Pas maline.

Donc, je me suis vraiment fait mal à l’épaule, et j’ai le bras gauche en écharpe. Pas très gênant à priori pour dessiner, plus que ça en fait, car en dessin digital, la main gauche contrôle le clavier et les raccourcis pendant que la droite dessine (enfin, pour un droitier). Je vais donc devoir être un peu sage un jour ou deux.

Conseil comme ça: si un jour vous vous faites une tendinite, soignez-la précautionneusement. Sinon, 25 ans plus tard, vous vous en rappellerez encore.

Mais bref… ça va pas m’arrêter, juste me ralentir, et tiens, en attendant, un dessin en tramages, et au stylo-bille, un des outils indispensables des illustrateurs (si si).

EDIT honteux (d’avoir oublié):  A tout seigneur, tout honneur, ce streumon est un Darken, une race barbare de géants issue du monde de jeu de rôle, de romans, et de bédés « shaan », que je vous invite à découvrir.

C’est mon perso de jeu de rôle, et tant que j’y suis, voici le texte de son entrée en scène (on dit background dans le « milieu »):

 

Olgar Hanks fit venir son fils, le dernier vivant de ses huit descendants mâles. Le seul qui soit resté célibataire. Pas le meilleur de tout ses fils. Pas le pire, non plus. Mais quand la mort approche si près qu’il en sentait le souffle, il ne lui restait que cet homme comme héritier de son sang à qui parler…

… à qui se confesser…

Keynan approcha du lit de vieux bois qui avait vu la dépouille mortelle de son arrière-arrière-grand père, de son arrière-grand père puis celle de son grand-père, et verrait donc la mort prendre son père, enfin. Il marchait d’un pas lourd, colosse à la peau brun rouge, aux bras larges comme les cuisses d’une femme avenante, le dos vouté en une sorte de jeu des épaules le faisant pareil à un fauve des forêts du Nord. Les cheveux bruns tressés en dreadlocks retombaient autour de son visage massif et taillé à grand coup de serpe, allumé d’un regard noir, profond, et dénué du moindre doute. Il était mal rasé, les poils drus crissant sous ses doigts tandis qu’il se grattait la joue. Et le reste de son allure était rien moins que celle du fauve sans pitié qu’il était; portant son honneur tatoué à la peau comme d’autres portent un étendard, il avait tout du guerrier, et il l’était, assurément. Le dernier des fils Hanks.

Les Darkens ne sont pas connus pour mourir dans leur lit. Et ils n’aiment pas cela. Un darken meurt à la guerre, au combat, armes à la main, en grande gloire, et non écrasé par le poids des ans  dans un lit. Et hommes et femmes partagent la même idée. Même s’il est beaucoup moins honteux pour une femme de mourir paisiblement. Après tout, elles portent les enfants, on ne va pas en plus leur demander de faire le travail des hommes.

Et quand un darken se sentait mourir, que la fin arrivait, il décidait de lâcher son dernier souffle en guerrier, armes à la main, dans un dernier défi. Soit on avait sous la main alors un fauve dangereux, un drake dans l’idéal, mais certains se lançaient même face à des requins, soit, honneur suprême pour un fils et son père, les deux se battaient dans un dernier flot de lames et de fureur, et le fils emportait la vie de son père, dans le sang et la colère, lui rendant ainsi son dernier hommage.

Les Hommes avaient interdit ces pratiques. Et ils se moquaient de la honte qui pesait aux épaules de ceux qui auraient du mourir armes à la main, dans un dernier sursaut de rage guerrière. Ils ne voulaient que des animaux dociles, et les darkens étaient -et nul ne pouvait le contester sans risquer leur hire- les plus grands et puissantes guerriers que jamais Heos ai porté.

Olgar mourrait dans la honte, dans son lit, sans avoir eu l’honneur de chef de clan et de navire, de périr au combat. Il ne devait jamais en être ainsi, il n’aurait jamais du en être ainsi. Sept de ses fils étaient morts sans honte. Même si deux furent tués par les armes Humaines, tous virent la mort violente les prendre dans un dernier assaut de rage. Il ne connaitrai pas cela. Il avait été un bon chef, un bon leader pour son clan, descendant de dix-huit génération de Hanks et de leurs cousins. Il avait respecté les Ancêtres, et même le Shâân. Il avait fait appliquer les Lois du Thegs, et avait sagement révisé les plus anciennes, pour les adapter à la modernité, sans jamais trahir l’esprit du Clan.

Et il avait mené batailles, sans jamais chercher outrageusement le conflit, sans jamais non plus courber le dos ou transiger. Les Hommes avaient changé la donne, et les Hommes-Dieux pouvaient effacer le clan d’un geste. Mais Olgar avait bien dirigé et guidé son clan. Il aurait du mourir en chef et guerrier, comme il avait vécu.

Il fixa le colosse qui était de tous le dernier des Hanks, son troisième fils, le survivant de tous. Il tendit le bras, et Keynan se baissa pour prendre dans son énorme battoir qu’était sa main calleuse, la main de son père tendu, la serrant en un geste viril et fort, mesurant à peine sa force pour ne pas broyer les phalanges de son géniteur agonisant.

Quand Olgar parla, sa voix était un souffle rauque aux accents de la fin:

« – Mon fils. Le shâân va reprendre ma vie. Les Ancêtres m’attendent et je veux les rejoindre, comme un Hanks. C’est mon dernier souhait, mon fils; j’ai bien vécu, tu le sais, j’ai donné le meilleur de moi, et ai retenu le pire. Je me suis parfois trompé, et je n’ai pas toujours été juste. Mais le nom des Hanks ne sera pas taché par le prénom que je porte. Je voudrais mourir en paix. mais l’Homme ne comprends pas, et tu es mon fils… tu sais quoi faire, fils… tu sais comment doit mourir un Hanks! »

Keynan ne lâcha pas un mot. Il fixa son père, et libéra sa main, pour se relever, et aller prendre l’énorme glaive darken forgé depuis deux générations, et qui faisait la fierté d’Olgar. Il le posa sur le corps décharné, et prit les deux mains de son père pour qu’il en saisisse la poignée, et en ressente une dernière fois le contact, la force, et l’honneur.

Puis il le regarda. Il n’y avait nul lueur de peine dans ses yeux, ni l’ombre d’un doute, ou d’un regret. Il attendit le signe que son père était près, et dégaina sa propre lame, massive, à la stature de colosse qu’il était. Il avait pris cette arme des mains d’un adversaire honorable, qu’il n’avait pas tué, dans un duel de clans. Elle était son trophée, et à sa poignée, étaient lacés dans le cuir les mèches de cheveux de chacune des femmes du clan qui lui en avaient offerte une pour lui porter chance: sa mère, ses trois sœurs, et une de ses cousines avec qui il avait batifolé dans sa jeunesse, mais aussi celle d’une esclave prise en capture, et qu’il avait lui-même affranchie pour honorer la mémoire de son frère ainé défunt, dont elle avait eu un fils.

Olgar n’avait pas la force de lever son épée… il eut pu choisir, il serait mort un mois avant, dans la coutume honorable du dernier duel. Mais sa vie ne tenait plus. Et l’Homme l’avait privé de ce dernier honneur…

Mais il mourrait en darken. Il ne pouvait en être autrement. Il serra la poignée de son arme, et tendit ses muscles dans un dernier effort, pour soulever un peu le métal.

Keynan hocha la tête.

« – Il est temps mon fils. Répand la gloire, cherche-la, fait des Hanks un nom craint et respecté, que nos amis soient honorés de l’entendre, que nos ennemis aient peur de le murmurer. Pour nous, mon fils… pour moi… pour notre liberté… »

Keynan fit un gigantesque moulinet de sa lame, et l’instant d’après, son épée traversait le corps de son père par le cœur, fendant le lit jusqu’à se ficher dans le parquet de bois.

Ainsi mourrait Olgar, dans l’honneur.

« – Je t’en fais la promesse, mon Père. Mon nom sera acclamé et craint, il sera la peur pour nos ennemis, et la liberté, pour nos frères. »

 

11 réflexions sur “Pas maline.

  • 22 mars 2012 à 8 h 15 min
    Permalien

    Prenez une chambre, vous deux!

Commentaires fermés.

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