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Tribute to/ une dédicace à : Stjepan Šejic

(version française ci-dessous)

Three years ago, I discovered Stjepan Šejic and Sunstone, his comic book. His beautiful lines, his incredible talent, his other creations (Death Vigil, Rat Queen)… I was under his spell.

Two years ago, I decided to learn drawing from scratch. One more time. Stjepan Šejic became my role model. Not because I wanted to draw as he did. But because I wanted to reach his level someday.

For two long years, I had to learn everything again. Drop my habits, forget the way I used to draw, rediscover everything. I avidly watched the way Stjepan Šejic was working. Not just him, but mostly him. And several times, as I watched his tutorial videos, tears welled up in my eyes. As they do now.

I never backed down, and God knows I’m not gifted, and my health tried to stop me. I lost hope, often, I stopped trying, sometimes for weeks.

But yesterday, I tried once again. Slowly, I had learnt and actually progressed. And finally, all this work has paid off. Of course, I’m still far from my model. But it doesn’t matter. I was finally able to put into a single illustration what I wanted so much two years ago.

I want to dedicate those words to the one who made it all possible. Stjepan Šejic, thank you, from the bottom of my heart.

***

Il y a trois ans, je découvrais Stjepan Šejic et Sunstone. Son trait merveilleux, son talent incroyable et toutes ses autres œuvres (Death Vigil, Rat Queens). J’étais sous le charme.

Il y a deux ans, je décidais de réapprendre totalement à dessiner. Stjepan Šejic devint mon modèle. Pas parce que je voulais faire comme lui. Seulement parce que je voulais arriver un jour à parvenir à un petit peu de sa qualité.

Durant deux ans, j’ai du tout réapprendre. Et perdre mes habitudes, mon trait, tout redécouvrir. J’ai regardé avidement comment Stjepan Šejic travaillait. Pas que lui, bien sûr mais surtout lui. J’ai souvent pleuré d’émotion, comme j’ai des larmes aux yeux maintenant en écrivant, à regarder son talent dans ses quelques videos de travail.

Je n’ai jamais renoncé et dieu sait que je ne suis pas très douée et que souvent ma santé m’a freiné. J’ai souvent été démoralisée, parfois j’ai arrêté d’essayer, pendant des semaines.

Et hier, j’ai encore essayé. Pas à pas, j’ai progressé et appris. Et enfin, tout cet apprentissage est parvenu à ce que je rêvais de faire depuis deux ans. Ho, je suis si loin encore de ce modèle. Mais ce n’est pas grave. J’ai réussi à mettre dans une illustration tout ce que je rêvais de faire il y a deux ans.

Je dédie ceci à celui qui m’a permis d’y réussir : Stjepan Šejic, merci, de tout mon coeur.

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Et un gif animé avec toutes les étapes/ a animetad gif with steps :

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Et les deux films des débuts de la colo/ two making video :

 

Qui m’a inspiré au long de ma (petite) carrière d’illustratrice, part 2 sur 2

Donc suite de l’histoire de mes inspirations en illustration et nous nous en étions arrêté à mes 21-22 ans. Nous allons aller des années 90 à 2016. Vous verrez, y’a des trous assez importants dans la chronologie. C’est ceux où je n’avais guère le temps de m’intéresser à des inspirations et influences, parce que faut bien bosser pour vivre et que j’ai toujours eu une vie mouvementée.

Mais donc : on est en 1991 et personne en Europe ne connait celui qui va devenir une légende mondiale du film d’animation : Miyazaki. C’est là que je vais plonger dans le cinéma d’animation et le manga japonais, hors des sentiers battus, alors même que quasi personne à l’époque ne sait bien ce qui se crée au japon et que les premières boutiques de mangas et d’animés pointent juste timidement leur nez en Europe.

Un ami, un soir de discussion alors que je dessine une bière à la main, me montre, sur une VHS pourrave, un dessin animé étrange en japonais, sans sous-titre, dans un univers totalement barré mettant en scène une fille-guerrière vêtue de bleue et son aile volante à réacteur. Je ne comprends que très peu l’histoire, mais j’en pleure d’émotion comme une gosse.

Je venais de voir Nausicaä de la Vallée du Vent.  Je plongeais sans filet dans le plus prodigieux de l’univers visuel et cinématographique du manga par la plus grande et puissante des portes. A ce stade, c’était un gouffre. Je venais de voir le premier film de Miyazaki à quitter le Japon. Je ne m’en suis jamais remise.

Bon… qu’en dire ? Que je ne connais quasi personne qui n’ai pas été marqué par le génie du plus grand réalisateur contemporain de films d’animations, que j’ai dévoré ses artbooks, les livres parlant de son travail, le manga Nausicaä, incroyable de puissance, de style, de richesse et de profondeur ? Que j’en suis toujours profondément fan et qu’il est une des personnes vivantes sur cette planète que je respecte le plus ? Oui, tout est, en fait, dit. Miyazaki ne m’a rien apporté du point de vue technique en détail. Il m’a juste ouvert les yeux au point où, avant lui, je pense que culturellement, j’étais myope comme une vieille taupe. C’est aussi simple que cela.

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Et justement, alors que je me débats pour aller de petit boulot en petit boulot parce que sans trois tonnes de diplômes, ma médiocre compétence à dessiner des mickeys divers ne vaut rien, je commence à chercher des références essentielles dans tout ce qui est produit en bande dessinée. Finie la limite du franco-belge et des comics et manga de kiosque à tabac. Je cherche dans les boutiques spécialisées –rappel : 1991-1992… internet zeubi- et je tombe sur Watchmen de Moore et Gibbons.

Le comics, c’est le comics. J’aimais bien quand j’étais gosse. Et puis à force, ils se ressemblaient tous, au moins par le contenu si ce n’est pas le scénario et les dessins. Mais Watchmen : je prends une claque monstre. Je réalise la puissance que peut avoir la narration d’un scénario aussi mature, aussi bien pensé, la puissance d’une narration visuelle maitrisée sur des bases incroyablement classiques, et pourtant rendues novatrices au possible. J’ai changé de dimension et c’est Watchmen qui a fait de moi non plus une lectrice de produits de bédé, mais une étudiante acharnée de la narration visuelle. Encore aujourd’hui, je n’ai pas trouvé plus puissant. Juste « aussi » puissant, avec deux séries : Chroniques du 20ème Ciel et Universal War One.  Je vous en parle plus bas.

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Donc, je deviens une fan de mangas, avec cette obsession de trouver des auteurs au contenu visuel frappant ou original. En fait, il y en a plein, je ne vais pas les citer ici, plein de gens en parlent mieux que moi. Moi je vais parler de coups de cœurs : au milieu de ma recherche, donc, je tombe sur deux trucs qui, pour deux raisons bien différentes bien qu’à la base pour leurs visuels, vont m’inspirer énormément, j’en ai plusieurs artoooks :

Video Girl Aï, de Masakazu Katsura. L’auteur est connu en France pour avoir commis Wingman dont le dessin animé ne vole guère plus haut que sa bédé. En fait, avant et après Video Girl Aï, Katsura n’a jamais rien fait vraiment digne d’intérêt. Mais par contre visuellement, ça dépote souvent, une série d’OAV nommée Iria est un bonheur d’inspiration SF et de travail de qualité. Il a pourtant eu un trait de génie dans un manga en 15 volumes. Je vous ai dit que ma première grande émotion suscitée par de la bédé était Les Passagers du Vents, de Bourgeon ? La seconde, c’est Video Girl Aï, surtout dans deux chapitres de deux des volumes. En fait, j’en ai pleuré. Au point de devoir arrêter de lire parce que les larmes, ce n’est pas pratique. Il s’avère que j’ai prêté ces volumes pour faire l’expérience… ben j’ai pas du tout été la seule à chialer, et des mecs aussi, croyez-moi !

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Chirality, de Satoshi Urushihara. L’auteur est très connu pour son thème et ses pépées dévêtues particulièrement sexy et plusieurs animé sont de son character-design ou tirés de ses mangas. Honnêtement, en général, coté scénar et mise en scène, c’est médiocre. Mais Chirality est un coup de cœur pour lequel je serai totalement et absolument subjective de manière assumée à donf. J’adore cette histoire de SF post-apocalyptique autour d’une romance entre deux femmes, qui dure juste le bon nombre d’albums pour pas traîner dans la longueur, et qui ose des scènes érotiques entre femmes d’une finesse et d’une beauté qui me perçait le cœur. Bon, c’est quand même très fan-service, mais si je devais conseiller un truc de lui, il n’y aurait que cela. Sa manière de simplifier certains traits, de choisir certains points de vue très détaillés, d’oser parfois s’enfoncer dans le gore visuel, m’a beaucoup inspiré, même si j’en suis revenue depuis longtemps.

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Entre la fin des années 90 et 2005, je bouge beaucoup et ma vie devient assez intéressante, au sens chinois du terme. Bref, je n’ai plus le temps ou l’occasion de trouver des inspirations qui me marquent, même alors que je bosse à un moment en design artistique pour des jeux videos. Durant ce temps, à Paris, je me fais quand même le plaisir d’aller suivre les cours de cinéma de Douchet et de me former à la scénarisation visuelle toute seule comme une grande. Et puis, en allant fureter un soir dans une librairie, je tombe sur deux trucs qui me frappent vraiment et je repars avec :

Chroniques du XXeme Ciel, d’Yslaire. C’est la notion de graphic novel pris au pied de la lettre. Travail d’illustration, d’arts visuels, de graphisme, de design, de narration intime très aboutie, c’est un alien visuel et dramatique dans le monde de la bande dessinée, presque impossible à décrire. Sauf à vous dire : c’est génial et c’est un incroyable boulot à la puissance visuelle époustouflante. Là encore, c’est prendre une leçon sur comment casser les codes narratifs classiques pour les réécrire totalement. C’est en soit une œuvre d’art avant-gardiste, autant qu’une bédé au sujet formidable.

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Universal War One… bon là, Denis Bajram va apprendre que je suis VRAIMENT une de ses fans et que sa bédé m’a énormément marquée. Pas tant sur le design des personnages, mais sur sa maitrise des noirs et des lumières, sur son méchadesign tellement maitrisé, sur sa SF d’anticipation cohérente à la plus grande minutie… et enfin pour la perfection de son scénario hautement casse-gueule (parce que paradoxes temporels et théories sur la gravitation, tout ce qu’il faut pour se casser la figure dans une histoire). Oui, je suis fan. Ma compagne encore plus que moi. Mais plus que fan, j’ai entraperçu à cette époque une manière de travailler, de repenser mon travail, de réapprendre le dessin. C’était trop tôt et je n’ai commencé que quelques années après. Mais à ce moment-là, j’ai rouvert les UW1 ; et ils font partie de mes modèles quand je me demande : « merde, comment je vais encrer ça, moi ? »

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Et puis, il y a quatre ans… Entretemps, j’ai dû renoncer à un projet de bédé scénarisé par Lendraste dans le monde de Ryzom pour cause de… oui bon résumons, on nous a baisé, mais nous ne fûmes que des dégâts collatéraux et notre travail n’a été que l’une des choses qui ont coulés ce jour-là, y compris la boite qui gérait ce MMORPG à l’époque. Plus tard, je tentais de lancer un autre projet, mais je n’arrivais pas à avoir un niveau suffisant, il y avait trop longtemps que je ne dessinais plus, je devais aussi trouver du boulot, second projet avorté.

C’est en 2014 que je reprends vraiment mon métier d’illustratrice, tout en commençant à écrire Les Chants de Loss. Et là, je décide sérieusement de réapprendre à dessiner. Mais sur quelles bases ? Si j’ai des modèles qui m’interpellent pour le noir et blanc (Elmore, Vallero et surtout Frazetta et ses planches de Conan), je commence à fureter du côté de Deviant Art et des quelques artistes de haute volée qui y postent leurs œuvres.

Et celui qui va être celui qui va le plus me motiver, qui va servir de norme, de guide de niveau à atteindre en quelque sorte, tout en sachant que je le l’atteindrais pas, mais c’est pas grave, c’est Stjepan Šejić avec Sunstone. Bon, ai-je encore besoin de vous en parler ? Je partage ses postes Facebook, j’ai écrit des articles sur lui, je vous montre souvent son travail… Stjepan Šejić est surtout un monstre de travail. Etudier la manière dont il bosse, dont il partage quelques vidéos, mais aussi réaliser son incroyable productivité, m’a tout simplement donné la piste que je suis depuis pour réapprendre à dessiner…

Et puis… Sunstone. Rien vu d’aussi intelligent, matûre, drôle, beau, magnifique en matière de quelque bédé que ce soit, sur le thème du BDSM. Lisez-là, vous saurez pourquoi.

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Et puis, il y en a d’autres, mais je vous en montre ici deux à aller découvrir, de ceux qui me donnent de grosses leçons de travail, d’humilité aussi, mais encore d’engouement et de persévérance :

Marko Djurdjevic, illustrateur de Degenenesis :

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Artgerm, auteur de comics et professeur d’arts plastiques :

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Qui m’a inspiré au long de ma (petite) carrière d’illustratrice, part 1 sur 2

On ne dessine pas, on ne peint pas, on ne progresse pas sans inspirations dont on prend modèle. En fait, une grande partie de nos goûts eux-mêmes ne se forgent pas par des choix, mais par les hasards de ce qui nous influence. Hé non, vous n’avez pas choisi d’aimer ceci plutôt que cela. C’est l’influence d’éléments culturel au long de votre développement cognitif, puis à l’âge adulte en fonction de votre plasticité cérébrale et de vos expériences socio-culturelles qui affecte vos préférences, vos penchants, vos inspirations. Vos choix propres ne sont que le reflet de ces influences. Hé non, encore… on n’est jamais libres. Suffit d’avoir fait un peu de pub pour le savoir et le comprendre très vite !

Avant toute chose et c’est un élément à retenir, si j’ai choisi et commencé de faire de l’art ma vie professionnelle alors que je n’avais que 15 ans, la vie, justement, n’a pas exactement été enthousiaste avec le fait que je poursuive cette idée. Je n’ai donc fait de l’art et de l’illustration que pendant une grosse dizaine d’année (et encore…) sur les 30 ans entre cette décision et le moment où je tape ces lignes. Le reste du temps, j’ai pratiqué toute sortes de métiers et effectué toutes sortes de formations. J’en retiens surtout la pub, la communication visuelle, le travail social et la direction artistique. Bref…. Tout ça pour dire que y’a des trous béants dans ma propre culture et mes inspirations d’artiste. Et puis je commence à avoir le syndrome de la vieille conne sans télé dans sa caverne : c’est-à-dire que par exemple, le plus souvent si on me parle de trucs animés qui passent à la télé ou des derniers mangas ou comics à la mode… je suis paumée et j’en ai même jamais entendu parler !

Mais donc… Ouais donc j’ai commencé à 15 ans et mes premières inspirations à dessiner entre 15 et 20 ans ont commencé avec six auteurs d’un côté… et Récré A2 de l’autre et les émissions de dessins animés pour enfants qui se lâchaient sur les animés japonais. Parce que Albator. Parce que Chevaliers du Zodiaque. Parce que Les Merveilleuses Cités d’Or. Parce que Ulysse 31, ou encore Cobra ou Il était une fois l’Espace. Vous noterez très vite que j’ai aucunes inspirations classiques en art. Ce n’est pas vrai car je voue une admiration sans borne à Magritte, Dürer, Dali, Mucha et Rembrandt ; mais ce n’est pas de là que j’ai pris des modèles au départ.

Et puis, après le passage où, gamine, je cherchais qui « copier » pour gribouiller et comment faire des choses toute seule, j’ai commencé à acheter des artbooks, des bédés et des mangas non pour les lire, mais les étudier tandis que je prenais des cours pénibles d’anatomie artistique avec un de mes ainés et génie du dessin classique à l’époque, Michel-Ange Poggi (oui, son prénom l’a inspiré).

Le premier de ces auteurs c’était Seron, dessinateur des Petits Hommes. Parce que SF. Parce que style très franco-belge et pas mal influencé par Franquin. Parce que méchadesigns à tous les étages. Et parce que SF : je l’ai déjà dit mais vous allez réaliser que c’est un peu un leitmotiv pour moi. Sauf que quand on t’apprend le dessin réaliste et l’anatomie artistique, Seron est un modèle un peu limité. Ça n’a donc pas duré, mais ça m’a quand même beaucoup influencée dès le départ.

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Et juste après, il y a Roger Leloup et les Yoko Tsuno. Haaa, les aventures spatiales avec les vinéens. J’ai toujours dit que si Roger Leloup avait eu un vrai bon scénariste qui le suive dans ses idées, ce serait une des plus grandes séries de bédé de tous les temps. C’est son point faible. Mais moi, c’était encore une fois en premier lieu dans le méchadesign contemporain et de SF que je cherchais mes inspirations, mais aussi dans les énormes évolutions du dessin de l’auteur que je nourrissais ma propre motivation. Et puis… la quasi première série de bédé féministe mettant en scène un personnage fort jamais caricaturé ! Forcément que je ne pouvais que l’aimer !

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Ensuite vient Rahan, dessiné par André Chéret. Parce que mouvements ! Parce que encrages magnifiques ! Parce que anatomie maitrisée ! Parce que cadrages qui pètent ! Rahan, c’est le dessin d’un français qui rencontre le pulp  et le comics américain des années 70 et qui décide de tout exploser pour en extraire sa propre patte unique. Des années plus tard, André Chéret est devenu mon « papa » en dessin…On s’est écrit plusieurs fois, il m’a donné des conseils uniques, j’ai pu le rencontrer et son travail m’a servi de norme de ma propre qualité. Sans cette rencontre, j’aurais jamais jeté tout ce que j’ai fait en dessin pour tout recommencer et réapprendre à dessiner, avec un enthousiasme et un acharnement que vous constatez encore.

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Au passage, j’ai lu Les Passagers du Vent de Bourgeon. Et ça a laissé des traces, surtout dans ma façon de penser ce qu’est le récit. Déjà parce que c’est la première fois que des cases de bédé me filaient la nausée et un vrai mal-être, c’est-à-dire une puissante transmission d’émotion, mais aussi parce que c’est la première bédé adulte avec un sujet de fond aussi grave que je lisais. Elle m’a amplement faire remonter mon niveau de recherche et de considération de la bande dessinée.

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Et c’est là, à peu près vers mes 18 ans, qu’arrive le manga en librairie. Et que je peux lire et étudier deux monstres qui vont me marquer à jamais : Katsuhiro Ōtomo et Masamune Shirow. Je n’ai quasi eu aucun intérêt, à part poli, pour tout le reste de l’époque ! Il faudra attendre que j’ai 21-22 ans pour prendre ma seconde claque nipponne. La première vient de ces deux-là.

La baffe n’a pas tellement duré avec Otomo. Il a un style tel que, sauf de l’admiration et la prise de conscience que ce gars avait tout un studio derrière lui pour travailler les décors, les mises en scènes, les encrages de ces planches, je n’en ai pas extrait grand-chose si ce n’est la découverte, avec respect, considération et intérêt, qu’au Pays du Soleil Levant y’avait des monstres de la bédé faisant bien autre chose que des aventures pour gosses et adolescents pas toujours bien dessinées. D’otomo, j’ai d’ailleurs été bien plus frappée par Rêves d’Enfants que par Akira. Si vous ne connaissez pas, foncez !

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Par contre Masamune Shirow….

J’ai des posters de ses œuvres dont un dans mon bureau, juste pour me rappeler que j’arrive doucement à faire ce que je considère de « même qualité » que son travail. J’ai tous ses artbooks (oui, même ceux de cul), pratiquement tous ses albums. Pourquoi lui, pourquoi à ce point ? Pour Appleseed. Et, non, pas pour Ghost In The Shell, dont je préfère largement le magnifique et unique film d’animation de Mamoru Oshii (qui n’a pas pris une ride depuis 1995). Une sorte de claque scénaristique gigantesque, aussi violente que la baffe que je prenais en architecture, mechadesign, composition, mouvement et rythme visuel. Etrangement, je n’ai plus ouvert ses artbooks et ses bédés depuis 3-4 ans. Je pense que mes références ont grandement changées. Mon admiration et mon respect, eux, restent intacts. Et quand j’ai envie de rebosser du méchadesign, il reste toujours une inspiration énorme.

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J’ai donc 20 ans, on est en 1991, je me suis pris des claques visuelles remarquables. Mais c’est loin d’être fini. Je n’ai pas encore entendu parler de Miyazaki et je n’ai encore jamais croisé le travail de Moore et Gibbons pour Watchmen. Ça va changer et ça va me frapper encore plus fort et pour longtemps.

Ce sera pour l’article suivant, qui arrive ce soir  !

Manifeste pour une écriture libre dans la lignée des Nuits Debout

Vous le savez je ne fais pas que gribouiller, je bafouille des œuvres littéraires aussi et je tiens notoirement au titre -galvaudé ou pas- de romancière, car j’en suis une et ne compte pas m’arréter, j’aime trop cela.

Dans le sillage de discussions ayant eu lieu dans le cadre de Nuit Debout, Neil Jomunsi a lancé la rédaction d’un Manifeste pour les autrices et les auteurs libres, indépendant-e-s et solidaires. Je m’associe de toute évidence à ce mouvement et ce manifeste, autant -ô joie- que Stellamaris (mon éditeur) en sa double casquette d’éditeur et écrivain lui-même.

Voici donc le texte de ce manifeste, qui est disponible à cette adresse :

Pour une majorité d’entre nous — auteurs et autrices —, le modèle proposé par les industries culturelles ne fonctionne plus. Pire, ce système censé nous protéger n’a fait qu’aggraver la situation. Prenant acte de celle-ci, il est temps de poser les bases d’une alliance et d’inventer des solutions qu’aucune institution, parti, gouvernement ou industrie ne nous apportera. Car sans une refonte complète, ce n’est pas seulement ce système qui court à sa perte : c’est la création tout entière, et avec elle celles et ceux qui la rendent possible.


1. Nous créerons toutes et tous

D’une part, nous ne créons pas à partir d’un néant fantasmé, mais en nous hissant sur les épaules de celles et ceux qui nous ont précédés. Les œuvres d’aujourd’hui existent car d’autres ont créé celles d’hier. Cet héritage, nous en sommes les garants. Il est la véritable source de notre inspiration, et nous reconnaissons ce que nous lui devons. Nous affirmons que la perpétuation de cet héritage passe par la mise en valeur du domaine public, du partage entre individus et des communs.

D’autre part, notre savoir-faire n’est plus quelque chose d’exceptionnel ou d’inaccessible : internet, la démocratisation des outils informatiques, audiovisuels, la circulation du savoir et la mise en commun des savoir-faire font que nombreux sont celles et ceux qui aujourd’hui savent donner naissance à des œuvres, qu’elles soient ou non commercialisées. La création se multiplie autour de nous de façon exponentielle, qu’on s’en réjouisse ou non. Indépendamment du succès, de la respectabilité ou des honneurs, nous considérons chaque créateur et chaque créatrice comme légitime, professionnel·le ou non. Nous tirons notre force du collectif et de nos valeurs communes.

Certains d’entre nous font le choix de faire de la création un métier : nous tentons alors d’en « vivre » dans des conditions impossibles. Nous aimons ce que nous faisons — nous en tirons même une certaine fierté. Pour autant, notre identité de créatrices et de créateurs ne nous affranchit pas des luttes qui animent d’autres corps de métier. Notre combat est celui des ouvriers, des intermittents, des intérimaires et de tous les autres précaires, chômeurs, étudiants, handicapés, personnes âgées et/ou dépendantes. Les aspirations de chacune et de chacun doivent être respectées. Mais quel que soit notre rapport à la création, nous ne nous plaçons pas en-dehors du monde : au contraire, nous y jouons un rôle actif et capital.


2. Nous nous emparerons des moyens de production

Distribution et diffusion sur internet, livre numérique, matériel audiovisuel et informatique toujours plus performant et toujours moins cher, démocratisation de l’impression à la demande nous autorisent désormais à apprivoiser des moyens de production autrefois réservés aux seules industries culturelles. En conséquence, le nombre de créatrices et de créateurs grimpe en flèche. C’est un fait : la pénurie d’œuvres n’existe pas. Notre besoin de légitimation par des structures pyramidales s’amenuise au profit d’une libre diffusion au public, qui devient seul juge. Mais dès lors, nous sommes considérés comme la matière première d’une industrie où la masse publiée seule génère des bénéfices. Comme toute matière première, celle-ci subit les fluctuations du marché, la loi de l’offre et de la demande. La réappropriation des moyens de production, ou au moins leur apprivoisement, nous place en position de force dans un contexte de lutte systémique : le maillon le moins valorisé de la chaîne peut désormais faire valoir son importance, non plus comme élément d’une masse non-identifiable, mais en tant qu’électron libre et capable. Il est de notre devoir de faire nôtres ces outils, d’en apprendre le fonctionnement, d’en évaluer la portée et la pertinence. Si ces outils demeurent aujourd’hui la propriété de grandes firmes (Amazon, Google, etc), nous devrons travailler à créer nos propres structures, à emprunter nos propres chemins, à lutter contre toute forme d’appropriation.


3. Face à la captation du droit d’auteur par les industries culturelles, nous aspirerons à l’affirmation d’un droit des auteurs

Autrices et auteurs professionnel·les sont confronté·es à un dilemme : à tenter de négocier nos contrats, nous risquons tout simplement de ne plus rien signer du tout. Cela nous oblige à accepter des contrats-types iniques dont seule la « tradition » justifie l’usage (cf. les pourcentages inférieurs versés aux autrices et auteurs pour la jeunesse, par exemple). Les accords récents (reddition des comptes, rémunération des interventions et des dédicaces, etc) vont dans le bon sens, mais ne suffisent pas. Nous devons militer pour imposer une durée d’exploitation limitée dans le temps et éventuellement reconductible. Nous devrions pouvoir conserver nos droits numériques si nous nous estimons capables d’en assurer l’exploitation. Nous devrions aussi pouvoir nous réserver les droits de traduction et d’adaptation audiovisuelle. Le droit des auteurs doit être une arme au service des principaux concernés, et non pas se retourner contre eux : car en cédant tous nos privilèges d’exploitation à des sociétés tierces, le droit d’auteur devient un droit d’éditeur ou d’ayants-droit. De la même manière, les droits des autrices/auteurs et ceux des lectrices/lecteurs ne doivent pas être dissous dans un complexe de « droits voisins » de plus en plus illisible. Le droit des bases de données ou le droit des éditeurs tel qu’il est actuellement envisagé au niveau européen légitime les appropriations indues des créations par les industries culturelles et du web. En conséquence, nous aspirons à l’émergence d’un encadrement légal de la durée et de l’exclusivité des contrats d’édition.


4. Nos actions et nos luttes s’appuieront sur des partenaires de confiance

Les sociétés d’édition ne sont pas nos ennemies. En revanche, certaines d’entre elles, indépendamment de leur taille, de leur structure ou de leur réputation, ont été dévoyées pour générer un maximum de profits avec un minimum de risque et de rémunération aux concerné·es, ou plus simplement n’ont pas de considération pour le travail des autrices et auteurs. Des allié·es existent pourtant. Nous devons les trouver et les inclure dans nos combats futurs. Éditeurs bien sur, mais aussi libraires, bibliothécaires, imprimeurs, codeurs, hébergeurs, etc, dans la perspective d’une valeur ajoutée patente et mutuelle. Nous travaillerons de concert, tout en gardant à l’esprit que les conditions de rémunération devront être équitables, respectueuses des créateurs·trices et avoir été négociées dans tous les cas au préalable.


5. Nous reprendrons la main en définissant nous-mêmes les conditions d’usage de nos œuvres

Les licences libres et de libre diffusion (comme les Creative Commons) sont aujourd’hui un moyen efficace de contrôler l’usage qui est fait de nos œuvres et d’en définir contours et limitations. Nous devons nous en emparer et les faire nôtres. Même si dans le cadre d’une exploitation conjointe, nous savons qu’il sera difficile d’imposer l’usage d’une telle licence, il n’est pas interdit d’essayer, d’argumenter, de militer. En nous réappropriant les moyens de production, de diffusion et de distribution, et à la seule condition que notre situation personnelle et financière nous le permette, nous pouvons aussi faire le travail nous-mêmes en nous passant de structure tierce.

Nous pensons que le partage —notamment numérique — des œuvres doit non seulement être possible, mais souhaitable : une diffusion large de la culture doit être notre horizon commun. Nous savons ce que nous devons à l’intelligence collective. À nous de lui rendre ce qu’elle nous a donné et de trouver des modèles économiques en adéquation avec cette éthique. Les lois sur le « libre accès » (open access) récemment introduites dans plusieurs pays européens (et bientôt en France) permettent aux chercheurs de republier leurs œuvres sous certaines conditions, indépendamment des restrictions d’usage imposées par les éditeurs. Des dispositions similaires devraient être envisagées pour l’ensemble des créations, des créatrices et des créateurs, afin de favoriser leur indépendance.


6. Nous définirons un nouvel horizon économique et social

On dit que les autrices et auteurs sont individualistes et incapables de se fédérer, mais qui nous a cantonné·es à ce stéréotype ? La stratégie de l’entre-soi ne fonctionne pas : nos rémunérations ne cessent de baisser, suivant la même courbe que celle de la qualité de notre protection sociale. Cette précarisation doit être stoppée. Les lobbys des industries culturelles dissimulent leurs desseins derrière la défense de nos droits et cette hypocrisie est inacceptable. Rien n’a été fait par eux pour endiguer la dégradation de notre situation. Pourquoi dès lors leur faire confiance pour résoudre des problèmes qu’ils ont contribué à créer ?

Nous devons être les instigateurs de ces changements pour trouver de nouveaux modèles. Notre émancipation économique et sociale pourra prendre plusieurs formes : mise en place de coopératives d’entraide, de formation et de soutien artistique et financier entre créatrices/créateurs, création et/ou utilisation de plateformes de crowdfunding et de mécénat (pour une œuvre seule et/ou pour soutenir un.e artiste sur la durée), d’un statut proche de celui des intermittents ou encore d’une licence créative globale ; militer pour la création d’un revenu de base humaniste, social et inconditionnel (qui ne saurait être voué à ancrer un peu plus les inégalités à travers la suppression des allocations, par exemple). Nous sommes tous des créateurs. Nous participons tous à la richesse de nos sociétés.

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Plus qu’un manifeste, cet appel est un constat qui doit nous exhorter à aller de l’avant. Le monde change, nous changeons avec lui, mais l’imagination est de notre coté. À nous de l’utiliser.

Si vous partagez la vision de ce manifeste, nous vous invitons à vous en emparer, à le republier sur vos blogs, sites, réseaux sociaux, et à le faire connaître. Vous pouvez également participer à sa perpétuelle élaboration ici. Chacun·e est bienvenue.


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Dur, le Lundi, et une explication par Nebezial du pouvoir des super-guerrières en bikini

Rien à ajouter… surtout quand on se réveille à 13 heure après panne de réveil matinal, et qu’on a QUAND MÊME la tête profondément enfoncée dans le fondement.

Mais histoire de bien commencer le premier Lundi de l’année, le partage d’un rough d’études des navires lévitant des Chants de Loss, fait à la main ce WE, et qui me permets de constater avec joie qu’en gribouillant, j’ai pris la main pour le dessin de voiliers et assez d’assurance pour commencer à vraiment pouvoir étudier des looks et formes un peu exotiques qui vont donner le moyen de sortir dans les jours qui suivent des illustrations pour ces machines un peu symboles de l’univers de Loss :

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Et un petit plaisir et le partage d’un auteur qui m’est très cher, Stjepan Sejic (oui, je mets pas les accents Croates, mon clavier râle), qui en un strip nous révèle tout le secret des femmes combattantes et autres super-guerrières en mini-bikini et tenue minimale. Maintenant, vous saurez !

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« It’s juste Science ! »

Merci infiniment, Stjepan Sejic. Je vous invite aussi à découvrir son travail merveilleux sur son autre chef-d’œuvre dont je vous ai souvent parlé : Sunstone (la page est réservée adulte, donc si vous voulez la voir, il vous faut un compte Deviant Art, cela prends 3 mn pour s’inscrire)

Premier cours de dessin, les bases de la tête humaine.

Hop ! chacun de ces articles sera intégré dans une catégorie accessible depuis le menu de mon blog. Si je fais ces cours simples et vidéos, ce n’est pas pour me faire mousser, mais parce que j’ai des élèves qui viennent prendre quelques leçons, et que je me suis dit que faire un support visuel et écrit va aider.

Et vous allez tous en profiter, bien que certains cours et tutoriels par la suite seront privés, et disponibles uniquement via mon Patreon, mais j’en reparlerais.

Je ne suis pas forcément une experte d’arts et de dessin, mais l’avantage est que j’ai appris, et j’ai appris de manière académique, ce qui rends plus facile les explications et cours les plus simples. Voici donc pour commencer un cours rapide sur comment dessiner des visages, pour commencer masculins :

Je vous conseille fortement de regarder la vidéo en qualité HD 720.

Et voici un petit résumé de la manière dont on découpe, trace et mets en proportions un visage :

male-face-tutorialC’est assez simple : on dessine une sphère, que l’on divise en deux par le milieu à la verticale. Puis, on fait un autre trait pour la diviser en deux, à l’horizontale. On prends la moitié de la hauteur de cette sphère, et on trace un repère à cette distance sous la sphère. Vus avez ainsi la place du menton. On trace un peu, pour donner une forme d’oeuf général, bien que le squelette soit, comme on le voit sur mes croquis, plus anguleux que cela.

Ensuite, on va se servir de ses repères pour les éléments. La bouche est à mi-chemin entre le bas de la sphère et le menton. Le nez va du bas de la sphère, au milieu de celle-ci. Le milieu de la sphère correspond aux sourcils. Les yeux sont sur une même ligne, un peu plus bas (environ un quart de la moitié de la sphère). Les oreilles vont de la moitié, à la base de la sphère. A partir de là, vous avez tous vos repères, le but est maintenant de tracer les éléments du visage. Une chose que je conseille est de copier. Sur photo pourquoi pas, mais surtout sur du pur dessin académique, comme le portrait ci-dessous :

Oui, c’est du Andrew Loomis, on y reviendra à la fin de l’article.

Et pour la tête de profil ? Hé bien voici :

Pareil, je vous conseille de la regarder en HD 720.

Et voici un résumé visuel de la procédure et des proportions :

prorfil-face-tutorial

C’est un peu les mêmes étapes que pour le visage de face, mais ici, on va travailler avec un triangle sous la sphère du crâne,  plutôt qu’avoir un œuf. La symétrie est toujours vitale, puisque c’est ainsi que vous allez savoir où placer l’oreille.

J’ai un défaut, je fais des visages longs (et je ne vous raconte pas les cous si je ne fais pas gaffe) et donc la mâchoire déborde toujours de la symétrie verticale de la sphère. Mais, et nous y reviendrons, les visages ne sont jamais des symétries et proportions parfaites. Le but est de faire aussi parfait que possible dans le tracé des éléments, mais une fois que vous dessinez, le but est que cela soit beau et ressemble à un visage réussi… la perfection en terme mathématique et géométrique est alors totalement hors de propos.

Je vous ai dis que je n’étais pas une experte ?… je ne le suis pas, et je ne suis pas forcément la meilleur des profs, loin s’en faut. J’entends déjà des gens râler de loin à ce sujet. Mais cependant, ces bases que l’on retrouve dans tous les manuels d’apprentissage au dessin, sont ce qu’on fait de plus académique et simple et devraient vous aider et vous éclairer, suffit d’y aller étapes par étapes. Ces techniques sont directement extraites de la méthodologie de Leonard de Vinci (oui, oui, son homme de Vitruve, c’est ça), et dans ce domaine on a pas fait mieux. On a seulement perfectionné la technique.

Voilà ! Avec cela, voici les bases les plus élémentaires. Il va vous manquer pas mal de choses qui feront l’objet de plusieurs vidéos, comme par exemple comment dessiner différents visages, sous différents angles, avec cette méthode. Mais avant le prochain cours sera : l’initiation au dessin du corps humain.

Et rappelez-vous : essayez, copiez, recopiez, recommencez encore et encore, bref bossez !

Concernant Andrew Loomis : Andrew Loomis est un grand illustrateur de la première moitié du 20ème siècle, qui a réalisé des manuels académiques d’initiation et de cours de dessin et d’art devenus des références mondiales. Ils sont  en anglais. Si vous souhaitez avoir ces manuels, que j’ai moi-même pas mal employé plus jeune, en PDF, contactez-moi sur facebook ou par email. Mais on peut les trouver et les acheter (merci Matthias de me l’avoir signalé), par exemple ici : https://www.google.com/search?q=andrew+loomis&source=lnms&tbm=shop&sa=X&ei=HvOcVbSrLoqrsgHf2YbgDg&ved=0CAoQ_AUoBA&biw=1280&bih=927

Les Chants de Loss, livre 2, les dix premiers chapitres

Parce que je ne fais pas que dessiner, et rédiger des articles divers et variés dont certains visent à taper en masse sur des cons avec des objets lourds, j’écris aussi… enfin, je romance… enfin, j’essaye. Le tome 1 des Chants de Loss a été d’ailleurs édité chez Stellamaris (très bien, pas cher, foncez !) mais surtout, fidèle à mon choix de départ le roman peut être lu chapitre par chapitre sur le Blog des Chants de Loss, et de temps en temps, je les réunis en un fichier pdf et ebook à certaines étapes de mon travail. Et justement…

 Il s’agit bien sûr de la version de travail une beta.  C’est la version qui sera relue, corrigée, modifiée et débarrassée de ses fautes et coquilles à l’édition du roman. La mise en page sort de word mode un peu à l’arrache et a fait piailler Stéphane Gallay, mais à priori le document est parfaitement lisible.

Voilà profitez-en, et n’hésitez pas à soutenir les Chants de Loss, ou encore visiter la boutique de poster, tee-shirts et goodies les Chants de Loss, merci d’avance ! Et bien sûr partagez et diffusez à votre envie !

les-chants-de-loss-livre2-Melisaren-chap1-10 : PDF, 1.07 Mo

Les Chants de Loss, livre 2, Mélisaren, chapitres 1-10 :  epub, 707 Ko (pensez à faire : « télécharger la cible du lien sous » )

Apprendre à dessiner, ça se passe comment ?

(fautes corrigées, mea culpa d’avoir publié l’article sans les avoir corrigées de suite)

Vu qu’on me le demande souvent, et que souvent je frustre ou agace des gens qui me voient dessiner, et dessiner vite, et bien – oui, je dis que c’est mon métier, et que je fais cela depuis 30 ans…. c’est bêtement le cas, mais pas tant que ça je vais y revenir- je vais donc résumer rapidement comment on apprends à dessiner : Continuer la lecture de Apprendre à dessiner, ça se passe comment ?

Sous les bulles – L’autre visage du monde de la BD (vidéo)

Pendant que je bosse, il est fréquent que je regarde des documentaires soit attrapés au hasard sur le net, soit proposés par des contacts. En général, mon cerveau y colle une oreille, et ça m’occupe quelques neurones pendant que le reste vaque plus concentré alors à mon taff, comme par exemple finir le chapitre 10 des Chants de Loss, ou produire 20 variations de personnages pour une collection de tee-shirts, ou enfin faire des roughs pour cette *biiip* de couverture de livre qui n’arrive pas à m’inspirer le moins du monde depuis des mois et pas faute d’essayer.

Mais là, pendant une heure, je n’ai pas bossé en regardant ce documentaire. Alysia n’a d’ailleurs tenue compagnie, rivée à son siège, devant un de mes écrans… sur l’autre, les pages de mon roman… j’y ai écris six lignes avant de laisser tomber, et regarder ce documentaire de bout en bout sur le monde de la bande dessinée vu de l’envers du décor, par une journaliste qui a pris le parti de la naïveté pour en révéler le fonctionnement, mais aussi l’état actuel.

J’ai pleuré en le regardant. Si si. J’en ai encore des larmes aux yeux en y pensant. Pourquoi ?… parce que la bande dessinée est l’aveu de mon plus grand échec, pour bien des raisons mais dont plusieurs sont dans ces 60 minutes de film. Les autres, si vous êtes curieux, vous les connaitrez ici.

Voilà, j’en ai finis de mes commentaires. Cela dure une heure, je vous laisse découvrir, regarder, commenter ici, ou sur youtube et la page de ce film-documentaire et de son auteur ou encore sur facebook. Posez des question, si vous le voulez, demandez, je tenterai de répondre au mieux, y compris en allant chercher comment vous répondre, moi qui n’ai jamais édité la moindre bande dessinée…

Mais vous saurez un peu mieux à quoi cela ressemble, vu de l’intérieur, après cela…

Un autre article plus détaillé sur le sujet que j’ai alerté hier.

Voici le lien de l’article, sur le site ID boox. Cela me fait plaisir, je n’avais rien trouvé hier en français, que ce soir en résumé ou détaillé, ce qui m’avait amené à me taper la lecture kafkaïenne d’une directive européenne sur la TVA sur internet. Pour se filer une migraine, je recommande, si si…

Donc, l’article s’intéresse surtout aux auto-entrepreneurs, c’est à dire la majorité des  baisés concernés par cette nouvelle directive… jugez-vous même.

http://www.idboox.com/economie-du-livre/tva-ebooks-en-europe-impact-sur-les-lecteurs-et-les-editeurs/

Voici l’article que je recopie pour ceusses qui auraient flemmé d’aller voir le lien :

A partir du 1er janvier 2015, le taux de TVA sur les livres numériques sera déterminé par le pays de l’acheteur et non plus celui du vendeur. Plus juste… ou juste plus compliqué ?

Hétérogénéité des taux de TVA en Europe

Taux de TVA sur ebooks dans les principaux pays de l’Union (déc. 2014) :

Taux de TVA ebooks Union Européenne - dec 2014

Conséquences du changement pour les livres numériques en Europe

Lecteurs, libraires ou auteurs auto édités, la nouvelle norme impacte directement le prix de vente des ebooks, ceci vous concerne tous d’une façon ou d’une autre !

Jusqu’à présent, la règle impose que les ebooks vendus par un libraire ou un auteur français soient facturés avec une TVA française (5,5%) qu’il vende à un français, un allemand etc. À partir du 1er janvier, un libraire ou un auteur français devra facturer son client en tenant compte de la TVA du pays où réside son acheteur (28 taux pour l’UE !).

Conséquences pratiques sur le prix de vente des ebooks aux lecteurs 

  1. Un prix de vente HT unique en Europe se traduit par des prix aux lecteurs tous différents au sein de l’Union : un même livre numérique sera vendu 19% plus cher en Irlande qu’au Luxembourg.

Exemple 1 : prix HT de l’ebook = 5,68€. Prix de vente TTC :

Impact taux de TVA sur prix ebooks TTC pays zone euro

 

 

  1. Un prix aux lecteurs identique dans toute l’Europe se traduit par des prix HT tous différents, au sein de l’Union : un même livre numérique générera un chiffre d’affaires 16% inférieur en Irlande par rapport au Luxembourg.

Exemple 2 : prix de vente TTC = 5,99€ partout en Europe. Chiffre d’affaires HT ou revenu :

Impact taux de TVA sur prix ebooks HT pays zone euro

 

 

Un changement de calcul de TVA pour rien ?

Les e-lecteurs qui font leur marché sur Amazon et IBookstore verront les prix de vente augmenter dans presque tous les pays, sauf si les vendeurs d’ebooks diminuent leur prix HT, donc leurs revenus.

Les libraires et les auteurs indépendants feront face à une complexité sans nom, des taux de TVA tous différents, des prix de vente en euros modulés en fonction de chaque pays, des pertes de chiffre d’affaires ou une politique tarifaire incohérente, des déclarations fiscales ingérables etc.

Amazon et iBookstore seront marginalement touchés en termes de CA et géreront sans casse une complexité grandissante !

Certains États européens, dont la France, verront tomber dans leur escarcelle des recettes de TVA qui leur échappent encore, et ça, ça change tout !

Épilogue

De fait, ce changement promu par les États au nom de la justice fiscale aura des conséquences mitigées pour les consommateurs et potentiellement dévastatrices pour les vendeurs de contenus.

On peut gloser à loisir sur les perspectives de développement du marché européen, pester contre la concurrence fiscale entre les États et les choix opportunistes de multinationales hors-sol. On ne fera que traiter (maladroitement) des conséquences si nos gouvernants persistent à contourner l’Éverest de l’harmonisation fiscale intra-européenne.

Tribune libre de l’équipe de la maison d’édition UPblisher

Inspirations: WHA! Steampunk Girls Cosplay

Je ne dirais qu’une chose: quand je vois ça, certains de mes neurones déconnectent et mon cerveau tend à vouloir passer en fonctionnement reptilien.

mais bref. Nonobstant que wha, elles sont carrément magnifiques, j’admire aussi bien le travail des costumes, que de mises en scène, de maquillage, et de photographie. Une mine d’or en terme d’inspiration, quand, comme moi, on a en plus comme thème préféré les sujets féminins.

Sur ce, je vous laisse découvrir!

http://9gag.com/gag/3707571

 

 

 

Kar’sArt – The process of concept art: making of a space ship (Apis Cruiser)

Kar’sArt – The process of concept art: making of a space ship (Apis Cruiser).

Si vous voulez savoir ce que je considère comme du génie, en voici, à l’état brut. Le site est en russe, mais les 60 images des 60 étapes du travail de cet artiste parlent pour elles-même. Les deux logiciels employés sont SketchUp, et Photoshop Element.

Et si vous voulez voir quelques uns de ses travaux: http://karanak.deviantart.com/