Une nouvelle révolution d’accomplie

Nous sommes étranges, nous humains, occidentaux et d’ailleurs. Nous aimons à compter et fêter la date où nous vieillissons d’une année, et à festoyer et ripailler pour exprimer notre satisfaction à avoir réussi une nouvelle révolution complète autour du Soleil, sur notre petite planète bleue.

Et puis, on enterre l’histoire de l’année précédente, et on espère mieux pour la suivante. Mais la même petite boule bleue fera le même circuit d’environ 1 milliard de kilomètre dans l’immensité de l’espace, autour de notre douillet Soleil, sauf anicroche qu’on préfère éviter : de celles qui mettraient abruptement fin à notre perpétuelle ronde et nos souhaits de nouvelle année.  Mais  notre planète ne s’intéresse pas au défilé de ces années. L’histoire des hommes, la Terre s’en moque ; les souhaits des hommes, elle ne les entends pas ; les gesticulations des hommes l’indiffèrent. Sans doutes râle-t-elle peut-être à nos atomes qui pètent et nous cheminées qui fument en masse, mais en fait, cela ne la regarde même pas. Ça ne va jamais arréter sa révolution et ce qui se passe à sa surface, à cette échelle de temps, lui est totalement vain.

Nous sommes des fourmis  déconnant sur des tas de sable. Nous nous croyons des géants- je suis sûr que les fourmis croient l’être- mais nous sommes minuscules et fugaces. Même notre espèce l’est toute entière : apparue y’a quoi ? 100 000 ans ?…  Qui a développée un semblant de civilisation depuis, allez,  à peine une glaciation ?… Une paille à l’échelle de la vie, du temps, du cosmos. Un battement de paupière et un demi-bâillement pour la bonne grosse Terre qui poursuit sa révolution indifférente. Une durée de fourmis, un impact de fourmis.

Mais nous avons besoin de croire que nous changeons le monde et que nous importons. Et nous changeons le monde, en tout cas le notre, de la plus humble à la plus grande des échelles. C’est notre raison d’être et de fêter cette révolution : une nouvelle année pour changer le monde, en bien en mal, qu’importe, ces mots endossent  tant de sens que bien malin qui pourra faire mieux qu prétendre en faire le tri.

Pour beaucoup d’entre nous sans doutes la grande majorité, changer les choses veut dire  les améliorer, sortir au bout de ces 365 jours un quart avec moins d’injustice, plus de bonheur, plus de paix durable et à manger, à dormir et à lire pour tout le monde.

Moi, je vous souhaite donc pour cette nouvelle année de changer le monde en bien, que ce soit juste pour une personne, ou pour toute l’humanité, qu’importe. Je vous souhaite d’y arriver, ou d’être sur la bonne voie. Je vous souhaite que d’autres le fassent en pensant à vous et pour veiller sur vous. Je vous souhaite enfin de tenir bon toute l’année qui vient et qui ne sera pas facile et d’avoir envie de recommencer à la prochaine révolution !

Je vous aime tous très fort.

Axelle.