And unto this, Conan… ha non mais en fait, c’est pas ça…

Sache, ô prince, qu’entre l’époque ou Saint Gygax fit rouler les premiers dés avec ses apôtres et l’avènement de la mort du jeu de rôle à cause des féminazies qui sévissaient sur Slate, des hommes, des vrais (avec un bide à bière, de la barbe pas rasée, des grosses lunettes et une masse de 45 kg, dont 15 de livres de règle et 1900 grammes d’ersatz de cerveau) foulèrent le monde rôlistique de leurs rangers sorties de surplus militaires (ça fait tellement plus viril), arborant fièrement le badge de leur virile idéologie et cherchant en vain une convention où ils n’auraient pas à subir les incessantes provocations de la maléfique alliance entre les hordes féminazies LGBT+, le complot gauchistoislamoilluminati et autres adeptes du signe maudit du X.

(note de la rédaction : non non, on ne l’a pas inventé, et il a été très sérieusement proposé)

Las, malgré leur entêtement, les vaillants croisés ne purent se tailler un empire parmi les nations du rôle. A chaque convention, dans chaque festival, en voyant les badges de la sainte croisade, les organisateurs hypnotisés par les féminazies et les autres, les éditeurs serviles prêts à rhabiller les persos féminins sur les illustrations et tous ces collabos invertis et efféminés qui ont tué le jeu de rôle quecetaitmieuxdansmesreves, se dressèrent contre les arrivants et leur jetèrent à la face l’insulte suprême « ici, on joue avec nos sensibilités et nos limites. Vous êtes hors-limite, et la question de la sensibilité ne se pose même pas. Dégagez ».

Alors, rassemblant leur courage, nos vaillants paladins abandonnèrent à leur triste sort les masses stupides, trop occupées à se vautrer dans leur humanité et leurs valeurs dégoûtantes comme l’empathie et le respect. Ils partirent dans le lointain nord d’un entrepôt mal isolé et décidèrent d’y bâtir leur royaume, à la lueur blafarde de néons grésillants, rassemblant leurs derniers packs de bière éventée et leurs dernières pizzas moisies d’être trop longtemps restées à l’air libre.

Là, ils tinrent conseil et échangèrent un regard circonspect, avant d’attaquer LA question essentielle. LE truc qui était si important à leurs yeux à tous :

– Bon, les mecs, il va falloir que quelqu’un montre ses couilles, là.
– Pour quoi faire ?
– Ben il faut qu’on décide qui va jouer la magicienne elfe, tu vois.
– La magicienne elfe ?
– Ben on a ni petit nouveau à bizuter, ni joueuse à faire chier. On est entre nous. Que des vieux briscards à qui on la fait plus, hein. Alors bon, qui c’est qui fait la magicienne elfe ?
– Mais pourquoi faire ?
– Ben pour la scène de viol, évidemment. Allez, quoi, un peu de courage les mecs. Faites pas vos fragiles.

(long silence)

– Allez, quoi ! c’est juste du jeu, c’est rien qu’un viol. Ou peut-être deux. C’est pas bien méchant.
– Et… heu…
– Quoi ?
– Je sais pas… on peut pas tirer au sort ? Ou décider ça en faisant un shifumi ?

Texte emprunté à Aldo Pappacoda avec son aimable permission

Une pensée sur “And unto this, Conan… ha non mais en fait, c’est pas ça…

  • 1 avril 2019 à 21 h 47 min
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    Ah! Je suis bien heureux d’apprendre que la bagarre au shifumi est top-viril! Étrange tout de même ces rôlistes, j’en ai toujours un par an qui se pointe à ma table, j’ignore où ils vont ensuite, mais sans doute se regroupent-ils pour une espèce de plan de fin du monde.

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