poids, deux mesures, ou quand Facebook censure des seins mais jamais des propos et images de haine

Je pensais faire cet article prochainement, à tête reposée et en ayant laissé passer la polémique autour de mon bannissement pour, à priori une illustration avec des seins nus. Je dis à priori, parce qu’en fait, 12 images furent signalés, y compris un encadré avec du texte sans aucun contenu illicite et sans aucune précision sur la décision de bannissement autre que « vous contrevenez aux standards de la communauté bla bla… »

Mais dans la foulée de mon bannissement, 24 heures plus tard, Alysia, ma compagne, se fait bannir elle aussi pour 24 heures. On pourrait dire qu’elle l’a cherché, appliquant à la lettre le contenu des standards de la communauté qui autorisent le nu artistique. C’est techniquement écrit noir sur blanc, c’est dans les faits tourné de telle manière que je n’ai toujours pas saisi en détail ce qu’ils appellent « photos de nus artistiques »  et je n’ai reçu aucune réponse à mes questions… J’en viens à me demander où sont les humains dans ce truc ?

J’explique tout, donc, oui, c’est long à lire… donc passez direct (et évitez alors de commenter sur les réseaux sociaux), soit… bon courage et merci de votre patience !

Ubu-roi

Enfin bref. Alysia a partagé, fâchée et sur un coup de tête, sa propre collection d’œuvres dénudés, illustrations et rendus 3D, paf, bannissement 24 heures etc. On pourrait dire que cela confirme juste que Facebook applique… non que facebook n’applique pas ses règles publiques, mais ses propres codes, sans doutes, comme le mentionne ici Stéphane Gallay et comme me l’a confirmé un ami fort versé dans la technologie des réseaux sociaux, sur la veille de robots chargés d’intervenir statistiquement quand un certain seuil de signalements d’un élément par des membres de Facebook est atteint, et bannir de manière plus ou moins automatique.

L’expérience était intéressante, la leçon apprise – Facebook est mauvais joueur, acariâtre, arbitraire et aussi un peu con – l’affaire aurait pu s’arrêter là.

Ce matin, Alysia est bannie trois jours. Une des photos sur son mur, qui entre dans le cadre de, je cite : « les photos de peintures, sculptures et autres œuvres d’art illustrant des personnages nus » qui sont donc autorisés, et une photo qui n’avait PAS été retiré ni signalée après ses 24 heures de bannissement, lui vaut d’être bannie de nouveau, 3 jours !

Nous sommes en pleine scène de théatre d’Ubu-Roi. Le gag est que la photo incriminée est TOUJOURS sur la page et le mur de mon Ange. Étant la seule photo présentant du nu sur la dizaine de photos signalés, elle est bannie trois jours par la seule photo qui pourrait causer des soucis, qui, elle, n’est pas retiré.

Vous le sentez, mon sarcasme devant une telle absurdité ?

Voici, ci dessous la photo en question, partagé par plusieurs dizaines de personnes, certaines pour sa beauté et sa qualité, d’autres pour me soutenir quand j’ai été bannie pour cela :

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Etait aussi incriminée la version couleur ; pareillement, elle fut énormément partagée pour les mêmes raisons  :

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Revenons donc à cette fameuse charte des standards de la communauté :

Je sais que vous n’aimez pas en règle général lire des pavés, ni fouiller dans des règlements sans fin, voici donc la copie et les extraits des standards de la communauté, dont la rédaction frise l’incompétence à dessein en matière de clarté. Lisez donc la partie concernant la nudité :

(community standarts  ; je ne peux vous donner la page précise… il n’est pas possible de la linker. Ca serait fait exprès que ce serait parfait)

Nudité :

Les utilisateurs partagent parfois des scènes de nudité dans le cadre de campagnes de sensibilisation ou de projets artistiques. Nous limitons l’affichage de scènes de nudité, car certaines audiences au sein de notre communauté mondiale peuvent être sensibles à ce type de contenu, en particulier de par leur culture ou leur âge. Afin de traiter les utilisateurs de façon juste et de répondre rapidement aux signalements, il est essentiel pour nous de mettre en place des règles que nos équipes internationales peuvent appliquer uniformément et facilement lors des examens de contenus. En conséquence, nos règles peuvent parfois être plus formelles que nous l’aurions souhaité et limiter le contenu partagé à des fins légitimes. Nous cherchons sans cesse à mieux évaluer ce type de contenu et à mieux appliquer nos standards.

Nous supprimons les photographies présentant des organes génitaux ou des fesses entièrement exposées. Nous limitons également certaines images de poitrines féminines si elles montrent le mamelon, mais nous autorisons toujours les photos de femmes qui défendent activement l’allaitement ou qui montrent les cicatrices post-mastectomie de leur poitrine. Nous autorisons également les photos de peintures, sculptures et autres œuvres d’art illustrant des personnages nus. Les restrictions sur l’affichage de nudité et d’activité sexuelle s’appliquent également au contenu créé numériquement, sauf si le contenu est publié à des fins éducatives, humoristiques ou satiriques. Les images illustrant explicitement des rapports sexuels sont interdites. Les descriptions d’actes sexuels qui entrent dans les détails peuvent également être supprimées.

Ici, on entre dans deux phrases l’une après l’autre qui se contredisent dans les faits avec allégresse :

« Nous autorisons également les photos de peintures, sculptures et autres œuvres d’art illustrant des personnages nus. Les restrictions sur l’affichage de nudité et d’activité sexuelle s’appliquent également au contenu créé numériquement, sauf si le contenu est publié à des fins éducatives, humoristiques ou satiriques. »

Il va sans dire que si vous publiez maintenant une photo de femme en train d’allaiter, par exemple une très belle photo d’art, attendez-vous selon les cas à vous faire bannir plus vite qu’un éjaculateur précoce n’en finir avec son histoire courte .  D’autres que moi, il y a seulement quelques semaines, en ont été pour leurs frais, ils ont voulu profiter de ce droit, pour des raisons artistiques ou informatives. Ils l’ont eu dans le popotin sans vaseline.

Mais pour expliquer à quel point ces Standards de la Communauté son absurdes et surtout, démontrent que Facebook applique son propre programme en se contrefichant de l’utilisateur mais aussi de ses propres lois et déclarations , venons-en au fait de sujet concernant le discours incitant à la haine :

Discours incitant à la haine

Facebook supprime tout discours incitant à la haine, ce qui comprend tout contenu qui attaque directement des personnes en raison de :

  • leur race ;
  • leur ethnicité ;
  • leur origine nationale ;
  • leur religion ;
  • leur orientation sexuelle ;
  • leur sexe ou leur identité sexuelle ;
  • leur infirmité ou leur état de santé.

Les organisations et personnes incitant à la haine de ces groupes protégés n’ont pas le droit de présence sur Facebook. Comme pour tous nos autres standards, nous demandons aux membres de notre communauté de nous signaler ce type de contenu.

Les gens peuvent utiliser Facebook pour discuter de certaines idées, institutions ou pratiques. De telles discussions peuvent promouvoir le débat et une meilleure compréhension. Les utilisateurs partagent parfois du contenu contenant les propos haineux d’une autre personne à des fins de sensibilisation ou d’information. Dans ce cas, nous attendons de ces utilisateurs qu’ils indiquent clairement leur intention, afin de nous aider à mieux comprendre pourquoi ils partagent le contenu en question.

Nous autorisons les commentaires humoristiques, satiriques ou sociaux sur ces sujets, et nous pensons que lorsque les gens utilisent leur véritable identité, ils agissent de façon plus responsable au moment d’exprimer ce genre d’opinions. C’est pourquoi nous pouvons demander aux propriétaires de Page d’associer leur nom et leur profil Facebook à tout contenu gênant, même si ce contenu n’enfreint pas nos règles. Comme toujours, nous conseillons vivement aux utilisateurs d’être conscients de leur audience lorsqu’ils partagent ce type de contenu.

Si nous nous efforçons de supprimer tout discours incitant à la haine, nous vous fournissons également des outils vous permettant d’éviter les contenus choquants ou déplaisants. En savoir plus sur les outils proposés pour contrôler ce que vous voyez. Vous pouvez également utiliser Facebook pour prendre la parole et sensibiliser la communauté qui vous entoure. Un contre-argumentaire appuyé par des informations exactes et des opinions variées peut aider à créer un environnement plus sûr et plus respectueux.

Il s’avère que, et là, je fais l’expérience en permanence, tout signalement de discours, d’apologie, d’appel à la haine/violence, basée sur toutes formes de discriminations, émanant d’individus et de groupes n’est pris en compte que dans moins de 5% des cas. Il reste donc 95% de salopards et de leur contenu, expliquant qu’on devrait brûler les trans, éradiquer les pédés et leur famille, battre les femmes et les traiter en pute, laisser les réfugiés crever sur leurs bateaux ou encore lâcher un virus mortel pour massacrer tous les gens de couleur. Je n’invente rien, vous avez ainsi des mots-clefs magnifiques si vous avez du temps à perdre pour visiter la lie de Facebook… cherchez-les aussi en anglais, vous allez rire.

J’avais crée un tag, m’énervant de voir sur ma page des incitations à la haine, y compris, allez, point Godwin, fleurir des croix gammés et des nostalgiques du IIIème Reich, tandis que je voyais des œuvres d’art classique se faire censurer et leurs auteurs bannis parce qu’on y devinait un téton ou un bout de verge :

#LessBloodMoreBoobs.

Quelques semaines après la création de ce tag, toujours employé, et en même temps que quelques plaintes et procès notables de personnes et organisations bannies pour avoir diffusé du contenu culturel classique trop dévêtu, Facebook changeait ses standards et je me faisais une joie qu’enfin, une certaine intelligence et ouverture d’esprit ai gagné un petit combat.

Enfin quand je dis petit… vu la taille du réseau social, c’est plutôt une grande victoire, remarquée par le Monde, par exemple.

C’était du vent. De la promesse qui n’engage que celui qui y croit. Je viens de le voir vérifié plusieurs fois ces dernières semaines, d’entre être le témoin et la victime moi-même. Il faut bien comprendre que le système qui gère le signalement, la censure et le bannissement sur Facebook n’est ni humain, ni le fait d’un robot qui reconnait des scènes de violence, du cul, des seins, des bites ou encore des appels à la haine.

Il ne fonctionne que selon un modèle statistique. Prenons cette image :

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Quelques dizaines, à mon avis, de personnes signalent cette image comme choquante, en précisant nu/porno, par exemple, et soudain, l’usager qui l’a posté va recevoir un message  la signalant, elle et d’autres à priori totalement au hasard de cet usager, comme contrevenant aux standards de la communauté, puis être banni 24 heures -la première fois. Il peut faire appel, y’a un joli bouton pour cela. Faut-il encore qu’un humain réponde. Il a très peu de chances de voir son ban annulé avant 24 heures. Qu’en est-il pour plus longtemps ? A priori, même les bans de trois jours ayant suscité une réclamation restent actifs trois jours. Facebook n’en a simplement rien à foutre, même s’il y  a erreur.

On tape d’abord, on pose les question après si éventuellement c’est très grave. Très grave voulant seulement dire que l’usager est assez influent pour causer un vrai grabuge dans le monde journalistique, à priori.

Bien sûr, je voudrais croire, et j’espère, que malgré tout dans ce système totalement automatisé, il y a soit un robot expert, soit un humain, qui avant de taper, vérifie pourquoi on doit taper… En gros, est-ce que cela est légitime ? Mais après témoignages et vérifications, ce n’est pas le cas. Ce qui veut par exemple dire que ça, posté tel quel sur le réseau social sans aucune mise en contexte, ne déclenchera rien, même si 5 ou 10 personnes, la signalent :

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(et je suis navrée pour mes lecteurs de vous infliger cette image terrible.. j’en avais des bien pires, mais même moi, je me file la nausée)

Maintenant, si ces photos là ne déclenchent que rarement des réactions, les mots et textes incitant à la haine ? Alors là, rions fort et jaune !

Shit-bombing et vengeance de cons

Maintenant que vous savez comment fonctionne ce système, dites-vous bien que des petits malins (du latin malignes : qui aime faire le mal) on de suite compris la mécanique de la bestiole.

Il suffit donc de réunir deux cent connards pour faire tomber assez efficacement une page et son utilisateur, jusqu’à provoquer son bannissement définitif, et même s’il ne partage que des photos de chats et d’orchidées. C’est ce qui est employé massivement par certains groupes pour s’attaquer entre autres aux féministes ayant leur malheur de ne pas leur plaire (je n’oser pas dire exister) et qui sont un peu trop en vue.

Bien sûr, ce système là fonctionne une fois, deux, trois fois et après à force de plaintes et de récriminations contre Facebook, la personne ciblée peut arriver à récupérer son compte, et parfois, fort rarement, les incriminés se font tomber dessus.

Mais il suffit de le savoir, de s’organiser sur des forums extérieurs (JVC en a fait une spécialité), d’ aller sur Facebook avec un beau fake compte, ça se crée aisément,  et de recommencer une prochaine fois ailleurs.  Ces activités font régulièrement le buzz et le scandale, mais rien ne les a ralenti d’un iota… et la preuve… je viens d’y avoir droit et ma compagne aussi. Pourquoi est-elle visée ? Sans doutes parce que mon illustration a été très remarquée, et que le hasard fait que c’est tombé sur elle. Ou parce que c’est bel et bien ma compagne et que des gens ont trouvés drôle de lui faire du mal pour m’en faire !

Sauf enquête en plongeant encore plus dans la lie de Facebook et des divers forums pour scruter les groupes les plus haineux à mon encontre, je ne le saurais jamais. Et j’évite. J’aime dormir tranquille et visiter ces groupes est un bon moyen de se filer des cauchemars sur la misère de la plus stupide et indigente haine humaine. Quand aux (petits à priori) groupes qui haïssent mon existence, malheureusement, je sais qu’ils existent ; plusieurs fois, ce blog , mon compte email, mon site de jeu  de rôle, ont été victimes d’attaques orchestrées « pour rire » (des DDOS). Je remercie la sécurité de mon solide et réactif provider… et ma paranoïa naturelle dès qu’il s’agit de protéger mon travail professionnel.

Conclusion… mais en fait non, je ne conclus pas si aisément

Je suis seule. J’ai aucune influence, pas de moyens, je ne suis ni amie ni copine de Bolloré, ni d’aucun patron de groupe de presse. Je suis une simple connasse d’illustratrice, romancière et créatrices de jeu de rôle qui a un blog et qui essaye de bosser en se contrefoutant en général de tout ce bazar, ça ne m’a jamais empêché de donner mon avis. Je n’ai pas un rond non plus pour aller entamer un procès à Facebook pour le forcer à devoir clarifier sa méthodologie de censure et qu’il arrête ses conneries, et enfin se décide à évoluer au 21° siècle…

Encore que vu la gueule de 2016, l’évolution en question me fasse songer à un rétropédalage dans les années 1950.

Mais… j’avais crée un tag qui a fait plaisir à du monde : LessBloodMoreBoobs. Il va devenir un blog dans les semaines qui suivent, un site communautaire pour créer un groupe et un ensemble de personnes incluant artistes, illustrateurs, créatifs et activistes décidés à convaincre Facebook de revoir encore son propre règlement, mais surtout de l’appliquer, et ne pas faire ce qu’il veut en dépit de tout bon sens  et de tout intelligence, en confiant sa modération à la statistique de la « sagesse populaire » ! Vous le sentez bien, là, mon rire sardonique ?

Ce blog mourra peut-être sans aucun soutien ou résultat, ou pas. Mais j’aurais essayé, et je compte bien essayer méchamment. Ma compagne vient de se faire descendre alors qu’elle est très discrète sur les réseaux sociaux et ne ferait pas de mal à une mouche. On s’en prends aussi à mes amis et contacts. On m’a mise en colère.

Faut pas me mettre en colère.

Vous cherchez une graphiste-maquettiste, Alysia sait faire !

Voici un article qui n’est ni une illustration, ni un billet d’humeur, mais une demande d’aide pour du boulot . Ma compagne, Alysia Lorétan, cherche du boulot et je vais donc parler d’elle et vous présenter un peu son travail. N’hésitez pas à partager massivement autour de vous !

Alysia est une graphiste-maquettiste. Sans diplôme elle s’est auto-formé pendant quelques années, et a travaillé sur pas mal de projets, allant de la simple affiche en passant par les études de logo, la correction d’images et enfin le maquettisme et la mise en page littéraire, un domaine dans lequel elle a du talent et les compétences ad hoc, ce qui n’est guère courant.

Elle manie entre autres photoshop, illustrator, Indesign, surfe plutôt bien avec la 3D et les effets visuels. Forcément, je vous dirais que ce qu’elle fait est génial. Et vous auriez raison de dire que je suis forcément partie pris. Maintenant, je suis aussi une vétérane de la communication visuelle et une illustratrice, donc, je réserve toujours mes jugements quant à la qualité du travail des gens. Même le sien. Mais voilà, le sien est bon et en plus, elle n’est jamais très cher.

Bien sûr, un emploi avec salaire mensuel, ce serait le pied. Mais ce n’est pas forcément ce qu’elle cherche. Des contrats, des missions, lui vont aussi bien et en plus elle peut même assurer relecture et corrections avec un bon niveau. Et enfin, elle fait de la photographie et a le matos nécessaire et les compétences qui vont avec pour en tirer parti !

Avant de vous montrer ses oeuvres, voici son curriculum vitae. Il résume un peu ses talents, compétences et expériences ; je rajouterai pour ma part son souci parfois obsessionnel de perfection et de qualité. Dans ce domaine, c’est carrément utile ! Et aussi sa capacité d’écoute et d’intégration dans ses relations avec ses clients. Ou dit autrement : elle est super patiente ; pas comme moi.

cv-graphique Alysia Lorétan, PDF, 86 Ko

Si vous voulez la contactez, passez par moi, ou alors joignez-la directement à : alysiabright@gmail.com

Et voici un petit aperçu de ce que je considère comme le plus remarquable de son travail, ci-dessous, dans tous les domaines et en vrac :

Maquettisme et graphisme Les Chants de Loss :

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Affiches :

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Etudes de logos et designs :

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Rendus 3 D et concepts art :

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Illustrations et dessins :

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Blog artistique d'Axelle "Psychee" Bouet

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